Une architecture belge et fière de l’être

Dans cet article
La passerelle conçue par Office sera installée très prochainement à l’arrière des bâtiments du Gouvernement, à Bruxelles.
La passerelle conçue par Office sera installée très prochainement à l’arrière des bâtiments du Gouvernement, à Bruxelles. - D.R.

C’est en 2002 que l’aventure a commencé. Depuis, théorie et pratique s’enrichissent mutuellement avec l’objectif de concevoir, à l’échelle tant nationale qu’internationale, une architecture à taille humaine née d’une discussion constante avec maîtres d’ouvrage et autres partis impliqués.

Il est rare que, dans leur application, les idées soient si efficaces que sur papier, et pourtant… Office est un bureau connu pour sa capacité à réaliser des projets d’une simplicité qui en paraîtrait évidente. Faire simple est pourtant ce qu’il y a de plus compliqué.

Les deux architectes lors de leur passage à Lunch with an architect.
Les deux architectes lors de leur passage à Lunch with an architect. - D.R.

Le travail de David Van Severen et Kersten Geers, bien que géométriquement basique, puise son essence dans le contexte. S’il existait auparavant des pierres gigantesques sur un terrain, elles prendront place sur le toit et décideront de sa couleur. Si la nature est le prétexte d’une construction, elle s’invitera à l’intérieur de celle-ci…

Les architectes diversifient leur pratique par la conception tant de maisons unifamiliales que d’ensembles collectifs publics. L’investissement privé représente, selon eux, une opportunité pour l’architecte, propre à la Belgique.

Ce qui compte n’est pas l’échelle d’un projet, mais ce qu’on lui fait dire. Ils s’inscrivent à la fois dans l’urbain et dans des pages blanches, des zones vierges de toute construction. Ayant la reconnaissance nécessaire pour exercer à l’étranger, ils ont malgré tout décidé d’installer leur activité à Bruxelles, traitant à la fois de problématiques belges et internationales.

Bruxelles

Tous deux originaires de Gand, les architectes ont, après être passés notamment par l’Espagne, naturellement décidé de s’implanter dans la capitale, à la croisée des mondes. Pour Kersten Geers, il n’a pas toujours été simple pour autant d’y trouver sa légitimité. « Dès le début, on a voulu faire des projets à Bruxelles, mais ça prend du temps », dit-il. « Je pense que l’on est toujours considéré comme des architectes flamands. Petit à petit, on doit convaincre les gens que nous ne sommes pas fous et que nous ne sommes pas que flamands. Nous sommes aussi des architectes bruxellois qui veulent aider à construire leur ville. C’est la nôtre, on veut y travailler, y contribuer. »

Lors de la conférence Lunch with an Architect, deux projets belges ont notamment été présentés par le bureau. L’un est une passerelle qui, située à Bruxelles à l’arrière du 16, rue de la Loi, relie deux bâtiments gouvernementaux. Elle a d’unique qu’elle n’est pas une circulation linéaire d’un point A à un point B mais un bâtiment en tant que tel. Les façades extérieures reflètent le contexte urbain dans lequel elles sont inscrites tandis que la transparence est reine du langage intérieur.

L’autre projet se développera au centre de Bruxelles. À l’avenue du Port, un projet s’inscrivant dans la zone Canal sera amené à remplacer un immeuble de bureaux. Bien que ce dernier soit récent, il a été évident pour les architectes qu’il n’était pas question de le maintenir.

Y seront érigés un ensemble de trois tours ainsi qu’un bloc linéaire d’habitations. En plus des logements, différentes affectations feront des quelque 28.000 m2 une composition au service de la population. Dans le cadre de ce concours organisé par le maître-architecte, Office a collaboré avec l’architecte Nicolas Firket.

Un contexte fertile

L’initiative convoquant la nomination d’un bouwmeester pour Bruxelles dès 2009, la désignation ensuite de Kristiaan Borret en 2015 ont, pour David Van Severen, beaucoup contribué à l’essor de la qualité architecturale en Belgique. « Il y a une culture venue de Hollande important des structures comme le bouwmeester, le VAi, etc. », explique-t-il. « Ils ont lancé une nouvelle démarche à propos de ce qu’est l’architecture tant dans le public que dans le privé, et de ce qu’est la ville. Il y a beaucoup plus de terre fertile qu’avant et ça a créé une génération de jeunes architectes belges reconnus au niveau international. »

Et Kersten Geers d’ajouter, en guise de conclusion : « Kristiaan Borret exerce un rôle très important car il a ouvert quelques portes. Et quand les portes sont ouvertes, on essaye toujours d’entrer… »

Lunch with an Architect

Par Nina Closson

Un projet qui crée du lien

Mise sur pied en 2015 par Kathleen Iweins et Nathalie Zalcman, l’initiative Lunch with an Architect se base sur un constat simple : l’immobilier et l’architecture ne sont pas étrangers l’un à l’autre. En collaboration avec Flagey, Lunch with an Architect convie chaque année trois architectes ou bureaux d’architecture à se présenter au public lors de conférences qui ont pour objectif d’inspirer le monde immobilier bruxellois en lui parlant d’architecture, certes, mais dans un langage que les deux milieux partagent.

L’ambiance est conviviale puisque les convives se retrouvent autour d’un lunch précédé d’une conférence. Une façon comme une autre, qui a aujourd’hui fait ses preuves, de réconcilier deux univers qui ont de nombreux points en commun.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Après un mois de tractations, l’informateur Paul Magnette a souhaité mettre un terme à sa mission. © Belga.

    Négociations fédérales: le scénario de l’arc-en-ciel amélioré… après une auto-exclusion de la N-VA

  2. En théorie, une limitation de vitesse fluidifie le trafic et retarde la congestion. Dans le cas du ring de Bruxelles, pas sûr que ça suffise. © Photo News.

    Le ring de Bruxelles à 100 km/h: décélérer ne le rendra pas beaucoup moins polluant

  3. Les drapeaux russe et olympique à la cérémonie de clôture des JO 2014 à Sotchi. Il semble cette fois acquis que le drapeau russe ne flottera pas au Japon.

    L’Agence mondiale antidopage sans pitié pour le sport russe

La chronique
  • Dans la hotte de saint Nicolas :{couques}, {nicnacs} et {spéculoos}

    Pour nombre d’entre nous, le 6 décembre fait revivre des souvenirs dont l’évocation suffit à nous convaincre que les enfants sages d’antan étaient bien différents de ceux d’aujourd’hui. Pourtant, même si le contenu de la hotte du grand saint a bien changé, il recèle quelques indémodables qui suscitent chez petits et grands un même élan de gratitude vis-à-vis de ce mystérieux visiteur à qui l’on pardonne bien volontiers son intrusion d’un soir. Dans le sillage de celui-ci, cette chronique vous offre quelques friandises linguistiques qui ont bravé les décennies, tout comme les réalités qu’elles désignent.

    Une couque de Dinant, pas de Reims

    Pas de hotte de saint Nicolas sans couque, gourmandise lexicographique de solide consistance. Une couque bien différente de ces pâtisseries à base de pâte briochée que sont, en Belgique, la couque suisse et la couque au beurre (avec ses déclinaisons aux raisins et au chocolat). Il s’agit d’un pain d’épices à pâte très ferme, ce qui...

    Lire la suite

  • PS et N-VA: casa Kafka

    Et donc voilà Paul Magnette qui reprend cet après-midi le chemin du palais royal. Après des mois utilisés par d’autres à « dégager le terrain » – une manière cosmétique d’occuper le vide –, le président du PS a fait le boulot. Il pourrait même ne pas venir les mains vides : il aura à tout le moins essayé un scénario qui aurait sorti le pays de la crise et d’une transition en affaires courantes de moins en moins légitime démocratiquement. Il aurait produit un gouvernement. Ric-rac, mais un gouvernement....

    Lire la suite