Enfants de djihadistes: «Je doute que ce soit des orphelins, on va devoir ramener les mères aussi», dit Francken

Theo Francken
Theo Francken - Belga

L’accord de principe que le gouvernement fédéral belge a signé avec les autorités kurdes afin de rapatrier des enfants de combattants belges de l’Etat islamique concerne six enfants, tous nés en Belgique, et qui selon l’analyse des services de sécurité n’ont plus de parents, a indiqué jeudi le vice-premier ministre et ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo sur la VRT-Radio. « Nous ne laissons pas mourir ces enfants », a-t-il précisé.

La mise au jour de cet accord avec la Belgique a fait l’objet d’une fuite mercredi via une agence de presse kurde. L’information a été confirmée par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. La décision de rapatrier des enfants a fait l’objet d’une décision du comité ministériel restreint.

« Il s’agit de six enfants qui n’ont plus de parents », a précisé jeudi Alexander De Croo. « Il n’y a pas d’excuses pour les choix faits par leurs parents, qui sont injustifiables, mais ce sont les choix de leurs parents. Une partie de ces enfants ont également été enlevés et séjournent (dans ces camps) dans des circonstances parfois horribles », a-t-il dit.

Francken remet en doute

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) a condamné une telle décision. Il a mis en doute que ces enfants soient réellement orphelins et a prédit que la Belgique sera contrainte d’accepter également leurs mères djihadistes sur le territoire.

Selon Alexander De Croo, tous les enfants concernés sont nés en Belgique ; deux des six enfants ont moins de dix ans. « Tous les enfants ont fait l’objet d’une analyse approfondie de la part du service de renseignement de la Défense ainsi que de l’OCAM, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace. L’OCAM estime que les six enfants peuvent être rapatriés. En tant que gouvernement fédéral et comme ministre il faut pouvoir faire confiance aux services », a-t-il dit. Chaque enfant fera l’objet d’un accompagnement adapté lors de son arrivée en Belgique.

Il n’est pas question à ce stade d’envisager d’autres opérations du même type.

Avant la Belgique, d’autres Etats européens ont entrepris des opérations similaires.

 
 
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