La Belgique, premier exportateur mondial de bières

Le leader mondial AB-Inbev prend une part prépondérante dans l’exportation belge.
Le leader mondial AB-Inbev prend une part prépondérante dans l’exportation belge. - Jonas Hamers.

Comme chaque année, la Fédération des Brasseurs belges, organe fédérateur du secteur brassicole qui compte 104 membres parmi les plus importants (90% de la production belge) vient de publier les résultats annuels d’un secteur qui est en pleine explosion en termes de nouvelles brasseries, en Belgique et ailleurs. C’est dire si la concurrence est rude mais pour l’heure, la Belgique défend à merveille un de ses produits-phare, puisqu’en 2018, notre pays est devenu pour la première fois le premier exportateur mondial, devançant ses traditionnels concurrents historiques, l’Allemagne aux multiples brasseries et les Pays-Bas avec sa bière Heineken, omniprésente dans le monde.

L’Union européenne en hausse, les USA et la Chine en baisse

Si la progression à l’export avait été exceptionnelle en 2017 (+ 8%), elle fut plus raisonnable en 2018 en se limitant à + 2,2% ( 5,5% dans l’Union européenne). C’est notamment hors Europe qu’il y a eu une légère baisse (USA, Chine et Canada), mais l’exportation globale a été suffisante pour prendre le leadership mondial. Si la consommation nationale a été très légèrement en hausse, autre donnée importante de 2018, car seule l’année 2011 était dans ce registre de hausse depuis plus de 30 ans, l’exportation représente 70% de la production totale du pays.

L’Allemagne dépassée

Le leader mondial AB-Inbev y prend bien sûr une part prépondérante mais c’est tout le secteur qui est sur la balle, car le développement de nos brasseries en dépend lourdement. « Si nous sommes le pays de la bière, en tout cas en termes de variétés de bières brassées, l’exportation est phénoménale puisqu’on exporte 70% des 22-23 millions d’hectolitres produits, se réjouit Jean-Louis Van de Perre, président de la fédération. Nous dépassons une Allemagne brassicole qui produit, elle, 93 millions d’hectolitres ! Je suis donc fier du travail effectué par nos brasseurs pour dynamiser un secteur qui pèse dans l’économie du pays. On a les pieds sur terre, la concurrence est rude et diversifiée, on travaille tous les jours pour maintenir notre suprématie en misant sur la qualité et la diversité des produits. Il faut que les décideurs politiques soient attentifs à ne pas augmenter les accises chez nous, car on a besoin d’un marché national sain, ce qui n’est déjà pas simple actuellement, pour pouvoir investir plus facilement à l’exportation et viser au minimum la stabilité. »

La France, premier pays à l’export

Le premier pays qui achète nos bières reste de loin nos voisins français, avec 4.549.000 hectos en 2018, pour 4,27 millions en 2017. Une France qui se tourne de plus en plus vers le houblon et om le nombre de brasseries et micro-brasseries explose (près de 1500). Les Pays-Bas suivent avec 2.856.000 hl (2,7 en 2017), puis les USA qui ont connu une baisse de régime avec 2.345.000 d’hl pour 2.666.000 en 2017. La 4ème place est occupée par l’Allemagne (1,5 million d’hl), puis l’Italie (628.000 hl) et la Chine (615.000 hl).

Consommation interne en stagnation

L’autre fait marquant, nous l’avons dit, porte sur la consommation du marché intérieur. Celle-ci est en diminution constante depuis plus de 30 ans, hormis en 2011 où il y avait eu une légère hausse par rapport à 2010 (8.574.000 hl). L’an passé, elle s’est située à 7.022.396 hl pour 7.012.650 en 2017. On parle donc bien de stagnation. L’été très chaud et la coupe du monde peuvent expliquer ce regain. Les pils restent les leaders incontestés du marché, tant au niveau des commerces (food) que de l’horeca, avec 4,7 millions d’hl. Suivent les bières d’abbaye et trappistes (791.800 hl).

Bière pauvres et sans alcool en hausse

On remarquera que les bières pauvres en alcool (- de 3,5%/alc) et sans alcool ont connu une augmentation significative de consommation, la part de ce segment se situant à environ 5%, soit une hausse de 20% par rapport à 2017.

Les derniers chiffres concernent les outils de production eux-mêmes, à savoir les brasseries. Comme dans bien d’autres pays, les naissances sont continues puisque notre pays compterait désormais plus de 300 unités de production, ce qui ne s’était plus vu depuis des décennies. On parle ici pour beaucoup de petites unités, des pico ou micro-brasseries avec une distribution locale ou régionale en majorité ; elles sont à la mode depuis une petite dizaine d’années et ce phénomène ne semble pas fléchir puisqu’il y aurait eu 40 nouvelles brasseries en 2018. Les investissements à ce niveau se chiffrent plus de 250 millions d’euros.

And last but not least, Jean-Louis Van de Perre souligne le rôle de sa fédération dans la gestion d’une consommation modérée. « Nous prenons à cœur notre responsabilité sociétale. Cela se traduit par les campagnes Bob et Respect 16 renouvelées en 2018. Nos valeurs en matière d’environnement se reflètent dans le « Green Deal » signé en 2018 avec la Région flamande. D’autres initiatives seront prises en ce sens avec la Région wallonne et de Bruxelles-Capitale. »

 
 
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