Soulages et compagnie…

Ce n’est pas tellement un hasard si la couverture des catalogues de ventes des deux maisons mondiales illustrait chacune une œuvre de Pierre Soulages, l’un des artistes français les plus en vogue actuellement. Chez Christie’s, il s’agissait d’une huile sur toile de 65 par 50 cm peinte en 1957, qui s’échangea contre un peu plus de 1,8 million d’euros. Chez Sotheby’s, le tableau était de dimensions plus importantes (130 par 89 cm). Exécuté quatre ans plus tard, il fut vendu un peu plus de 2,7 millions…

« Paysage de Vaucluse No. 3 », un tableau de Nicolas de Staël qui atteignit 2.890.000 euros.
« Paysage de Vaucluse No. 3 », un tableau de Nicolas de Staël qui atteignit 2.890.000 euros. - Christie’s

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Il est parfaitement logique que les œuvres d’artistes français qui s’échangent sur le marché international soient prioritairement proposées à Paris, où la clientèle de proximité est la plus importante. Mais ce n’est pas pour autant que les œuvres proviennent de collections françaises et qu’elles sont nécessairement vendues à des ressortissants de l’Hexagone. Christie’s avait ainsi le privilège de proposer deux peintures de Nicolas de Staël ayant appartenu à Drue Heinz, une actrice américaine qui fut mariée au propriétaire des industries alimentaires du même nom. La première œuvre de Staël représentait un paysage du Vaucluse dans un camaïeu de bleus qui illustrait bien l’art de l’artiste qui déclarait : « Je n’oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation de l’espace. » Peinte en 1953, soit deux ans avant la mort tragique du maître, elle avait été exposée l’année suivante à la Galerie Paul Rosenberg à New York. Le marchand français avait en effet signé un contrat avec Nicolas de Staël et il s’attachait à promouvoir son œuvre outre-Atlantique. Ce n’est que lors de sa deuxième exposition, dans la même galerie, en 1958 cette fois, que Drue Heinz en fit l’acquisition. Estimée entre 700.000 et 900.000 euros, le prix de ce beau tableau s’est envolé jusqu’à 2.890.000 euros. La seconde œuvre provenant de la succession de l’actrice eut moins de succès puisqu’elle se vendit nettement sous son estimation basse de 800.000 euros. Il s’agissait cette fois d’une nature morte représentant des fruits. Provenant également d’un professionnel du monde du spectacle, à savoir Charles Aznavour, une sculpture de Germaine Richier se hisse dans le tiercé de tête. Intitulé La Tauromachie, ce bronze prisé entre 1,5 et 2,5 millions d’euros, a en effet changé de mains contre un peu plus de 2,1 millions d’euros.

« La chaise » peinte par Jean Dubuffet en 1964 fut payée un peu moins de 3,5 millions d’euros.
« La chaise » peinte par Jean Dubuffet en 1964 fut payée un peu moins de 3,5 millions d’euros. - Sotheby’s

Sotheby’s

A un jet de pierre du palais de l’Elysée, les résultats étaient également très encourageants et le produit total de la soirée s’élève à plus de 25.750.000 euros (contre un peu moins de 18 millions pour Christie’s). Le meilleur prix de la vacation va à une toile de belles dimensions (195 par 130,5 cm), intitulée La chaise et exécutée en 1964 par Jean Dubuffet, un autre habitué de ces ventes parisiennes. Sur la base d’une estimation de 1,7 à 2 millions, on la paya un peu moins de 3,5 millions d’euros. Un prix fort, mais justifié pour l’une des toiles les plus caractéristiques du cycle de L’Hourloupe, qui occupa l’artiste pendant une bonne partie de sa vie artistique. Enfin, relevons le très beau prix obtenu par un mobile réalisé par Alexander Calder en 1958. Si ce dernier n’était pas français, il fut pourtant très francophile et séjourna à plusieurs reprises en France. Sotheby’s en espérait entre 1 et 1,5 million, mais les amateurs estimèrent qu’il valait plus et l’enchérisseur final l’acquit contre un peu plus de 2,5 millions ! Les prochaines ventes d’art contemporain auront lieu à Londres dans deux semaines…

 
 
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