Accueil Opinions Chroniques

La crise du livre ne fait que commencer

En cette fin de décennie, on parle beaucoup de fracture numérique. Mais qu’en est-il de la fracture littéraire qui semble s’installer durablement dans les écoles et les familles et dont les ravages sont immenses ?

Article réservé aux abonnés
Chroniqueur Temps de lecture: 6 min

Ce mardi, Le Soir consacrait un long article à la baisse de la pratique de la lecture en Belgique. Nul doute que certaines déclarations de Benoît Dubois, qui représente les éditeurs belges francophones, vont être contestées. Le pessimisme est en effet mal vu dans le monde culturel, où l’on pratique l’optimisme de la volonté : si on lit moins de classiques, on lit davantage de littérature de genre ; si les romans reculent, la BD est en expansion ; si le livre papier se vend moins bien, la lecture sur écran explose, etc. En alignant des chiffres implacables et en glissant, au passage, que 35 % des enfants quittent l’école primaire sans comprendre ce qu’ils lisent, Benoît Dubois risque de se faire accuser de mépris ou d’élitisme.

Cet article est réservé aux abonnés
Article abonné

Découvrez la suite, 1€ pour 1 mois (sans engagement)

Avec cette offre, profitez de :
  • L’accès illimité à tous les articles, dossiers et reportages de la rédaction
  • Le journal en version numérique
  • Un confort de lecture avec publicité limitée

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

2 Commentaires

  • Posté par Boumal Michel, mercredi 19 juin 2019, 9:56

    D'une manière générale, le média écrit est un produit de consommation dont les plaisirs sont souvent moins immédiats que ceux des médias de l'image ou ceux de la participation aux réseaux sociaux. En dépit de nombreuses et remarquables exceptions, les films, les séries, ce sont surtout des flux d'images qui s'adressent d'abord à nos émotions. Les réseaux sociaux permettent de donner libre cours à celles-ci. Ce sont donc des produits de consommation a priori bien plus appétissants. Notre système économique mercantile, tout entier fondé sur le consumérisme, est ainsi en train de réaliser ce qu'Orwell imaginait comme le résultat d'un totalitarisme politique : la propagation d'une novlangue encouragée par le retour à une culture massive de l'oralité. Même quand on écrit, on écrit encore comme on parle. C'est certainement une des causes majeures des échecs scolaires. Mais que peut l'école contre la force de cette culture ambiante, qui la gangrène même de l'intérieur?

  • Posté par DELFORGE DOMINIQUE, mercredi 24 juillet 2019, 8:08

    Cher Michel, tout à fait d'accord. L'émotion à l'heure actuelle prime sur l'analyse, le développement de l'intellect et finalement l'intelligence. Et la solution simpliste qui consiste à dire qu'il suffit de mettre un livre (voire même un livre numérique) dans les mains des enfants est d'un simplisme presque désopilant mais tout simplement navrant. À l'heure actuelle, dans notre société, la prime va à la bêtise. Quand j'entends dans certaines bouches et pas que les jeunes, même dans des milieux relativement "éduqués" que : "la philosophie, c'est nul", que la littérature, en bref lire, c'est "chiant". Bienvenue dans un monde en déclin ! Je trouve cela désespérant pour l'humanité et notre futur.

Aussi en Chroniques

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs