Architecte: une maison compacte pour moins consommer

Cette maison, elle surprend, elle étonne, elle ne laisse personne indifférent ! Et c'est cela qui est intéressant », sourit le propriétaire. « Il y a beaucoup de questionnement par rapport à son aspect compact, son bardage, sa couleur foncée. Certaines personnes l'apprécient beaucoup, d’autres nous ont dit qu'elles ne l'aimaient pas du tout. On peut les comprendre ! Mais même si elle n'est pas banale, elle se fond assez bien dans le paysage. »

Pour les propriétaires de cette habitation de la région namuroise, le pari est gagné : leur maison se démarque tout en s'intégrant dans un environnement ponctué de constructions de pierre et de villas contemporaines. Le volume, bardé d’ardoises et couvert d'une toiture plate, se distingue par son aspect monolithique, adouci par le cèdre qui pare certains éléments. Un changement radical, pour les propriétaires, qui vivaient jusqu’il y a quelques années dans une vieille maison de charme proche de la capitale wallonne.

A l’époque, ils souhaitent déménager, faire construire une habitation plus moderne. Par hasard, ils tombent sur ce terrain en pente. Une localisation idéale, dans une impasse, proche des services, des transports en commun et des grands axes, mais une situation compliquée par la configuration des lieux, exposés plein nord.

Pour concrétiser leur projet, ils font appel au bureau Urban Architectes. Les consignes sont précises : une maison sobre, contemporaine et basse énergie, de beaux matériaux et un budget relativement serré, et surtout, fermé. Pour y répondre, les architectes s'orientent vers une construction compacte, de manière à en limiter l'emprise au sol. « Pour moi qui suis dans l’énergie, je sais qu’un mètre carré, il faut le construire, l’entretenir, le rénover », précise le propriétaire. « Les tendances actuelles sont de construire moins grand et plus réfléchi. Cela permet de moins consommer, mais aussi d'éviter d'accumuler ce qu'on n'utilise pas. Ici, nous n'avons ni cave ni grenier. »

Compenser la surface au sol réduite par une construction en hauteur permet également de tirer profit des contraintes imposées par le terrain, le niveau du jardin se positionnant nettement plus bas que celui de la rue. La maison se développe ainsi sur trois étages de surfaces identiques. L'entrée se situe au niveau intermédiaire, où s'installe l'espace des parents, avec une chambre, un dressing et une salle de bains. L'espace dédié aux enfants le surplombe : deux chambres, une pièce d'eau et une mezzanine aboutissant à un balcon ouvert sur les environs.

Le niveau de vie, lui, se positionne en contrebas, en relation avec le jardin. L’espace y est largement ouvert, prolongé par des zones de rangement également accessibles depuis l'extérieur.

Si chaque fonction est bien identifiée, les relations ne sont pas rompues d'un étage à l'autre. Tout est ouvert, les habitants communiquent et vivent ensemble, qu'ils se voient ou pas. Et ce, grâce à l'escalier, qui structure les espaces tout en leur permettant de rester en contact. Par sa position, il permet aussi de diffuser la lumière du sud, puisée au travers d'une grande baie en façade avant, dans toute la maison, de manière à compenser l'orientation défavorable du terrain.

La chaleur suit le même chemin : un poêle est installé dans le salon, il permet de chauffer toute la maison.

Aujourd'hui, deux ans après leur emménagement, les propriétaires ne regrettent rien. Mieux encore : ils signeraient à nouveau, et des deux mains. « Nous avons été agréablement surpris par la disponibilité des architectes, tant en amont que pendant la construction. Quand on voit le temps qu'on passe avec eux et ce qu'on les rétribue... On avait des idées, des envies. On leur a expliqué d'où on venait, comment on vivait. On a insisté sur le côté moderne, sur l'énergie, sur le budget. Ils nous ont rapidement fait des propositions qui étaient fort proches de ce qu'on voulait. On a bien travaillé ensemble. Tous les jours, on se dit qu’on aime cette maison ! »

Partenariat

Cet article a été rédigé en partenariat avec l’UWA, l’Union wallonne des architectes, une union professionnelle créée en 2008, à Namur, et qui compte aujourd’hui quelque 1.800 membres. Parmi ses différentes missions, l’UWA veille à promouvoir l’architecture en Wallonie et à accompagner l’architecte dans son quotidien.

Trois questions à...

Vincent Meulebrouck, architecte.

Comment avez-vous répondu aux demandes des propriétaires ?

Elles étaient était assez simples : ils avaient un terrain accidenté, avec une orientation peu favorable, et un budget serré à ne pas dépasser. Mais ils voulaient créer une maison qui leur ressemble. On s'est rapidement orienté vers une maison compacte sur trois étages, avec une surface au sol restreinte de manière à diminuer les coûts de la construction : les m² de murs coûtent moins cher que les m² de fondations et de toiture. Cette compacité permet d'assurer de bonnes performances énergétiques et de relier naturellement les niveaux de la rue et du jardin. Très vite, les propriétaires ont apprécié le concept et y ont adhéré.

Le bardage en ardoises n'est pas quelque chose de courant...

Il y avait un souhait de se démarquer des voisins, notamment des plus proches, qui vivent dans un grand volume blanc et contemporain qui s'étale sur le terrain. Il n'était pas question d'entrer en contradiction avec celui-ci, mais de donner une identité à la maison, de lui permettre d'exister. Construire ce monolithe noir est un geste fort, qu'on a adouci avec des éléments d'architecture en bois. Par ailleurs, le bardage en ardoises est moins épais qu'un parement en briques. A largeur égale, cela permettait de poser quelques centimètres d'isolant supplémentaires.

Que retenez-vous des contacts avec les clients ?

C'est sans doute l'un de nos projets qui s'est le mieux passé. Nous avons échangé, travaillé ensemble tout au long du processus. Cela s'est soldé par un beau projet. Ils étaient surpris par notre disponibilité, mais cela s'explique par le fait que, dans notre bureau, plusieurs personnes travaillent sur chaque dossier. Ici, le projet a été mené avec trois autres architectes : Noémy Bodart, Guillaume Troch et Lionel Delforge. Nous sommes conscients que nous sommes responsables de tout ce que nous dessinons et qui est mis en œuvre, donc nous sommes souvent présents sur chantier.

Descriptif

Atelier d'architecture Urban Architectes

Année de construction : 2017

Surface habitable : 190 m²

Type de construction : traditionnelle (blocs de béton + hourdis), isolation en polyuréthane, toiture plate, bardage en ardoises et en cèdre vieilli, terrasses du balcon et de l’entrée en IPÉ, plancher en chêne semi-massif et carrelage, châssis triple vitrage en aluminium, escalier en chêne et acier galvanisé laqué gris

Techniques : chaudière au gaz basse condensation (citerne), panneaux photovoltaïques, ventilation mécanique contrôlée double flux, poêle à bois

Budget : 230.000 euros HTVA

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Le renvoi au Conseil d’Etat de la loi sur la dépénalisation totale de l’IVG a été voté par 55 députés du CD&V, du CDH, de la N-VA et du Vlaams Belang.

    Un front Vlaams Belang-N-VA-CD&V et CDH bloque le vote de la loi IVG

  2. Comment rester motivé pour obtenir son diplôme alors que les examens sont reportés de 6 mois
?

    Des élèves du jury central discriminés par l’annulation du deuxième cycle d’examens

  3. «
Nous sommes prêts à relever de nouveaux défis, dans le souci de l’intérêt général
», assure Gil Simon.

    Energie: Resa se sent déjà un peu à l’étroit dans son costume de GRD

La chronique
  • Coronavirus – «La vie devant toi», jour 23: les pigeons

    Entre samedi et dimanche dernier, il s’est passé un truc incroyable.

    Mon amie Pascale a eu des bébés. Pas des bébés humains. Presque mieux.

    Tout a commencé il y a un petit mois. Elle aperçoit des brindilles sur sa terrasse, et plus précisément dans son photinia. Elle sait qui c’est. Elle a bien vu, quelques jours plus tôt, ces deux pigeons en lune de miel dans son érable. C’est fragile, un érable. Elle les a chassés, elle a accroché de petits fanions rouges dans le feuillage. Indéboulonnables.

    Jusqu’à ce qu’un ami qui s’y connaît en nature lui dise : « Si ce sont de bons pigeons, tu dois les laisser. » Comment ça, de bons pigeons ? « Oui », explique Pascale, « les ramiers, tu les reconnais à leurs petites joues blanches. Les bisets, ce sont les mauvais. Ils se déplacent en bande et véhiculent des parasites. Tu sais, ce sont ceux qui mangent du vomi sur les places. » Ah oui, tout de suite, on...

    Lire la suite