Luc Demortier: quand on veut, on peut

Luc Demortier a réalisé sa promesse d’adolescence.
Luc Demortier a réalisé sa promesse d’adolescence. - d.r.

entretien

Quand avez-vous su quelle profession vous rêviez d’exercer ?

À seize ans, quand j’ai vu la mise en place du pont de Ben-Ahin par Rotation, un projet étudié par le bureau Greisch, j’ai dit : « Je serai ingénieur de construction et je travaillerai chez Greisch. » C’est donc une ambition qui remonte à assez jeune. J’étais alors en humanité classique en option sciences-math, c’était une voie relativement bien tracée pour faire des études d’ingénieur.

Ce que vous avez fait ?

J’avais un père professeur à Namur dans une université catholique, il n’était pour lui pas trop question que je fasse mes études d’ingénieur dans une université libre. Je les ai donc faites à Louvain-la-Neuve. C’était en l’occurrence probablement un mauvais choix pour entrer chez Greisch puisqu’à l’époque le bureau n’engageait que des ingénieurs diplômés de Liège, ce qui a fortement changé aujourd’hui.

Comment avez-vous fait pour les approcher ?

À force de persévérance pendant mes études, j’ai pu décrocher un stage chez Greisch. Avec l’université, on a eu l’opportunité de faire la visite d’un chantier du bureau. J’ai alors discuté avec un de mes profs du souvenir de mes seize ans. À l’époque, ce professeur m’a mis en contact avec le bureau, et c’est comme ça que j’ai pu y faire mon stage. J’ai travaillé alors sur une des phases finales de mise en œuvre du viaduc de l’Eau Rouge. C’est d’ailleurs ma seule expérience en ouvrage d’art.

Avez-vous dans la foulée intégré le bureau Greisch ?

Une place devait m’attendre chez Greisch au sortir des études. La conjoncture en 1993 n’était pas à l’engagement donc je me suis retrouvé sans pouvoir y entrer. On m’a alors proposé de faire une thèse de doctorat à Louvain-la-Neuve. Je me suis engagé dans une thèse au sein du département structure de la faculté des sciences appliquées. Je me suis vite rendu compte que la place ne me convenait pas. J’avais besoin de concret, de contact, de travail d’équipe.

Etes-vous dès lors entré dans le monde professionnel ?

J’ai donc abandonné le poste après un an et je suis entré dans un petit bureau d’études bruxellois où j’ai vécu une petite expérience malheureuse. C’est alors que j’ai décidé de recontacter Greisch. La première réaction a été de me dire qu’il n’y avait pas de place, un lundi. Le jeudi, on m’appelle pour me dire de venir le lendemain. Et le lundi suivant, je commençais. Heureusement que j’ai vécu cette expérience malheureuse ailleurs, sans ça, je ne serais peut-être jamais entré chez Greisch.

À quel poste avez-vous débuté ?

J’ai commencé en bâtiment à une place que j’occupe depuis lors. J’ai travaillé sur le stade Roi Baudouin sur la phase de mise à l’échelle pour l’organisation de l’Euro 2000. J’ai eu la chance d’avoir René Greisch derrière mon épaule tout le temps, et ce, pendant plusieurs années. Ça a été très formateur, c’était un ingénieur hors pair. J’ai ensuite eu la chance de prendre le rôle de chef de projet structure sur le stade du Standard à Liège. J’ai fait d’autres projets divers et variés. À la suite du décès de René Greisch, l’organisation du bureau s’en est vue modifier.

Quel impact la restructuration a-t-elle eu sur votre position ?

Je suis devenu responsable de la cellule bâtiment en 2000. Quelques années plus tard, j’ai eu l’opportunité de devenir associé, puis administrateur. On a racheté un bureau à Bruxelles pour lequel j’ai pris le rôle d’administrateur et administrateur délégué. J’ai quitté ce poste pour revenir à Liège. Il y a deux ans, je suis devenu administrateur délégué d’une des sociétés du groupe Greisch. Si j’avais écrit ça, il y a 35 ans, je n’y aurais pas cru.

Avez-vous retrouvé le rapport au concret dans la pratique ?

Le travail d’une carrière d’ingénieur en bureau d’études, c’est voir plein de projets différents. On a l’occasion de voir se réaliser des projets sur lesquels on a travaillé. C’est très concret. Quand je prends ma voiture et que je me balade dans Liège ou en dehors, je vois toute une série de projets auxquels on a contribué. C’est grisant.

 
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