Affaire Khashoggi: l’ONU veut une enquête sur le prince héritier saoudien

Affaire Khashoggi: l’ONU veut une enquête sur le prince héritier saoudien
AFP

La rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, vient de publier ce mercredi midi un rapport sur l’affaire Khashoggi, du nom de ce journaliste saoudien exilé qui avait été assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre 2018. Mme Callamard a enquêté pendant six mois sur cette affaire et la principale conclusion de son rapport est lourde de conséquences puisqu’elle estime qu’il existe des preuves suffisantes pour enquêter sur le rôle du prince héritier saoudien dans ce meurtre. Tous les regards s’étaient déjà dirigés à l’époque vers le fameux « MBS », Mohamed Ben Salmane, homme fort au sommet de l’Etat saoudien.

Sur le site OrientXXI, la rapporteure spéciale donne déjà ce 19 juin des indications, dont celle-ci : « Sur la base des informations qui m’ont été données, je suggère qu’au moins deux officiels fassent l’objet d’enquêtes plus approfondies sur leur responsabilité criminelle : Saoud al-Qahatni et Mohamed Ben Salmane, le prince héritier. Je n’ai pas les moyens de conclure qu’ils sont criminellement responsables, mais il y a suffisamment de preuves pour ouvrir une enquête approfondie ».

Rappelons que Jamal Khashoggi, qui allait avoir 60 ans, a été attiré au consulat d’Istanbul par son pays (il avait besoin d’une preuve de son divorce pour se remarier) en ce funeste 2 octobre 2018 et qu’il a ensuite été assassiné. Son corps n’a jamais été retrouvé et a sans doute été découpé voire dissous. Un médecin légiste saoudien figurait parmi la dizaine de membres de l’équipe dépêchée de Riyad pour accomplir cette basse besogne. L’Arabie saoudite avait d’abord nié, puis après des fuites édifiantes des services turcs dans la presse locale, a dû reconnaître le meurtre tout en l’imputant à un excès de zèle dont les auteurs seraient punis. Plusieurs hommes ont été arrêtés et inculpés en Arabie saoudite dans ce dossier.

Pour Mme Callamard, Jamal Khashoggi « a été victime d’une exécution extra-judiciaire délibérée et préméditée pour laquelle l’Etat de l’Arabie saoudite est responsable au regard du droit international ».

Dans cette affaire, la communauté internationale, jusqu’à présent, n’a pris aucune mesure à l’encontre de l’Arabie saoudite, Etat riche et puissant courtisé par les Occidentaux pour des raisons surtout commerciales.

 
 
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