La piscine (re)devient très tendance: près de 3.000 seront construites cette année

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Des piscines, on en fait aujourd’hui pour (presque) tous les goûts et tous les budgets. Celle-ci est en inox et est l’oeuvre du pisciniste Willy Naessens.
Des piscines, on en fait aujourd’hui pour (presque) tous les goûts et tous les budgets. Celle-ci est en inox et est l’oeuvre du pisciniste Willy Naessens. - D.R.

Lancé il y a trois ans, le Groupement des entreprises générales de construction de piscines fait partie de la Confédération Construction. Il regroupe à ce jour 21 membres (5 autres sont en négociation) sur les 120 constructeurs de piscines (surtout des PME) que compte la Belgique, mais à eux seuls ils installent chaque année 1.200 piscines, soit plus de la moitié des bassins bâtis sur le sol national.

Jeudi dernier, autour de la piscine d’une villa à Woluwe-Saint-Pierre « réquisitionnée » pour l’occasion, le Groupement a fait le point sur une activité qui a indéniablement, et c’est une des conséquences (heureuses) du changement climatique, le vent en poupe. « Au cours des cinq premiers mois de l’année, les constructeurs de piscines ont enregistré une hausse de 14 % de leur carnet de commandes », a expliqué Patrick Dresse, le directeur du Groupement. « De plus en plus de Belges font installer une piscine dans leur jardin ou optent pour une piscine d’intérieur. »

Générant un chiffre d’affaires annuel de 100 millions d’euros et employant quelque 1.300 ouvriers et employés à temps plein, le secteur n’a jamais été autant à la fête. À tel point que Patrick Dresse a voulu mettre le public en garde. « La canicule de l’été 2018 a créé un immense appel d’air à l’ensemble de la corporation », s’est-il réjoui. « Mais les plus grosses commandes, c’est quand il fait chaud qu’on les reçoit, ça ne rate jamais, et il est alors trop tard pour encore disposer de sa piscine dans l’année. Le meilleur moment pour la commander, c’est entre octobre et décembre. Les constructeurs peuvent alors garantir une installation pour l’été suivant. Après le 31 décembre, les certitudes s’envolent car ils sont débordés… »

En 2015, il s’est construit 2.050 piscines en Belgique (on ne parle pas ici des piscines en kit à monter soi-même que l’on peut acheter en grandes surfaces). Le chiffre est passé à 2.150 en 2016 et en 2017, à 2.400 en 2018 et pour l’année 2019, le secteur annonce le record de 2.750, un chiffre qui reste toutefois à confirmer.

Construire une piscine, c’est complexe. D’où la nécessité de faire appel à des professionnels en qui le client peut avoir une totale confiance. « J’aime répéter qu’une piscine, c’est une maison à l’envers remplie d’eau car il y a beaucoup de corps de métier différents qui interviennent », a insisté Patrick Dresse. « Le gros œuvre, l’électricité, les techniques de chauffage, le traitement de l’eau, la stabilité, etc., tout ça est difficile à coordonner. Via le Groupement, nous assurons à nos clients un chantier dirigé par un seul entrepreneur général qui supervisera les travaux et assumera seul la responsabilité de la construction de la piscine. Parce qu’il n’y a pas d’accès à la profession, le secteur est quelque peu déstructuré et il faut se méfier des petites entreprises car le risque existe de les voir tomber en faillite. »

Du béton ou des coques

Pour éviter ce genre de mésaventure qui peut coûter cher aux amateurs de farniente au bord de l’eau, le Groupement applique des critères d’entrée très sévères. « Avant d’inviter une entreprise à nous rejoindre, nous menons les recherches nécessaires pour connaître son degré de fiabilité et lui demandons d’avoir au moins 45.000 euros de fonds propres ainsi qu’un minimum de personnel », a expliqué notre hôte. « Si le client s’adresse à l’un de nos 21 membres, il aura différentes garanties, comme celle d’avoir à payer un acompte maximal de 30 % lors de la commande et un prix fixe, sans surprise, au moment de la livraison. Il recevra également un service d’entretien et d’après-vente de qualité et bénéficiera même d’une tentative de médiation en cas de conflit. »

Près de la moitié des piscines construites en Belgique (48 %) le sont en béton (sur lequel on applique ensuite un liner, voire du carrelage). Les autres sont des constructions en coques, pour la plupart en polyester (37 %), en inox (8 %), en bois (les piscines hors sol, 6 %) ou sont des piscines naturelles (1 %), type étangs, qui n’arrivent pas à décoller malgré leur côté très écologique. Il est vrai que nager au milieu de grenouilles, crapauds et autres têtards ne plaît pas à tout le monde…

Si une grande majorité des piscines construites le sont à l’extérieur (89 %), la piscine intérieure se taille tout de même une belle part : 11 %. « Une piscine intérieure, c’est bien, mais c’est cher et il faut faire attention à la qualité de l’air ambiant qui s’en trouve modifié », a toutefois mis en garde Patrick Dresse.

Des piscines jusqu’à 150.000 euros

Ce dernier a également donné des prix. Sachez ainsi qu’une piscine construite par l’un des 21 membres du Groupement vous coûtera en moyenne 54.000 euros, placement compris (pour une piscine d’environ 10 x 4 m). Bien sûr, il est possible d’en avoir une moins cher mais cela dépend de trop de facteurs que pour pouvoir en faire le détail. Trente-sept pour cent des piscines construites en 2018 ont coûté entre 50.000 et 65.000 euros, 20 % entre 35.000 et 50.000 euros, 12 % entre 65.000 et 80.000 euros et 10 % entre 80.000 et 100.000 euros. Mais on trouve aussi 3 % de piscines d’une valeur supérieure à 150.000 euros.

Une grande majorité des utilisateurs optent pour une piscine au chlore (70 %), 27 % préférant l’électrolyse du sel (procédé dans lequel, beaucoup l’ignorent, il y a aussi du chlore mais en quantité beaucoup plus infime). Enfin, pour ce qui est de la taille des bassins, une majorité (35 %) sont de 10 x 4 m, 20 % de 9 x 4 m, 15 % de 11 x 4 m, 10 % de 8 x 4 m. Et 5 % des piscines construites font 12 x 4 m, la plus grande taille répertoriée.

Lors de la « pool party » (sans maillot ni soleil…), il a aussi été fait mention du nombre toujours plus élevé de rénovations de piscines existantes (certaines ont parfois plus de 30 ans). Chaque année, 600 d’entre elles profitent d’une cure de jouvence : un chiffre qui a doublé en trois ans.

Le lifting pour la piscine, ça existe aussi…

Autonettoyante

Par Paolo Leonardi

La piscine du futur, cela fait des années qu’on y pense et que des projets sont à l’étude. Il est aujourd’hui possible d’automatiser le thermostat, le traitement de l’eau et même l’utilisation du robot qui démarre tout seul. Mais chez Leisure Pools (600 piscines construites par an en Belgique), on va plus loin. Un projet est ainsi entré dans sa phase de finalisation (lancement en septembre). « Nous avons mis au point une piscine à 99 % autonettoyante, c’est-à-dire que le bac qui contient le volet électrique reste propre toute l’année, ce qui est important car c’est là que se concentre souvent le plus gros des saletés, ce qui demande un entretien fastidieux et coûteux », révèle ainsi Filip De Weer, le CEO de Leisure Pools Benelux (à Aarschot).

Terrasse: un plancher mobile qui s’actionne en un clic

Avec Ivy, la piscine devient une terrasse en un tour de main...
Avec Ivy, la piscine devient une terrasse en un tour de main... - D.R.

Le tout-connecté est aujourd’hui omniprésent. C’est même devenu un art de vivre auquel plus personne n’échappe. Lumières, chauffage, air conditionné, volets et stores, porte de garage, alarme, caméra, musique… tout peut être commandé à distance d’une simple pression, voire même désormais vocalement grâce aux assistants vocaux.

Quand vient l’été, la piscine elle aussi se la joue en mode wifi et Bluetooth. Wi-Pool, une jeune société faisant partie du Pool Innovation de Marseille, une pépinière qui aide les entreprises innovantes à développer leurs idées, a mis au point un ingénieux système baptisé Ivy.

L’idée est simple : son patron, Antoine Debois Frogé, a imaginé un plancher mobile capable de couvrir en quelques secondes la piscine pour la transformer en terrasse extérieure sur laquelle on peut, par exemple, poser table et chaises. D’autant plus astucieux que le système, commercialisé au printemps, s’adapte à toutes les piscines, neuves ou anciennes.

Composé d’une structure en fibre composite, le plancher s’accompagne d’une mousse de polymère à cellules fermées située juste en dessous, ce qui lui permet de flotter à la surface de l’eau. Des moteurs rotatifs électriques sont également prévus. Installés dans la structure et attachés via des sangles polyamide au fond de la piscine, ce sont eux qui permettent au plancher de monter et de descendre. Le tout peut être commandé depuis une application à télécharger sur ordinateur ou smartphone.

Les concepteurs insistent sur la solidité du système capable, selon eux, de supporter une charge de plusieurs centaines de kilos. On peut donc tranquillement marcher sur le plancher devenu terrasse dont le prix de départ est annoncé à 15.000 euros. Très pratique aussi quand on possède un petit jardin puisque la surface utilisable pour profiter de soirées entre amis est accrue. On peut également arrêter la montée ou la descente du plancher à la hauteur qu’on souhaite. Pour ceux qui préfèrent à la terrasse une pataugeoire avec quelques centimètres d’eau, c’est donc possible.

Inutile d’insister sur la sécurité que cette invention représente pour les enfants. Elle permet également d’abandonner les bâches et autres abris, souvent inesthétiques et fastidieux à tirer pour ceux qui ne possèdent pas de système de couverture motorisé, bien plus onéreux. Mais Ivy permet aussi de mieux garder la chaleur, d’éviter l’évaporation en cas de fortes chaleurs et de conserver une piscine propre plus longtemps, et donc d’utiliser moins de produits d’entretien.

Du côté de Marseille, on insiste sur le fait que le fond sur mesure s’installe en à peine 48 heures et ne nécessite aucune modification de la piscine si celle-ci est déjà construite.

Ivy n’en est qu’à ses débuts et aura besoin d’un temps pour convaincre et corriger les éventuels défauts à l’utilisation. Mais avec un marché estimé à 2 millions de piscines en France, l’avenir est envisagé avec sérénité.

5 euros par jour

Par Paolo Leonardi

Patrice Dresse en est convaincu : opter pour une piscine, c’est apporter une plus-value à une maison. « Si vous installez une piscine à 50.000 euros, vous générez une plus-value de 75.000 euros. C’est donc un très bon investissement, surtout qu’aujourd’hui beaucoup de nos clients passent à l’acte parce qu’ils sont convaincus que le climat en Belgique est en train de changer », explique-t-il à ce sujet.

C’est le cas pour les piscines neuves (de plus petite profondeur et le plus souvent en coque), moins pour les vieilles piscines en béton qui agrémentent les villas des années 70, dont la profondeur exagérée demande beaucoup d’eau et de produits d’entretien.

Une piscine, c’est bien, mais que coûte-t-elle réellement en matière d’énergie (une piscine non chauffée n’a pas de sens en Belgique) et d’entretien ? Le Groupement l’a calculé et l’estime à 5 euros par jour, somme calculée sur 365 jours et pour autant que la piscine soit reliée à un système de chauffage via une pompe à chaleur (air-eau à haut rendement) et dotée d’une couverture pour la nuit. Sur un an, les frais énergétiques s’élèvent alors en moyenne à 1.225 euros et la maintenance (produits et main-d’œuvre) à 600 euros (moyenne également).

Sachez enfin qu’un permis est obligatoire pour construire une piscine. En deçà de 80 m2, la procédure d’obtention ne pose pas de problème majeur et est plutôt rapide sauf, bien sûr, dans des zones où elle est interdite.

Autre précision : certaines communes taxent les piscines. Un détour par la maison communale avant de se décider n’est donc pas inutile…

 
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