Migration: la capitaine du Sea Watch défie Salvini

L’enregistrement des multiples trajets et zigzags effectués par le Sea Watch 3 ces dernières semaines, dans les eaux internationales au large de l’île de Lampedusa.
L’enregistrement des multiples trajets et zigzags effectués par le Sea Watch 3 ces dernières semaines, dans les eaux internationales au large de l’île de Lampedusa. - D.R.

Basta, on entre. Pas par provocation, mais par nécessité, par responsabilité. » Après deux semaines bloquée face à l’île de Lampedusa, Carola Rackete, la capitaine du Sea Watch 3 a décidé de forcer l’entrée des eaux territoriales italiennes pour débarquer les 42 rescapés encore coincés à son bord.

Le 12 juin, l’ONG allemande secourait 53 personnes dans la zone de secours libyenne. Le Sea Watch 3 a alors fait route vers Lampedusa pour débarquer les migrants dans un port sûr. Ce à quoi Matteo Salvini, qui a fait de la lutte anti-ONG un thème de campagne permanent, a répondu par un décret interdisant au bateau de pénétrer dans les eaux territoriales italiennes. Quelques jours plus tôt, le gouvernement adoptait un texte sanctionnant de 10.000 à 50.000 euros toute ONG débarquant des migrants sur les côtes italiennes. Les passagers les plus fragiles ont entre-temps pu être débarqués mais la situation des 42 restants s’est précarisée de jour en jour assure Sea Watch. « Beaucoup de personnes sont très éprouvées psychologiquement », explique le porte-parole de l’organisation RUben. « Elles reviennent des camps de détention libyens, beaucoup ont été torturées et supportent cette situation d’enfermement sur le bateau. » Lundi, la Cour européenne des droits de l’homme a refusé d’imposer un le débarquement l’Italie, comme l’avait sollicité Sea Watch, n’estimant pas le critère d’urgence rencontré (il ne s’agissait pas de se prononcer sur le fonds).

Outre l’amende, la jeune femme, capitaine expérimentée, pourrait être poursuivie pour aide à la migration clandestine. « Je sais ce que je risque, mais les 42 naufragés à bord sont épuisés. Je les emmène en lieu sûr », a déclaré Carola Rackete, 31 ans, sur Twitter. « Nous ferons usage de tous les moyens démocratiquement permis pour bloquer cette insulte au droit et aux lois », a réagi en direct Matteo Salvini, dans une vidéo sur Facebook

 
 
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