Cinq mesures clés pour améliorer le bâti belge

Pour contribuer à la lutte contre le changement climatique, la Confédération plaide pour un accès plus aisé au financement pour la rénovation énergétique et l’intervention d’un tiers investisseur, ce qui permettrait d’augmenter la capacité d’emprunt des acheteurs.
Pour contribuer à la lutte contre le changement climatique, la Confédération plaide pour un accès plus aisé au financement pour la rénovation énergétique et l’intervention d’un tiers investisseur, ce qui permettrait d’augmenter la capacité d’emprunt des acheteurs. - Dominique Duchesnes.

La Confédération Construction propose cinq mesures à mettre en œuvre rapidement pour relever le défi climatique qui pointe à l’horizon. Elle lance un appel pressant aux autorités politiques.

La Banque nationale prévoit en 2019, pour l’ensemble du pays, une croissance comparable à celle de 2018 (+ 1,4 %). La construction plus optimiste table sur une croissance de 2,5 % (contre + 3,3 % l’année dernière). Les entrepreneurs restent confiants. La durée d’activité de leur carnet de commandes s’est stabilisée à environ six mois depuis la mi-2018.

« Nous nous attendons à une croissance du volume de construction résidentielle de 1,5 % contre 2,5 % en 2018. Cette hausse d’activité est toutefois plus faible qu’en 2018 », relève Paul Depreter, président de la Confédération Construction. Le secteur non résidentiel devrait progresser à 2,5 % en 2019 (contre 1 % en 2018). Le génie civil évolue lui aussi positivement (+ 5 %) contre + 10 % en 2018.

La Commission européenne a récemment affirmé que la Belgique n’était pas dans la course pour atteindre les ambitions climatiques d’ici 2030. Il reste beaucoup à faire. Le bâtiment est responsable de 40 % des émissions de dioxyde de carbone. « Notre parc de logements est très ancien. Trois quarts des logements datent d’avant 1985, soit avant l’apparition des normes énergétiques », explique Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction. « La construction peut constituer un partenaire de poids dans la lutte contre le changement climatique », ajoute-t-il. La Confédération suggère cinq mesures à mettre en œuvre rapidement.

Tout d’abord, une baisse de la TVA sur la démolition-reconstruction. Actuellement, le taux de TVA pour la démolition-reconstruction dans notre pays est de 21 %, excepté dans 32 centres urbains où le taux de TVA est de 6 %. La Confédération Construction demande d’étendre cette mesure à l’ensemble de la Belgique. La fédération sectorielle préconise également que cette mesure soit élargie à la vente de logements construits à l’issue d’une démolition. Le hic reste le financement. La Cour des comptes a estimé le coût de cette généralisation de la TVA à 6 % à 100 millions d’euros.

La rénovation, un placement

La deuxième mesure vise à promouvoir la rénovation énergétique comme un placement rentable en misant sur un temps de « pay back » court. « C’est bon pour le climat mais aussi pour le porte-monnaie », souligne R. de Mûelenaere.

La Confédération plaide aussi pour un accès plus aisé au financement pour la rénovation énergétique et l’intervention d’un tiers investisseur. Cette mesure permettrait d’augmenter la capacité d’emprunt des acheteurs. Elle pourrait se faire en appliquant des taux d’intérêt « verts », mais aussi en appliquant les règles selon lesquelles la valeur de la maison après rénovation énergétique est prise en compte, ou en appliquant le principe « loan + energy to income » au lieu du « loan to income ». Selon ce principe, l’impact de la facture énergétique est intégré dans la capacité de remboursement.

Un cadre de confiance pour la rentabilité des rénovations est aussi nécessaire. Il faut éviter qu’une telle opération n’entraîne une révision du revenu cadastral (un sujet délicat !) et une augmentation de la fiscalité du logement. Un cadre de référence permettra de rassurer les investisseurs. Des sites tels que Energieplus.be et Energiesparen.be fournissent déjà une série d’éléments utiles. « C’est bien mais ce n’est pas suffisant car ce cadre de référence que nous appelons de nos vœux doit, selon nous, être validé par l’autorité publique. Nous souhaitons que le fédéral et les autorités régionales travaillent ensemble », ajoute R. de Mûelenaere.

Encore faut-il que nos entreprises aient les compétences et la main-d’œuvre en suffisance pour porter un grand plan ambitieux. Certains nouveaux métiers seront nécessaires tels que des spécialistes en ventilation mécanique des bâtiments, en isolation et pose d’équipements de production d’énergie renouvelable, en assainissement du sol et des eaux… « Ces compétences existent mais il faut passer à la vitesse supérieure pour atteindre les objectifs de 2030. Nous avons aujourd’hui 12.600 postes vacants. »

Bref, un paquet de mesures présentées aux partis politiques qui ne sont pas neuves mais qui ont le mérite d’exister. La balle est dans le camp des pouvoirs publics…

 
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