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«Tendue comme un arc», «manque de charisme»: les phrases assassines du livre de Sarkozy (vidéo)

Président de la France entre 2007 et 2012, Sarkozy évoque longuement son parcours politique, avant de tacler sans ménagement ses compagnons et adversaires politiques.

Temps de lecture: 4 min

Nicolas Sarkozy livre, dans Passions qui paraît ce jeudi, ses souvenirs politiques et personnels jusqu’à son accession à l’Elysée en 2007, et règle quelques comptes, notamment avec François Fillon. Le 6 mai 2007, «lorsque j’ai vu mon visage se dessiner avec les 53% inscrits sur l’écran, ce fut une explosion. Tout le monde criait, sautait, riait, certains pleuraient de joie. Nous y étions. C’était enfin fini. J’avais réussi ce qui était mon objectif intime depuis tant d’années. (...) Je devenais enfin légitime», écrit l’ancien président.

Quelques personnes épargnées

L’ancien président évoque son ancien mentor Édouard Balladur, un «professeur exigeant», Jacques Chirac pour qui «l’indépendance» était «une faute» qu’il ne «pardonnait pas».

Il prend soin de ne pas porter d’appréciation sur l’action d’Emmanuel Macron, si ce n’est pour dire, pour l’actuel président comme pour Valéry Giscard d’Estaing et pour lui-même, que «si la jeunesse est un grand atout pour conquérir le pouvoir, elle est une faiblesse au moment de l’exercer». Et accorde un satisfecit au Premier ministre Édouard Philippe, ancien soutien de son rival Alain Juppé.

D’autres beaucoup moins

De François Fillon à Ségolène Royal en passant par Alain Juppé et Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy décrit sans ménagement ses compagnons ou adversaires politiques.

François Fillon a « une personalité dissimulée ». « Je m’aperçus avec le recul que je n’avais pas senti ni compris son profond mal-être. L’image qu’il renvoie est bien différente de ce qu’il est en profondeur. Il paraît calme, pondéré, discret. Or, il peut, dans certaines occasions, être cassant et rancunier ».

Ségolène Royal  : « Je me rendis compte immédiatement de son profond état de stress. Elle était tendue comme un arc. J’ai même cru à un moment qu’elle ne me serrerait pas la main, tant elle semblait agressive. C’est peu dire qu’elle fut sèche, et assez désagréable ».

Edouard Philippe : « Il démontre une force et un calme que je ne lui supposais pas. Il est un Premier ministre loyal et compétent. Il a même fait de son supposé manque de charisme un atout. »

Lionel Jospin : Après le 21 avril 2002, « l’amertume l’avait submergé. Il y avait du Giscard de 1981 dans le Jospin offensé de 2002. »

Alain Juppé  : « En cela, il était bien le plus bel exemple de ce que sont capables de produire nos grandes écoles. Des esprits bien faits, et bien remplis, mais parfois incapables de supporter que l'on puisse les mettre en concurrence sur le terrain qu'ils croient de prédilection pour eux : celui de l'intelligence. Je n'avais pas suivi son brillant cursus universitaire, je ne pouvais donc, par nature, qu'être intellectuellement inférieur. Et comme, de surcroît, la psychologie, les rapports humains et la souplesse de caractère n'étaient pas les points forts d'Alain Juppé, la rupture entre nous fut rapidement actée. »

Dominique de Villepin : « On ne peut pas dire que nous nous entendions mal. (…) J’écoutais sans tout comprendre. Mais y avait-il toujours quelque chose à comprendre ? Rien n’est moins sûr, car emporté par son propre élan mon interlocuteur avait souvent du mal à atterrir. »

Jean-Louis Borloo : Il « peut être un bourreau de travail, et puis, brusquement, disparaître sans plus donner la moindre nouvelle. »

Jean-François Copé : « Il a une réelle propension à susciter l’antipathie. Il ne s’en rend pas toujours compte, ce qui peut contribuer à aggraver le problème. »

Nicolas Hulot : « On s’attendait à voir un ministre engagé, allant sur tous les fronts, menant croisade pour ses convictions. On ne vit rien de tout cela. L’intéressé dit même ‘s’être ennuyé au gouvernement’. Quelle étrange confession. »

La droite : « Je voulais diriger la ‘cathédrale’, pas régner sur une ‘chapelle’ ». Aujourd’hui, « dès qu’apparaît le moindre désaccord, la division semble devenue inéluctable. Ainsi, Valérie Pécresse a créé Libres, Xavier Bertrand La Manufacture, Bruno Retailleau Force Républicains… à l’arrivée, je crains fort que chacun sera déçu ».

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