Nominations européennes: l’option Timmermans pour la présidence de la Commission

Nominations européennes: l’option Timmermans pour la présidence de la Commission
Bruno D’Alimonte

Plusieurs options sont envisagées pour trouver un accord sur les nominations aux postes de pouvoir de l’UE lors du sommet extraordinaire organisé dimanche à Bruxelles, mais elles sont encore loin de faire consensus, ont indiqué jeudi à l’AFP plusieurs responsables européens.

Le président français Emmanuel Macron s’est montré très optimiste. «Nous aurons les trois noms qui dépendent de nous», a-t-il assuré à Osaka, où il participe à un sommet du G20. Les trois postes sont la présidence de la Commission, la présidence du Conseil et le chef de la diplomatie.

Les négociations ont été relancées à la demande des sociaux-démocrates sur la possibilité de nommer le Néerlandais Frans Timmermans à la présidence de la Commission européenne, après l’échec du prétendant de la droite, l’Allemand Manfred Weber, lors du sommet du 21 juin, ont raconté ces responsables impliqués dans les négociations sous couvert de l’anonymat.

La droite (Parti Populaire Européen, PPE) ne fermerait pas la porte à cette option, à condition d’obtenir la présidence du Parlement européen et la présidence du Conseil européen, ce que les socialistes sont prêts à accepter, ont assuré ces responsables. Les libéraux, troisième force au Conseil et au Parlement européen, devraient alors se contenter du poste de Haut représentant pour la diplomatie européenne.

Rien n’est encore acquis

Il s’agit de positions de négociation et rien n’est acquis, ont-ils averti. Mais les deux principales forces du Parlement ont décidé de travailler de concert pour sortir le processus de nominations de l’impasse.

Frans Timmermans doit démontrer qu’il est en mesure d’obtenir le soutien d’une majorité de 21 des 28 chefs d’Etat et de gouvernements. Cinq pays lui sont hostiles: les quatre membres du groupe de Visegrad --la Hongrie et la Pologne, contre qui il a lancé des procédures pour violation de l’Etat de droit, la Slovaquie et la République Tchèque-- et l’Italie. «Mais entre la prise de position et le passage à l’acte, avec un vote, il y a un monde», a souligné un diplomate européen.

S’il passe l’obstacle du Conseil, Frans Timmermans ne devrait pas avoir de difficultés à rallier une majorité d’au moins 376 voix au Parlement européen avec les suffrages du PPE, des sociaux-démocrates et des libéraux, les trois principales forces pro-européennes de l’assemblée. La France ne s’oppose pas à cette solution qui lui permettrait de briguer la présidence de la Banque centrale européenne, ont expliqué ces responsables.

Quels autres options ?

Si Frans Timmermans échoue, les dirigeants européens examineront la candidature de la libérale danoise Margrethe Vestager. Mais l’exigence des sociaux-démocrates d’obtenir la présidence du Conseil bloque cette option.

Si la tentative de nommer un des candidats désignés par les familles politiques échoue, le Parti Populaire européen, première force au Conseil et au Parlement, tentera de proposer un candidat extérieur.

Les quatre pays de Visegrad ont annoncé soutenir la nomination du Français Michel Barnier, le négociateur du Brexit, membre du PPE. Mais l’Allemagne refuse catégoriquement de le soutenir, a averti un des négociateurs. «La France a tué la candidature de Manfred Weber, l’Allemagne ne peut pas accepter de laisser nommer un Français», a-t-il expliqué.

 
 
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