Mercosur: les agriculteurs européens révoltés par l’accord Union européenne

Mercosur: les agriculteurs européens révoltés par l’accord Union européenne
AFP

Les agriculteurs européens fustigeaient samedi l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), conclu vendredi soir à Bruxelles, qui les place selon eux face à une concurrence déloyale et qu’ils dénoncent depuis des mois.

Dès l’annonce de l’accord, les tweets et autres communiqués courroucés se sont multipliés, contrastant avec les larges sourires des négociateurs sud-américains et de la Commission européenne, satisfaits de ce compromis jugé « historique » après 20 ans de discussions.

Dans ce contexte tendu, l’approbation du compromis par les 28 Etats membres puis le Parlement européen, désormais nécessaire pour que le texte entre un jour en vigueur, semble plus incertaine que jamais.

La Copa Cogeca, principal syndicat agricole dans l’UE, a fustigé « une politique commerciale à deux poids et deux mesures », qui élargit « le fossé entre ce qui est demandé aux agriculteurs européens et ce qui est toléré des producteurs du Mercosur », dont les normes sanitaires et environnementales ne sont pas les mêmes qu’en Europe.

Ces réactions illustrent les profondes inquiétudes autour du texte, amené, si les Etats membres l’approuvent, à devenir l’un des plus importants du monde : 770 millions de personnes, un quart du PIB mondial (18.000 milliards d’euros).

D’autant plus que les négociations ont aussi été récemment attaquées dans une lettre ouverte par 340 ONG européennes et sud-américaines, dont Greenpeace et Friends of the Earth, sur deux autres fronts : l’environnement et les droits de l’Homme, mis à mal selon elles par la politique du président brésilien d’extrême droite, Jair Bolsonaro.

Ce dernier s’est félicité sur Twitter du « potentiel énorme » du futur partenariat, qui « donnera beaucoup de joie » à son « peuple ».

Pour parvenir à un compromis, le Mercosur a accepté d’ouvrir grand ses portes à l’industrie européenne, tout particulièrement ses voitures, mais aussi ses produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que ses marchés publics.

L’UE consent cependant à de lourdes contreparties dans le secteur agricole : elle facilitera l’accès à son marché à quatre pays avides d’écouler sucre, éthanol, volailles ou boeuf.

Le Mercosur va notamment pouvoir exporter vers l’Europe quelque 99.000 tonnes de viande bovine au taux préférentiel de 7,5 %, fragilisant un peu plus les éleveurs européens, lourdement dépendants des subventions de Bruxelles et qui craignent la concurrence des « usines à viande » latino-américaines.

D’autant que, selon eux, les deux continents ne sont pas sur un pied d’égalité : antibiotiques utilisés comme hormones de croissance d’un côté, assorties de déforestation, contre toujours plus de normes environnementales côté européen.

 
 
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