Nominations européennes: les 28 toujours en réunion

Donald Tusk et Juri Ratas, le Premier ministre estonien
Donald Tusk et Juri Ratas, le Premier ministre estonien - Reuters

À l’approche des six heures du matin ce lundi, la fumée blanche ne s’était toujours pas échappée de la « lanterne » du bâtiment Europa, en bordure du rond-point Schuman à Bruxelles, où les 28 chefs d’État ou de gouvernement étaient réunis depuis 19 heures la veille pour s’entendre sur des noms à coller aux quatre hautes fonctions dirigeantes de l’UE.

Lors d’un faux départ de la rencontre vers 21 heures, soit trois heures de retard sur l’horaire prévu, Donald Tusk avait dû communiquer aux 28 que le scénario concocté à Osaka lors du G20 par Angela Merkel, Emmanuel Macron, Pedro Sanchez et Mark Rutte, était refusé par les dirigeants appartenant au Parti populaire européen (droite modérée). Ce schéma prévoyait de désigner le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans à la présidence de la Commission, un libéral à la présidence du Conseil européen, et de laisser la présidence du Parlement et le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères au PPE. Mais ce parti, resté la première force politique au Parlement européen, ne pouvait accepter de devoir non seulement abandonner la présidence de la Commission à un socialiste, mais aussi celle du Conseil européen à la famille libérale…

Selon plusieurs sources, Donald Tusk aurait alors proposé de reconnaître le blocage, et de reconvoquer un nouveau sommet spécial pour le 15 juillet.

Plusieurs scénarios

Mais, selon une source diplomatique, c’est sur l’insistance du président français et de la chancelière allemande – isolée face à la bronca de ses comparses du PPE – de ne pas abandonner les efforts si vite, que le président du Conseil Tusk a dès lors entamé un tour au confessionnal, rencontrant individuellement chacun des 28 chefs d’État ou de gouvernement. Opération qui s’est achevée vers 4 heures du matin. La « bande d’Osaka », comme les journalistes veillant dans la salle de presse ont fini par nommer les quatre dirigeants précités, qui avait patronné la composition du paquet de nominations rejeté en début de soirée, s’est alors retrouvée avec Donald Tusk. À la suite de quoi celui-ci a entamé un nouveau tour de bilatérales avec les autres dirigeants.

Selon une autre source diplomatique qui l’a confié au Soir, le Polonais testait plusieurs scénarios, dont l’élément central était toujours la désignation de Frans Timmermans à la tête de la Commission. L’un de ces scénarios consiste à ne désigner dans un premier temps que le président de la Commission, et à s’entendre sur le nom qui serait proposé pour celle du Parlement européen. La nouvelle assemblée issue des dernières élections se constitue en effet mardi, et l’élection de son président, déjà repoussée d’un jour, est prévue pour mercredi. L’hypothèse la plus probable consisterait à élire au perchoir Manfred Weber, qui avait été le candidat du PPE pour la présidence de la Commission. Ce scénario minimal permettrait déjà de ne pas retarder la chronologie prévue pour ces nominations – le président de la Commission désigné par le Conseil doit être approuvé par le Parlement le 16 juillet – au cas où les 28 n’arriveraient pas à s’entendre ce lundi sur les deux autres fonctions.

À l’heure où ce texte était mis en ligne, la rumeur annonçait le retour imminent en salle des 28 pour conclure la nuit de négociation…

 
 
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