Un Musée du Capitalisme temporaire va s’installer dans la Bourse

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Un Musée du Capitalisme temporaire va s’installer dans la Bourse
© Dominique Duchesnes.

Quel meilleur endroit que la Bourse pour accueillir un Musée du Capitalisme ? Grâce à un accord conclu entre la Ville de Bruxelles et l’ASBL à l’origine de ce projet itinérant ayant vu le jour en 2012, cette réunion hautement symbolique va bel et bien pouvoir voir le jour durant un mois, cet été. Du 15 août au 13 septembre, en effet, c’est tout le vaste rez-de-chaussée de l’édifice emblématique du centre-ville qui accueillera l’exposition temporaire dédiée au système qui est aujourd’hui celui dans lequel nous vivons.

« Cela faisait quelque temps que l’on était en discussions avec l’échevine de la Culture (Delphine Houba, PS, NDLR) car nous souhaitions avoir potentiellement un espace permanent dans la Bourse » explique Célimène Bernard, de l’équipe du Musée du Capitalisme. « Finalement, suite à beaucoup de discussions, cela n’a pas pu se faire mais la Ville de Bruxelles est revenue vers nous avec cette proposition, puisque pour l’instant la Bourse est vide et qu’elle le restera jusqu’à la mi-septembre. » Une décision qui fait notamment écho à une idée soulevée par des citoyens désireux de voir la Bourse davantage ouverte au public à l’époque des débats sur la transformation future de ce symbole bruxellois. En effet, le lieu sera ensuite amené à subir les travaux nécessaires à sa métamorphose partielle en musée de la bière. D’ici là, néanmoins, une convention permettra à l’ASBL d’investir gratuitement les lieux.

Origines, espoirs et limites

Pour ceux à qui ce projet de musée itinérant – déjà passé par Namur, Gand ou encore Arlon, brassant au passage près de 20.000 visiteurs – aurait jusqu’ici échappé, Célimène Bernard le résume comme tel : « L’intention du musée, c’est vraiment de créer des espaces de discussions et de débats sur la société dans laquelle nous vivons, et surtout de placer chaque personne qui vient visiter le musée dans une position où elle est acteur. La posture de nos guides, c’est plus d’être des animateurs et d’inviter toute personne à être dans une démarche de prise de parole et d’expression de ses opinions, car on considère que chaque chacun est légitime pour se positionner et n’a pas besoin d’être expert pour cela. »

Pour ce faire, les visiteurs sont amenés à aborder le système capitaliste sous 3 angles : ses origines, les espoirs qu’il a pu susciter ou qu’il continue à susciter, ainsi que ses limites. Une quatrième salle, dédiée au volet des alternatives au capitalisme, sera quant à elle installée dans la pièce centrale de la Bourse.

Notons que le projet fera également la part belle aux partenariats avec d’autres acteurs associatifs bruxellois, belges, mais aussi étrangers. « À lieu exceptionnel, édition exceptionnelle : le « Museum das Kapitalismus » de Berlin, alter ego du Musée belge, sera aussi présent à la Bourse, grâce à un soutien particulier du Bureau International Jeunesse » annonce ainsi l’ASBL.

Un «choix politique» assumé

Par A.SE.

Plutôt que de faire durant cet été la part belle à une grosse exposition lucrative comme la Bourse en a déjà accueilli plusieurs au cours des dernières années, Dephine Houba (PS), échevine de la Culture et du Tourisme de la Ville de Bruxelles, explique et assume avoir posé « un choix politique » sur ce dossier. « J’ai toujours été très sensible sur ce sujet et je trouve ça important que le politique puisse venir en soutien quand de chouettes initiatives de ce type ont lieu » dit-elle, rappelant son passé militant. « Je trouve aussi que c’est un signal fort d’installer cela dans la Bourse, qui est un peu le symbole de cette économie de casino mais qui est aussi un lieu où les Bruxellois adorent se rassembler. »

 
 
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