Charles Michel nommé à la tête du Conseil européen : «un coup de maître», «bon vent» (revue de presse)

Charles Michel, premier ministre sortant, a été nommé à la présidence du Conseil européen. Les éditorialistes saluent la nomination de Charles Michel qui est un honneur pour la Belgique mais s’interroge aussi sur l’avenir de la Belgique et l’avenir du MR.

Le Soir

« Charles Michel, top job, job, job », titre Le Soir qui explique que tout le monde attendait Didier Reynders au secrétariat général du Conseil de l’Europe. Et peu croyaient au scénario de Charles Michel à une haute fonction européenne. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé.

Dans son édito, « Un honneur pour la Belgique, un coup de maître signé Michel », Béatrice Delvaux, met en avant l’image de la Belgique, de nouveau indispensable sur la scène européenne. « Qu’un pays occupe pour la deuxième fois en dix ans la tête d’une instance clé de l’Union européenne tient déjà de l’improbable, mais que cet honneur échoie à un Belge donne à notre pays un lustre encore plus particulier. La voilà soudain de nouveau indispensable pour résoudre les équilibres entre grandes puissances ».

Notre éditorialiste met aussi en avant « l’incroyable parcours d’un homme d’une grande intelligence (…) qui a su manœuvrer dans des eaux troublées pour pouvoir en sortir intact, à tout le moins pour le pouvoir européen ». « Un candidat caméléon parfait ». Et Béatrice Delvaux conclut sur cette réflexion « un Premier ministre plus populaire sur la scène européenne que belge, qui quitte un pays plus ingouvernable que jamais, déserté par ses (Premier) ministres, pris en otage par la N-VA, le retour en force de l’extrême droite et la coupure gauche-droite entre le Sud et le Nord ».

L’Avenir

« Michel dans les étoiles » titre L’Avenir qui explique que la nomination de Charles Michel ne sera pas sans conséquences sur la scène politique belge. Dans son édito « Michel, d’un bleu à l’autre », Philippe Martin, explique qu’il ne faut « pas forcément être le plus fort » pour figurer sur le podium de l’Union européenne. « Ni partir le premier. Ni être le plus populaire. Non, il suffit souvent d’avoir le profil le plus consensuel, celui auquel aucune grande capitale ne s’oppose. N’avoir heurté quiconque… Être la bonne personne, à la bonne place, au bon moment. Bref, bénéficier d’un concours de circonstances », ce qui caractérise le mieux Charles Michel, lui qui n’était pourtant pas candidat.

Et l’éditorialiste de conclure : « Mais au-delà des opportunités très personnelles qu’ouvre cette vacance du pouvoir chez les libéraux, ce sont aussi les positions de ce parti dans le grand pow-wow des négociations, à la Région et au fédéral, qui risquent de s’en trouver déstabilisées. Avec de possibles changements de lignes stratégiques en interne. Quand le vent européen souffle sur la Belgique… »

L’Echo

« Charles Michel, l’Europe pas la grande porte », titre en Une L’Echo.

« En plus d’être une victoire pour la famille « libérale » européenne (le mot ne plaît pas à sa composante française), et en plus d’être une consécration personnelle pour le Premier ministre, c’est un succès diplomatique pour la Belgique, dont l’influence sur la scène européenne souffrait de la corrosion intérieure », se réjouit Frédéric Rochart dans son édito.

La Capitale

« Un Walllon au sommet de l’Europe » se glorifie en Une le groupe Sudpresse qui s’attarde sur le parcours hors normes de Charles Michel et la rémunération qu’il touchera désormais, soit un salaire de 32.700 € brut par mois.

La DH

Le quotidien sportif consacre sa Une au Tour de France. En pages intérieures, le journal explique que le départ de Charles Michel n’est « PAS UN CADEAU POUR LE MR ». Le président des libéraux part pour l’Europe et laisse derrière lui un parti déboussolé et dans le doute. Charles Michel va donc quitter (provisoirement ?) la politique belge. Le Premier ministre, fortement investi dans les matières européennes depuis plusieurs années, succédera à Donald Tusk à la présidence du Conseil européen. Cette information peut laisser songeur quand on pense à tout ce que Charles Michel va laisser derrière lui en Belgique…

La Libre

« Charles Michel au sommet de l’Europe » titre La Libre.

Francis Van de Woestyne, dans son édito, souhaite « bon vent, Monsieur Michel » qui constate que « la Belgique est décidément une terre de grands Européens ». Le choix de Charles Michel est un honneur pour lui, bien sûr, pour le pays également poursuit l’éditorialiste qui fait remarquer que « les esprits les plus chagrins – ou les plus réalistes – feront observer qu’on les promeut parce qu’ils sont issus d’un petit pays et que cela arrange bien les grandes puissances. Mais si on les désigne, c’est aussi parce que les Belges ont cultivé, chez eux, ce sens du compromis indispensable pour faire progresser les grandes idées et les grands équilibres européens. Et qu’ils sont, eux-mêmes, animés d’un idéal européen indispensable à l’évolution, à la survie d’une Union fragilisée. »

Et de commenter que « Charles Michel, 43 ans à peine, fait partie de cette génération de jeunes dirigeants capables de donner un nouveau souffle à une Union qui en a bien besoin. À la tête d’une improbable coalition belge, il a tenu, pendant cinq ans, le gouvernail d’une équipe compliquée ».

Les Unes de la presse flamande

 
 
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