Des métiers plus qu’honorables

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Travailler dans la construction n’a rien de dégradant, au contraire...
Travailler dans la construction n’a rien de dégradant, au contraire... - D.R.

La remise des bulletins est derrière nous. Certains rient, d’autres pleurent. La Confédération Construction wallonne a voulu profiter de cette période stressante pour tirer la sonnette d’alarme : il faut mettre un terme aux idées préconçues qui entourent le secteur de la construction.

Travailler dans ce secteur n’a rien de déshonorant. D’autant qu’aujourd’hui, une belle panoplie de carrières diverses accueille les étudiants en fin de cycle à bras ouverts. « Les filières de la construction ne doivent plus constituer un choix de relégation pour les conseils de classe ne sachant pas quoi faire de leurs élèves en difficulté », écrit la CCW dans un communiqué. « Elles invitent les jeunes, leurs parents, les enseignants et les éducateurs à changer leur regard sur les métiers de la construction et à envisager une carrière dans le secteur comme un choix positif qui peut garantir un avenir professionnel sûr et durable. »

Quel parent n’a pas éprouvé un moment de gêne quand, lors d’un dîner entre amis, il doit énoncer la nature des études entreprises par le fiston. Maçon, électricien, plombier ? Subitement, le ton se veut moins franc surtout quand, à l’autre bout de la table, un autre parent annonce que sa progéniture a entamé des études d’avocat ou de médecin…

Des métiers plus intéressants

Plusieurs milliers d’emplois liés à la construction attendent les jeunes. La transition énergétique et le développement durable sont devenus des réalités qui transforment, et continueront de le faire, ces métiers au point de les rendre beaucoup plus complexes et intéressants qu’autrefois. « Les entreprises de construction wallonnes souhaitent recruter prioritairement des jeunes de la région », poursuit la CCW. « Pourtant, on constate que, malgré cette conjoncture positive, les jeunes délaissent les filières de formation qui mènent aux métiers de la construction, influencés par une image négative qui colle à ces professions essentielles à l’économie wallonne, au fonctionnement de la société elle-même, sans oublier le combat climatique ! »

De 7.889 en 2012, le nombre d’élèves inscrits dans une section construction de l’enseignement en Wallonie est passé à 6.728 en 2018 et tout indique que ce chiffre baissera encore dans les mois à venir. Or, le Bureau fédéral du Plan prévoit la création de plus de 6.000 emplois dans le secteur d’ici à 2024. La Confédération Construction wallonne avance même le chiffre de 12.000 à 15.000 emplois supplémentaires si tous les plans actuellement sur la table se confirment.

Le secteur est d’autant plus intéressant qu’il est livré à une profonde mutation. Aujourd’hui, construire c’est toujours savoir manier la pelle et la truelle, mais c’est aussi utiliser les outils technologiques qui ont fait leur apparition sur les chantiers comme les drones, les ordinateurs ou les tablettes. Les matériaux ont eux aussi changé et respectent davantage l’environnement. Pareil pour les techniques de mise en œuvre. Bref, la construction s’est ouverte à des perspectives que personne n’aurait même imaginées il y a vingt ou trente ans. Cela vaut donc la peine de pousser les portes d’une école professionnelle pour en savoir davantage avant de se faire une opinion.

Nous donnons ci-contre une liste des offres d’emploi qui étaient ouvertes entre janvier et fin mai 2019 auprès du Forem et des partenaires à l’embauche privés. Intéressante à plus d’un titre.

A ce sujet, les lieux et les formules d’apprentissage sont nombreux : écoles techniques et professionnelles, les Cefa (Centres d’éducation et de formation en alternance), les centres de compétence Construform, les centres de formation du Forem ou de l’Ifapme. Opter pour un métier lié à la construction, c’est privilégier les cours sur le terrain, au sein même d’une entreprise aux côtés d’ouvriers aguerris qui n’ont qu’un seul objectif : transmettre leur savoir à la jeune génération qui pourra apprendre dès l’âge de 15 ans. C’est aussi, il faut le savoir, privilégier le travail en plein air, mais aussi en intérieur dans le cas d’une rénovation, et non assis derrière un bureau. Cela devrait en faire réfléchir plus d’un…

Autre facteur à ne pas négliger : si un architecte éprouvera logiquement de la fierté à voir un bâtiment qu’il a dessiné sortir de terre, l’ouvrier, lui, l’aura construit de ses propres mains, ce qui décuplera le sentiment de bien-être. Et c’est pareil pour une construction neuve ou pour une rénovation.

Aujourd’hui, on recense 5.000 postes vacants dans la construction en Wallonie. Ouvriers, indépendants ou employés : tous les statuts sont dans la nature. Que les vacances puissent permettre à certains d’y voir plus clair…

Les emplois manquants en Wallonie

Assistant(e) des travaux publics et du gros œuvre : 4.076.

Ouvrier(ère) en maçonnerie : 3.977.

Installateur(trice) d’équipements sanitaires et thermiques : 3.076.

Couvreur(se) : 2.647.

Electricien(ne) du bâtiment et des travaux publics : 2.305.

Ouvrier(ère) des travaux publics : 1.563.

Dessinateur(trice) du BTP (bâtiment et travaux publics) : 1.225.

Chef(fe) de chantier du BTP : 1.043.

Conducteur(trice) d’engins de levage : 672.

Peintre en bâtiment : 616.

Chargé(e) d’études techniques du BTP : 515.

Conducteur(trice) d’engins de chantier du BTP, du génie civil et de l’exploitation des carrières : 496.

Poseur(se) de revêtements rigides : 484.

Monteur(se) en structures métalliques : 423.

Ouvrier(ère) du béton : 391.

Architecte du BTP : 316.

Poseur(se) de fermetures menuisées : 262.

Conducteur(trice) de travaux du BTP : 192.

Monteur(se) en structures bois : 98.

Monteur(se) d’ouvrages en bois et matériaux associés (production de série) : 80.

Monteur/monteuse plaquiste en agencements : 71.

Géomètre : 67.

Conducteur(trice) de machine de fabrication des industries de l’ameublement et du bois : 50.

Façonneur(euse) bois et matériaux associés : 50.

Ouvrier(ère) de l’étanchéité et de l’isolation : 46.

Poseur(se) de revêtements souples : 23.

Ouvrier(ère) de l’extraction solide (minerai, minéraux…) : 19.

Opérateur(trice) de sciage débit : 17.

Chargé(e) d’études techniques du sous-sol : 11.

Total :

27.811.

(Offres ouvertes entre janvier et fin mai 2019).

 
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