Cofinimmo, une maison qui est loin d’être de tout repos…

La maison De Gerstiens, à Erembodegem, fait partie des 15 sites acquis par Cofinimmo.
La maison De Gerstiens, à Erembodegem, fait partie des 15 sites acquis par Cofinimmo. - D.R.

La plus grosse transaction immobilière de l’année en Belgique et la plus grosse transaction en immobilier de santé de ces dix dernières années. » C’est en ces termes que Gunther De Backer, responsable de la communication chez Cofinimmo, commente la transaction réalisée la semaine dernière par la SIR (Société immobilière réglementée) : 15 maisons de repos et de soins ajoutées au portefeuille belge pour un investissement chiffré à 300 millions d’euros. « Mais il ne s’agit pas de la plus grande transaction réalisée par Cofinimmo qui, par le passé, avait déjà racheté le portefeuille d’AB Inbev pour 420 millions d’euros », précise notre interlocuteur.

Chez Cofinimmo, on précise que l’opération s’est faite d’une part via l’apport en nature des actions d’une société détentrice de sept immeubles et, d’autre part, via l’apport en nature des huit autres immeubles. Les apports en nature se sont élevés à 270,4 millions d’euros et 2,6 millions de nouvelles actions ordinaires ont été émises. Ces opérations représentent un renforcement de l’ordre de 270 millions d’euros des capitaux propres de Cofinimmo.

A la barre de la SIR depuis un an, le CEO Jean-Pierre Hanin ne peut que se réjouir du coup de tonnerre qu’il a fait résonner dans le ciel de l’immobilier belge. L’opération a été bouclée en à peine trois mois. « Elle démontre que nous surveillons étroitement notre premier marché domestique, en parallèle à notre développement géographique des dernières années », déclare-t-il. « Finalement, nous réalisons un renforcement de 270 millions d’euros de nos capitaux propres qui pourront être utilisés pour financer d’autres investissements. »

Les sites acquis représentent une superficie hors sol de 100.000 m2 et ont une capacité de 1.576 unités, dont 1.480 destinées à des personnes âgées très dépendantes et 96 unités prévues pour des personnes âgées qui souhaitent vivre de façon autonome en faisant appel à des soins et services sur demande. Autre fait à signaler : les quinze sites sont répartis dans les trois Régions du pays.

Cette acquisition choc s’inscrit dans la lignée de la stratégie mise en place par le nouveau CEO, qui est d’investir davantage sur le long terme afin d’offrir une plus grande stabilité aux actionnaires. Tandis que dans le domaine des bureaux, les baux sont d’une durée de 4 et 6 ans, ceux signés avec les maisons de repos sont de 27 ans. Mais il y a également une autre raison. « Si notre portefeuille en soins de santé dépasse les 60 %, la taxation de notre précompte mobilier baissera à 15 % », note Gunther De Backer. « Pour l’instant, nous en sommes à 54 %, nous devons encore acheter un peu… »

Depuis l’arrivée de Jean-Pierre Hanin, Cofinimmo ne connaît pas de répit. En 2018, la SIR a acheté pour plus de 300 millions d’euros, une somme déjà atteinte cette année… en juin. « Il est clair que le CEO met le turbo sur la croissance de la société », sourit Gunther De Backer. « Tandis que notre portefeuille d’immeubles de placement dépasse aujourd’hui le cap des 4 milliards d’euros, notre taux d’endettement est descendu à 41 %. Et quand vous saurez qu’une SIR peut s’endetter jusqu’à un maximum de 65 %, vous comprendrez que nous avons encore à notre disposition beaucoup de munitions pour réaliser d’autres opérations… »

Le portefeuille de Cofinimmo comprend désormais 54 % en immobilier de santé et environ 67 % en Belgique. « Nous allons continuer à investir dans l’immobilier de santé, mais pas qu’en Belgique », conclut Gunther De Backer. « Nous sommes déjà présents en France, Allemagne et aux Pays-Bas, mais d’autres pays européens sont dans le radar. »

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Aux éditions Weyrich, Hugues Wenkin et Christian Dujardin réexpliquent l’importance du front nord dans l’issue de la bataille des Ardennes. © Dominique Duchesnes.

    75 ans de la bataille des Ardennes: pourquoi ce fut aussi la bataille des ponts

  2. Les avocats d’Albert II, Me Alain Berenboom et Me Guy Hiernaux

    L’avocat d’Albert II sort du silence: «Il n’a jamais considéré Delphine comme sa fille»

  3. Les racines de Pierre Wynants sont place Rouppe, où la prodigieuse cave compte pas moins de 25.000 bouteilles. Son petit-fils Loïc y travaille en salle et comme sommelier.

    Les racines élémentaires de Pierre Wynants: «J’ai été viré de l’école, ça a été ma chance»

La chronique
  • Champagne ou Kidibul?

    Chez Elio D., on se frotte les mains. Le fils prodige a jeté l’éponge. C’est pas demain la veille qu’on effacera des tablettes le joli nom du dernier premier ministre socialiste wallon. Le dernier et peut-être l’ultime comme le lui a promis Père Noël – dont les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

    Chez Paul M., on débouche aussi le Kidibul. Pendant un mois de mission royale, le fiston a prouvé, à défaut de mettre sur pied un gouvernement, qu’il était désormais le seul chef rouge et même qu’il occupait tout l’espace francophone.

    Rue de Naples, avec l’arrivée du fils prodigue, on se prépare à tuer le veau gras. Grâce à lui, les Bleus ont retrouvé leurs couleurs. Président, informateur, tout s’emballe. Dans la foulée, il a déjà promis au roi de glisser sous son sapin, un gouvernement pesé, emballé (cadeau) et ficelé. Georges L.B. en sera à la fois le Premier, comme son papa Charles M., et le vice-Premier et ministre des Affaires étrangères, comme son oncle Didier....

    Lire la suite

  • Le roi, l’enfant et la justice

    A l’entame de la procédure, lorsqu’en 2013 Delphine Boël saisit les tribunaux pour contester la paternité de Jacques Boël et se faire reconnaître fille d’Albert II, d’aucuns se sont interrogés sur l’indépendance de la Justice dans pareil contexte : un ex-Roi traîné devant les juges pour se voir contraint de reconnaître l’existence d’une fille naturelle présumée. Lesdits juges oseraient-ils tenir tête à ce roi venant d’abdiquer, le forcer à réaliser un test...

    Lire la suite