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54 migrants secourus en Méditerranée, Salvini n’en veut pas en Italie

L’ONG italienne qui a secouru les migrants refusent de les renvoyer en Libye.

Temps de lecture: 3 min

Le collectif italien de gauche Mediterranea a annoncé jeudi avoir secouru 54 migrants sur un voilier au large de la Libye.

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, s’est immédiatement opposé à leur débarquement en Italie, ouvrant la voie à une nouvelle crise après celle du Sea-Watch 3 à bord duquel une quarantaine de migrants sont récemment restés bloqués plus de deux semaines.

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Les migrants récupérés par Mediterranea, partis de Libye à bord d’un canot pneumatique, avaient appelé le numéro d’urgence du réseau allemand Alarm Phone, qui a signalé leur position à l’Alex, un voilier de 18 mètres affrété par l’ONG italienne.

Contactés par le voilier, les garde-côtes italiens ont annoncé qu’une vedette libyenne allait les secourir, a raconté Mediterranea sur les réseaux sociaux.

Mais le voilier est arrivé en premier : « Les 54 naufragés ont été sauvés et se trouvent maintenant à bord de l’Alex. Parmi eux, 11 femmes (dont trois enceintes) et quatre enfants. La vedette libyenne est arrivée tard, elle nous a d’abord ordonné de nous arrêter puis s’est éloignée ».

« Nous sommes heureux d’avoir arraché 54 vies humaines à l’enfer libyen », a ajouté ce collectif d’organisations et d’élus de gauche et d’extrême gauche, après qu’un bombardement aérien a fait des dizaines de morts mercredi dans un centre de rétention de migrants près de Tripoli.

« Mieux vaut 10 années ici qu’une seconde en Libye »

M. Salvini a pour sa part relevé que ces migrants avaient été secourus dans les eaux dépendant de la Libye, « des dizaines de milles nautiques plus près de la Tunisie que de (l’île italienne de) Lampedusa ».

« Si cette ONG tient vraiment à la sécurité des immigrés, qu’elle fasse route vers le port le plus proche, sinon qu’elle sache que nous activerons toutes les procédures pour éviter que le trafic d’êtres humains n’atteigne l’Italie », a insisté le ministre.

Les ONG refusent de raccompagner les migrants en Libye, où ils sont placés en détention et risquent de subir de nouvelles violations de leurs droits, voire des tortures, mais aussi de les débarquer en Tunisie.

Les autorités tunisiennes ont récemment bloqué plusieurs semaines des navires commerciaux ayant secouru des migrants, qui n’ont accepté leur débarquement qu’à condition qu’ils repartent vers leur pays d’origine, sans réelle possibilité de demander l’asile.

En invalidant mardi soir l’arrestation de Carola Rackete, la capitaine du Sea-Watch qui a accosté de force à Lampedusa, une juge italienne a estimé que la Libye et la Tunisie n’étaient pas des pays sûrs.

Selon une journaliste du journal La Repubblica à bord de l’Alex, les hommes ont été installés à l’avant du voilier, les femmes et les enfants à l’arrière. « Ce n’est pas pénible. Mieux vaut 10 années ici qu’une seconde en Libye », a déclaré l’un d’eux.

 

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10 Commentaires

  • Posté par Carré Albin, jeudi 4 juillet 2019, 23:13

    Une idée à creuser, renvoyer en Italie tous les italiens qui ont envahis le monde... Pas certain qu'il y ait assez de place dans ce pays tellement formidable que des dizaines de millions de ses citoyens l'ont quitté!

  • Posté par delpierre bernard, vendredi 5 juillet 2019, 15:14

    Le terme " envahir" me paraît plus approprié aux immigrés d'Afrique sub-saharienne qu'aux différentes vagues de migrations italiennes qui répondaient aussi à des besoins de main-d'œuvre dans les pays d'accueil... alors que les économies occidentales aujourd'hui déjà touchées par un chômage structurel significatif n'ont que faire de gens sous-qualifiés au regard des exigences du numérique .Aux USA, ils devaient en outre passer le contrôle d'Ellis Eiland et en Europe accepter de travailler dans les secteurs industriels gourmands de main d'œuvre et dans le cadre d'un contingentement sévère.. Dès lors, vous devriez appliquer le terme "invasion" à la situation actuelle plutôt qu'aux époques de l'histoire où l'envie de travailler était le véritable leitmotiv des arrivants..

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