Herman Van Rompuy au «Soir»: «C’est petit de ne pas avoir félicité Charles Michel pour son poste au Conseil européen»

C’est depuis Le Coq où il séjourne avec ses petits-enfants qu’Herman Van Rompuy nous a reçus.
C’est depuis Le Coq où il séjourne avec ses petits-enfants qu’Herman Van Rompuy nous a reçus. - Roger Milutin

Charles Michel sera le prochain président du Conseil européen, l’institution qui regroupe les chefs d’État ou de gouvernement des 28 États Membres. Une fonction qu’il cumulera, comme son prédécesseur le polonais Donald Tusk, avec la présidence du sommet de la zone euro. À cette occasion, Le Soir a rencontré Herman Van Rompuy, qui fut le premier président du Conseil européen. À 71 ans, l’ex-Premier ministre belge (CD&V) suit toujours de très près les affaires européennes.

Qu’est-ce que cela rapporte à la Belgique d’avoir un Belge à ce niveau ?

Il y a une certaine fierté nationale, je ne sais pas si c’est le cas pour Charles Michel comme ce le fut avec moi.

Les partis francophones ne l’ont guère félicité…

C’est « kleintje », un peu petit, cela manque de hauteur. Même en Flandre, le fait que ce soit un Belge est très bien accepté. Je reçois beaucoup de réactions : « Tu as un successeur, on est fiers ». Il y a toujours des pisse-vinaigre mais cette nomination belge a une valeur ajoutée immatérielle : « Un des nôtres a une fonction européenne importante, il fréquente les grands de ce monde ». Les gens m’ont vu avec Obama, Poutine : même si moi je relativise beaucoup, la population le fait moins.

Charles Michel est l’homme d’Emmanuel Macron, sa « marionnette » ?

On dit toujours ça ! Moi, j’avais le Merkozy, souvenez-vous, j’étais une « puppet on the string » (un pantin au bout d’une corde). Mais aujourd’hui, plus personne ne dit que j’étais manipulé par les Français et les Allemands, au contraire. On doit toujours sa nomination à quelqu’un, dans mon cas c’était surtout au président Sarkozy qui a pris l’initiative et convaincu Merkel, même s’il ne fallait pas beaucoup d’arguments. Guy Verhofstadt était lui soutenu par Chirac et Schroeder. On est toujours soutenu par quelqu’un. Et donc, pour Charles Michel il se peut que dans la famille libérale étendue, il a eu davantage de contacts avec le président Macron qui l’a soutenu. Mais ce n’est pas un contre-argument, au contraire. Par contre le fait qu’on parle français est toujours un argument pour les Français, je l’ai découvert avec Sarkozy.

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