Un chercheur congolais se réfugie en France, il ferait de l’ombre à une entreprise pharmaceutique

Photo d’illustration (hôpital paludisme)
Photo d’illustration (hôpital paludisme) - Alexandre Dupeyron

Un chercheur congolais a obtenu un visa qui lui permet de demander l’asile en France après avoir quitté la République Démocratique Du Congo où il s’estime inquiété en raison de ses travaux sur un traitement alternatif du paludisme.

Médecin-chercheur, Jérôme Munyangi, 35 ans, avait défendu les bienfaits de la plante artemisia prise en tisane dans un documentaire diffusé en janvier sur la chaîne France 24 sous le titre : « Malaria business : les laboratoires contre la médecine naturelle ? »

Le chercheur est arrivé en région parisienne le 18 juin via la Centrafrique, a-t-il expliqué. Il affirme avoir quitté en mars dernier la République Démocratique Du Congo, après avoir été détenu à deux reprises dans la capitale, Kinshasa.

« J’ai été fouetté, frappé avec des crosses de fusils par mes gardiens et mes avocats ont été chassés par la force », raconte-t-il à l’AFP au sujet de sa première détention. Les deux arrestations sont mentionnées par son avocat dans un courrier daté du 21 mars à la « Maison de l’artemisia France », concluant : « Il n’est pas en sécurité en République démocratique du Congo ».

Des chiens dressés à renifler le paludisme

Contacté par l’AFP, cet avocat, Patrick Kitembo, déclare que le motif des arrestations serait un litige autour d’un contrat entre le chercheur et un dépôt d’une entreprise pharmaceutique. « Le contrat en question n’existe pas. Le seul objectif était de déstabiliser le Dr Munyangi et ses recherches sur des traitements alternatifs au paludisme », ajoute l’avocat.

Dans le documentaire Malaria business, le chercheur affirme qu’une étude sur 1.000 patients avait prouvé que les tisanes d’artemisia étaient plus efficaces que les médicaments conventionnels contre le paludisme, les ACT, recommandés par l’OMS(acronyme anglais : combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine).

« C’est là que les ennuis commencent avec la médecine conventionnelle », a-t-il dit. « Les patients n’achètent plus les ACT. Nous devenons de plus en plus gênants ».

L’OMS a voté dès 2007 une résolution « qui appelle à un retrait progressif des monothérapies à base d’artémisinine par voie orale des marchés ». Le paludisme a tué 435.000 personnes dont 93 % en Afrique, estime l’OMS pour 2017.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Avec 44,6
% des voix, Georges-Louis Bouchez devance nettement Denis Ducarme, 25,1
%. Mais un duel les attend désormais.

    Présidence du MR: Bouchez a convaincu le sommet, pas assez la base

  2. j-accuse.20191101014130 (1)

    Jean Dujardin au «Soir»: «C’est très français, la xénophobie»

  3. Origi et Praet jouent peu avec les Diables rouges. Ils pourraient profiter des deux matchs à venir pour accumuler un peu de temps de jeu.

    Plusieurs Diables rouges lancent leur sprint final pour l’Euro

La chronique
  • La radicalité ordinaire, on commence à s’y habituer au lieu de s’en étonner

    Dans mes dernières chroniques, j’ai évoqué à plusieurs reprises une montée en puissance des revendications citoyennes dans le champ politique. Elle se traduit notamment par des bras de fer avec le pouvoir, par des tentatives de faire plier les autorités, de les contraindre à abandonner un projet ou une décision ou, à l’inverse, de les forcer à légiférer dans un sens précis, à exécuter un ordre venu de la rue ou d’un collectif de citoyens.

    Les stratégies utilisées pour atteindre de tels objectifs sont multiples, et plus ou moins légales selon les cas ; les sujets concernés sont infiniment variés ; les citoyens impliqués, enfin, s’organisent de différentes manières, plus ou moins structurées, plus ou moins dépendantes des réseaux sociaux. Mais ce qui frappe, surtout dans un pays habitué à voir la société civile s’exprimer, c’est la radicalité accrue de nombreuses revendications, la jeunesse, souvent, de celles et ceux qui les portent, et la détermination avec laquelle les citoyens tentent d’obtenir gain...

    Lire la suite

  • Augmenter le salaire minimum, en se montrant visionnaire

    Travailler, juste pour survivre. C’est ce que dénoncent les défenseurs d’une hausse du salaire minimum. Et à la lecture des portraits que nous publions ce matin, on peut difficilement leur donner tort. Les salariés dont la rémunération se situe au niveau du plancher interprofessionnel, ainsi que tous ceux dont le revenu mensuel s’en approche, vivent une existence où le début du mois est un répit et où les maigres marges précieusement épargnées servent à prévenir le prochain coup dur, la prochaine grosse facture. C’est un salaire de la peur...

    Lire la suite