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La philosophe Sylviane Agacinski au «Soir»: «Prétendre que notre corps est un bien, c’est dire qu’il peut avoir une valeur marchande»

Pour la philosophe Sylviane Agacinski, demander à une femme d’accoucher d’un enfant un tiers, c’est la réduire à un rôle d’incubateur. Et rien ne peut justifier un tel asservissement.

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Chef du service Forum Temps de lecture: 6 min

L’homme moderne veut dominer la nature et changer sa nature. S’affranchir de la chair et surmonter son état de « mammifère sous-développé ». D’acun-e-s rêvent même, progrès scientifiques aidants, de produire leur descendance en laboratoire…

Tout cela inquiète la philosophe française Sylviane Agacinski qui, depuis de nombreuses années, travaille sur les questions de genre et la bioéthique. Dans L’homme désincarné, qu’elle vient de faire publier dans la petite collection Tracts, chez Gallimard, elle nous invite à réfléchir sur ce qu’elle tient pour une dérive de l’ultralibéralisme.

Vous exprimez votre crainte que le corps ne devienne un produit, un bien qui nous appartiendrait en propre et dont on ferait ce que l’on veut, que l’on pourrait par exemple offrir ou vendre… Qu’est-ce qui alimente cette crainte ?

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6 Commentaires

  • Posté par Nemry Bernard, samedi 13 juillet 2019, 9:22

    C'est un sujet grave qui devrait être tranché par une instance extérieure à notre espèce, ou à défaut, par un consensus de femmes de toutes cultures et obédiences... Je voudrais me contenter d'une légère digression. L'article commence par "L'homme moderne...". L'usage de ce terme "homme" - avec parfois une majuscule - pour désigner les hommes et les femmes, ou encore les adultes et les enfants, n'est-il pas dérangeant ? Il tronque souvent les raisonnements. A l'heure de l'anthropocène, il conviendrait de lui substituer quelque chose comme l'anthropique ou l'anthrique, ou que sais-je... Quelque chose dont l'origine grecque désigne bien l'espèce et non le genre, dont l'orthographe est asexuée, et qui s'accommode aussi bien de l'article masculin que féminin (le moustique, la robotique, ...), article d'ailleurs éludé par l'apostrophe. De plus, à propos de robotique et d'intelligence artificielle, l'être humain ne se limite plus à sa chair. Les desseins qui l'animent plus ou moins inconsciemment pour dépasser les frontières de "sa" planète et pour survivre aux prochaines pénuries le forcent à revoir sa simple condition organique. Mais concrètement, qu'est-ce que l'être humain ? Un certain nombre d'élus, de privilégiés au service desquels oeuvrent le plus grand nombre, d'une manière ou d'une autre... Pour revenir à l'article en question, il se termine par : "... une convention qui prévoit l’abandon de l’enfant par sa mère de naissance, contre une rémunération, fait de lui aussi une marchandise ..." Pas forcément : on peut payer un service sans payer l'obtention d'un bien.

  • Posté par Vynckier Albert, mercredi 17 juillet 2019, 19:21

    n'est pas née

  • Posté par Vynckier Albert, mercredi 17 juillet 2019, 19:20

    "C'est un sujet grave qui devrait être tranché par une instance extérieure à notre espèce" c'est ce que le concept de dieu tente de faire. il est impossible de se sortir de l'eau en tirant sur ses cheveux. on peut encore questionner l'inconscient qui est une formidable trouvaille mais tout comme le moi, où se trouve l'inconscient dans le cerveau, ou chez les autres. l'idée de l'inconscient n'est pas né en observant les primates il me semble...

  • Posté par Barbieux Jean-marie , vendredi 12 juillet 2019, 15:30

    Joëlle Meskens a raison de dire que l'affaire Lambert n'aurait jamais dû sortir du cadre intime. Comme la PMA et le mariage pour tous, ces sujets ne relèvent que des personnes concernées. Mais je ne suis pas d'accord avec votre journaliste quand elle dit que la France ferait bien de suivre l'opinion publique. L'euthanasie est un problème de personnes, pas de société. Au cours des siècles, l'opinion publique a fait brûler de prétendues sorcières, elle a aussi fait lyncher pas mal d'innocents. Et fin des années 30 en Allemagne, elle plébiscitait le nazisme.On a vu ce que cela a donné.

  • Posté par De Bilde Jacques, mardi 9 juillet 2019, 6:33

    Il faut dépassionner le débat sur ce genre de question et revenir aux fondamentaux. Ce que fait S. Agacinski en disant : "Et c’est pourquoi la procréation est bisexuée et que, jusqu’ici, la filiation a toujours tenu compte de l’asymétrie père/mère".

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