Enseignement: les QCM traditionnels remis en cause

Les QCM sont utilisés pour des examens d’entrée, mais sont également employés largement tout au long du cursus universitaire.
Les QCM sont utilisés pour des examens d’entrée, mais sont également employés largement tout au long du cursus universitaire. - D.R

L e Soir révélait lundi dernier l’existence d’une différence majeure entre garçons et filles dans la réussite de l’examen d’entrée en médecine. Ce constat ne surprend pas Jean-Marc Braibant (UCLouvain), spécialiste de l’étude des évaluations. Il souligne les nombreux défauts des questionnaires à choix multiples (QCM) flanqués de points négatifs (les bonnes réponses pénalisées par les mauvaises). Ceux-ci sont utilisés pour des examens d’entrée, mais sont également employés largement tout au long du cursus universitaire. Le spécialiste explique que cette « pénalisation des mauvaises réponses amène une image erronée du niveau de maîtrise des étudiants. Alors que les résultats sont a priori catastrophiques, une simple neutralisation des points négatifs aboutit au fait que plus de la moitié des candidats semble bel et bien posséder les prérequis nécessaires ».

Il précise : « A partir du moment où on use de pénalités, on introduit une variable qui n’a plus rien à voir avec le niveau de connaissance parce que les étudiants sont obligés de faire des calculs, d’imaginer des stratégies pour estimer leur degré de certitude. Ils sont dans le calcul de risques, dans la théorie des jeux… qui n’ont plus rien à voir avec leur niveau en langues, en économie ou en sciences… Avec des QCM à points négatifs, on teste en fait des variables personnelles liées à l’estime de soi, à la confiance, à la gestion du stress… ».

C’est ici qu’intervient le biais de genre : « La littérature scientifique est formelle sur ce sujet : les garçons seront, en moyenne, plus à l’aise dans ces situations par rapport aux filles. En fait, les garçons prennent plus de risques et, potentiellement, ils améliorent leur score. »

Pour Jean-Marc Braibant, « on a suffisamment d’arguments » pour interdire ces d’épreuves qui « introduisent une sévérité abusive ». Et il souligne qu’« en Flandre, la KUL et l’université de Gand sont tellement convaincues qu’il y a un souci avec ces évaluations qu’elles les ont bannies de leurs facultés ».

Retrouvez l’entretien du docimologue Jean-Marc Braibant sur Le Soir+

 
 
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