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«Vous avez eu le prix Nobel?», Trump rencontre la Yazidie Nadia Murad

Le milliardaire républicain a aussi semblé ne pas maîtriser le sujet quand la jeune femme lui a demandé de presser les gouvernements irakien et kurde de créer les conditions nécessaires au retour des Yazidis chez eux.

Temps de lecture: 3 min

Venue plaider la cause des Yazidis d’Irak auprès du maître de la Maison Blanche, le prix Nobel de la paix 2018 Nadia Murad s’est rendu compte mercredi à Washington que Donald Trump ne la connaissait pas vraiment, pas plus que son histoire ou celle de son peuple.

Nadia Murad, qui a fait partie des milliers de femmes et de petites filles yazidies enlevées et réduites à l’esclavage par le groupe Etat islamique (EI) lorsqu’il s’est emparé de pans entiers de l’Irak en 2014, se trouvait dans le Bureau ovale avec un groupe de personnes ayant survécu à la persécution religieuse, venues rencontrer M. Trump en marge d’une grande rencontre au département d’Etat.

Alors que Nadia Murad racontait comment sa mère et ses six frères avaient été tués et précisait que 3.000 Yazidis restaient portés disparus, le président américain lui a dit : « Et vous avez eu le prix Nobel ? C’est incroyable. Ils vous l’ont donné pour quelle raison ? »

Après une courte pause, Nadia Murad, qui partage son Nobel avec le Congolais Denis Mukwege, a répété son histoire.

« Après tout ce qui m’est arrivé, je n’ai pas baissé les bras. Je dis clairement à tout le monde que l’EI a violé des milliers de femmes yazidies », a-t-elle affirmé. « S’il vous plaît, faites quelque chose. Ça ne concerne pas qu’une seule famille », a-t-elle dit à l’adresse du président américain.

La Yazidie Nadia Murad, prix Nobel de la paix, veut que les djihadistes soient jugés pour leurs exactions

Le milliardaire républicain a aussi semblé ne pas maîtriser le sujet quand la jeune femme lui a demandé de presser les gouvernements irakien et kurde de créer les conditions nécessaires au retour des Yazidis chez eux.

« Mais l’EI est parti et maintenant c’est les Kurdes et qui ? » a demandé M. Trump.

Avant de lui dire un peu plus tard : « Je connais très bien la région ».

Le président américain ne semblait pas non plus familier des questions liées aux Rohingyas lorsqu’il a rencontré, à la même occasion, un représentant de cette minorité musulmane visée par une répression meurtrière il y a deux ans en Birmanie, assimilée par des enquêteurs de l’ONU à un « génocide ».

Pourtant, la veille, son administration avait annoncé des sanctions à l’encontre du chef de l’armée et de trois autres responsables militaires birmans pour le « nettoyage ethnique » des Rohingyas.

Le gouvernement de Trump parle souvent de la nécessité de promouvoir la liberté religieuse, une affaire cruciale pour beaucoup au sein de ses partisans chrétiens évangéliques.

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16 Commentaires

  • Posté par Rihoux Jean-pierre, jeudi 18 juillet 2019, 10:16

    Cela crève les yeux que D Trump présente deux caractéristiques majeures : une énorme ignorance et un égo surdimensionné. Pareilles caractéristiques sont fréquentes chez des soi-disant grands de ce monde qui ont été à l'origine de nombreux drames humains dans l'histoire. Voir à ce propos l'ouvrage écrit par l'historienne américaine Barbara Tuchman ( de la guerre de Troie à la guerre du Vietnam ). Le tout est de savoir pourquoi il existe un électorat significatif pour ce genres de '' malades ''.

  • Posté par Alexandre Fabienne, jeudi 18 juillet 2019, 11:00

    Cet électorat existe pour ce genre de personnages pcq si ils sont ignorants en beaucoup de situations totalement inutiles de leur point de vue, par contre, ils sont de fins connaisseurs de la nature humaine et savent comment flatter l'égo d'une certaine catégorie de la population. Ils savent qu'en répondant (ou plutôt en promettant de répondre) aux demandes des mécontents avec des procédés à la limite parfois de l'indécence (cela ne les gêne pas du tout), ils gagneront les voix des personnes qui détestent l'ordre établi lorsqu'il va à l'encontre de leurs convictions, pour les USA, c'est surtout sur la xénophobie que Trump joue. En fait, il présente le charisme des gourous qui réussissent à asservir totalement leurs adeptes. Et l'énorme problème, c'est qu'il a tellement bien subjugué son électorat qu'il peut se permettre d'être de plus en plus outrancier sans que ses "fans" y trouvent à redire. On vient d'en avoir la preuve éclatante avec les propos racistes sur les 4 élues démocrates issues de minorités ethniques, propos qu'il continue à proférer, affirmant en même temps qu'il n'est pas raciste du tout. Le parti démocrate de la chambre des Représentants a mis au vote une motion visant à condamner ces propos racistes de Trump. Seuls 4 républicains ont voté pour, 6 (ou 10, je n'arrive pas à me rappeler lequel des 2 chiffres est exact) se sont abstenus et les 187 autres républicains ont voté contre cette motion. Cela signifie implicitement qu'ils cautionnent les propos racistes de Trump sans se soucier des dégâts qu'ils peuvent générer dans le climat délétère qui ne fait qu'empirer sous la présidence de Trump.

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