Migrants en Méditerranée: nouvel échec des 28 à trouver un mécanisme de solidarité

Migrants en Méditerranée: nouvel échec des 28 à trouver un mécanisme de solidarité

Alors que la capitaine du Sea-Watch 3 Carola Rackete comparaissait devant la justice en Italie, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, réunis ce jeudi en Finlande, ont échoué à s’accorder sur un mécanisme temporaire de solidarité pour le débarquement des migrants sauvés en mer, a indiqué le ministre français Christophe Castaner.

Les efforts se poursuivent toutefois, a-t-il ajouté: la problématique fera l’objet d’une réunion des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur à Paris lundi prochain, avec pour objectif d’impliquer une quinzaine de pays dans un mécanisme plus prévisible et efficace que les solutions d’urgence dégagées actuellement au cas par cas.

Mais pour le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, ce n’est que début septembre qu’un arrangement pourra être décidé, lors d’une réunion spéciale de l’UE à Malte. Il s’est dit «assez confiant» pour y arriver.

La discussion avait débuté mercredi soir lors d’un dîner informel organisé par la présidence finlandaise du conseil de l’UE et a laissé voir «des opinions très différentes», selon le ministre français. Certains pays refusent tout bonnement d’accueillir des migrants tandis que d’autres en appellent à la solidarité. Beaucoup disent leurs craintes qu’un mécanisme temporaire ne soit vu comme une incitation à prendre la mer, a exposé le ministre français.

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, est resté sur ses positions hostiles à l’accueil de navires, interdits de débarquer après avoir secouru des migrants en Méditerranée centrale.

>En 2018, 2.262 migrants sont morts en mer Méditerranée

« Coalition de volontaires »

Sous l’impulsion de Paris et Berlin, il s’agissait de tenter de lancer une «coalition de volontaires» qui s’engageraient à se répartir systématiquement l’accueil des personnes secourues, sans avoir à engager de pénibles négociations après chaque sauvetage.

L’absence de «partage du fardeau» de l’accueil est l’un des principaux arguments de Rome pour justifier la fermeture de ses ports aux navires secourant des migrants. En promettant d’emblée une répartition, l’objectif était de mettre fin aux bras de fer à répétition, notamment avec l’Italie, et d’éviter un drame humanitaire cet été.

La proposition débattue à Helsinki visait à «mettre en place un mécanisme de solidarité temporaire plus prévisible et plus efficace pour assurer le débarquement rapide et digne des migrants secourus en mer par des navires privés dans le port sûr le plus proche».

Le mécanisme proposé, qui fonctionnerait «jusqu’en octobre 2019», prévoit de répartir «aussi vite que possible» les personnes demandant l’asile dans les pays faisant partie de la «coalition de volontaires».

Mais l’Italie et Malte rejettent l’idée que les pays de première arrivée gardent une responsabilité primordiale dans la prise en charge. Ils craignent aussi que seuls les migrants reconnus comme demandeurs d’asile soient redistribués vers les autres pays participant au mécanisme, leur abandonnant la charge de ceux qui n’ont pas été reconnus.

Feu vert de Malte et l’Italie

Ces dernières semaines, «on note une accélération des traversées, peut-être parce que les gardes-côtes libyens sont moins actifs», a relevé une source européenne, estimant qu’il fallait à tout prix trouver une solution pour éviter un drame humanitaire.

Cette source soulignait que deux conditions restaient à remplir pour que le «mécanisme de solidarité» se concrétise: réunir suffisamment de pays volontaires et obtenir en contrepartie le feu vert de l’Italie et de Malte pour qu’ils ouvrent leurs ports.

Les chiffres d’arrivées sur les côtes européennes n’ont plus rien à voir avec ceux observés lors en 2015, mais les crispations entre Européens n’ont pas disparu. Les pays de l’UE n’ont en effet pas su profiter de l’accalmie pour réformer leur système d’asile commun à bout de souffle.

Leurs profondes divisions sur le partage de l’accueil ont en effet rendu impossible la réforme du Règlement Dublin, qui confie actuellement aux pays d’arrivée la charge du traitement des demandes d’asile.

 
 
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