Armes nucléaire à Kleine Brogel: Reynders maintient la position belge, ni confirmation, ni infirmation

Armes nucléaire à Kleine Brogel: Reynders maintient la position belge, ni confirmation, ni infirmation

Le ministre belge de la Défense, Didier Reynders, a maintenu jeudi en commission de la Chambre la position belge à propos de la présence d’armes nucléaire sur le territoire national: il ne confirme ni n’infirme l’information.

Un projet de rapport de l’assemblée parlementaire de l’OTAN, divulgué par les écologistes, fait état de la présence de bombes gravitationnelles B61 en Europe, notamment dans le Limbourg sur la base de Kleine Brogel.

«Je n’ai vu aucun document officiel de l’OTAN mais un projet de rapport sous la responsabilité d’un parlementaire d’un pays allié», a fait remarquer M. Reynders.

Le ministre a rappelé la position belge dans le domaine de l’arme nucléaire: la Belgique partage avec un grand nombre d’autres pays la vision d’un monde sans arme nucléaire mais il s’agit d’une «vision à long terme», qui implique notamment l’universalisation du traité de non-prolifération nucléaire.

En attendant, la Belgique continue à s’inscrire dans la stratégie de la dissuasion de l’OTAN «fondée sur la capacité conventionnelle et nucléaire».

«Dans ce cadre, la position belge a toujours été de ne confirmer, ni d’infirmer (la présence d’armes nucléaires). Je n’ai pas l’intention de proposer un changement de politique dans un gouvernement en affaires courantes, sans majorité parlementaire», a précisé M. Reynders.

Le ministre s’est toutefois montré ouvert à un débat parlementaire sur la question, en rappelant que la position belge avait été acceptée ces 20 dernières par un très large spectre politique, allant des libéraux aux écologistes en passant par les socialistes et les chrétiens-démocrates.

>Présence d’armes nucléaires en Belgique: «Ce n’est pas un document officiel de l’Otan», indique un responsable

« Manque de transparence »

La question de cette présence de bombes B61 est liée au débat sur le remplacement des F-16. Les chasseurs-bombardiers actuels de la Défense belge peuvent emporter ces bombes. Le F-35 américain, retenu par le gouvernement pour remplacer les F-16, ne dispose pas pour le moment de cette capacité mais devrait l’offrir à partir de 2025. Il reviendra au gouvernement fédéral de décider s’il veut équiper ses F-35 de cette capacité «au plus tôt sous cette législature», a indiqué M. Reynders.

Entretemps, puisque le F-35 ne peut aujourd’hui emporter de bombe nucléaire, ce critère n’a pas été pris en compte dans le choix de l’avion, a-t-il précisé.

Plusieurs députés ont déploré le manque de transparence du gouvernement. «Si un sénateur canadien (auteur du projet de rapport, ndlr) peut se permettre d’en parler ouvertement, pourquoi pas un ministre belge? « a regretté Simon Cogolati (Ecolo).

Les écologistes ont déposé une proposition de loi interdisant la présence d’un armement nucléaire américain en Belgique. «Aujourd’hui, comme parlementaires, nous prenons nos responsabilités», a ajouté le député.

Le PS veut quant à lui savoir quelle est la chaîne de commandement qui pourrait faire qu’un jour, un avion belge décollerait armé des bombes nucléaires américaines.

«Nous sommes liés à l’OTAN mais jusqu’à quel point? «, a demandé Christophe Lacroix.

 
 
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