Le Corales Resort, un morceau de Flandre à Tenerife

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La réception du « Corales Suites » donne d’emblée le ton : le moderne et le design sont partout à l’ordre du jour.
La réception du « Corales Suites » donne d’emblée le ton : le moderne et le design sont partout à l’ordre du jour. - D.R.

Sur la pointe sud de l’île de Tenerife, dans le quartier de La Caleta, le Royal Hideaway Corales Resort s’étire sur plusieurs centaines de mètres le long de l’Avenida de Guadalupe, face à la mer. Cet hôtel 5 étoiles Grand Luxe n’a pas attendu longtemps après son ouverture, en mars 2018, pour obtenir plusieurs récompenses, dont une liée à son architecture.

Œuvre de Leonardo Omar, un architecte originaire de Santa Cruz, le vaisseau présente une silhouette résolument moderne et design. Tout de blanc vêtu, il semble avoir été conçu pour attirer les rayons du soleil. C’est propre, c’est beau, c’est chic, rien à dire.

Une des caractéristiques de cette imposante bâtisse est qu’elle est divisée en deux parties. La première, intitulée « Corales Beach », est « adults only ». L’autre, le « Corales Suites », est destinée aux familles. Chaque partie possède sa propre piscine, ses restaurants et sa zone bien-être mais les clients de l’une peuvent profiter des facilités de l’autre, et vice versa.

Mais s’il est réellement imposant, au point qu’aucun photographe ne peut le capter sur une seule photo, le Corales Resort ne possède toutefois que 235 chambres, ou plutôt, pour la précision, 121 chambres (« Junior Suites ») dans la partie « Beach », et 114 appartements-suites, avec cuisine intégrée et salon, dans la partie « Suites ». En ce compris 21 villas-suites avec piscine privative.

Une partie de la décoration du Corales est belge, et parfois spécialement conçue pour l’occasion par le fabricant. Ici, le fauteuil lounge Prelude du duo de designers italiens Pocci&Dondoli.
Une partie de la décoration du Corales est belge, et parfois spécialement conçue pour l’occasion par le fabricant. Ici, le fauteuil lounge Prelude du duo de designers italiens Pocci&Dondoli. - D.R.

Des acheteurs belges…

Disponibles à l’achat, ces 235 unités ont toutes été acquises par des investisseurs, belges pour la plupart. Aujourd’hui, certains de ces biens se revendent à des prix démarrant à 550.000 euros (pour les junior-suites d’1 chambre) jusqu’à 850.000 euros (pour les appartements 2 chambres avec piscine). Pour les penthouses (le Corales en possède quelques-uns) et les villas, deux listes d’attente longues comme le bras décourageront les lecteurs intéressés. « Les propriétaires peuvent utiliser leur unité pour usage personnel pendant 30 jours par an pour les chambres, et 90 jours par an pour les appartements, à condition de réserver au moins six mois à l’avance. Mais le reste du temps, ils doivent en confier la gestion locative au groupe Barceló, le gestionnaire de la partie hôtelière, qui leur garantit un retour financier intéressant », explique à ce sujet Gunter Berger, le directeur de Reyes Property/Residencias, l’agence qui gère les intérêts des propriétaires auprès de l’hôtel.

Pour la précision, les propriétaires des appartements reçoivent chacun 2,5 % (net) de leur investissement par an et par unité ; les propriétaires des junior-suites recevront 3,5 %.

Originaire de Dendermonde, Gunter Berger, 44 ans, est installé à Tenerife depuis 16 ans. « Je suis un passionné de surf et pour ça, l’île est un spot idéal », sourit-il en laissant apparaître des dents aussi blanches et éclatantes que la façade du Corales. « L’investissement est très intéressant car Barceló prend soin des logements et assure, si nécessaire, les réparations. Bien sûr, les propriétaires devront s’acquitter de quelques frais annuels. »

Parmi ceux-ci, on note les taxes (entre 500 et 2.000 euros, en fonction de la taille de l’habitation), les poubelles (environ 200 euros), une assurance multi-risques ainsi que des fonds destinés à alimenter deux réserves d’argent, une pour l’entretien des communs, et l’autre pour la « communauté de propriétaires » dans laquelle on puisera en cas de dépense liée à l’usure naturelle de l’hôtel (le remplacement des matelas par exemple). « 90 % des propriétaires sont belges, les autres se répartissent entre Hollandais, Polonais, Italiens. On a même un Russe », souligne encore Gunter Berger.

… pour des entrepreneurs flamands

La présence massive de propriétaires ou de vacanciers belges (surtout néerlandophones) qui représentent la deuxième clientèle (30 %) de l’hôtel derrière les Anglais (40 %) s’explique par une raison très simple : le Corales a été construit par deux familles d’entrepreneurs flamands : les Deceuninck (fenêtres et châssis) et les Vandermarliere (qui a fait fortune dans les cigares et qui vient de racheter la biscuiterie Jules Destrooper). Celles-ci ont bien sûr activé leur réseau de connaissances en Flandre (surtout occidentale) et sont d’ailleurs restés propriétaires des briques.

Trois ans furent nécessaires à la construction du complexe hôtelier dont la valeur est estimée à quelque 180 millions d’euros. Pierres volcaniques caractéristiques de l’île des Canaries pour la réalisation des murs de jardins, verre poli pour séparer les imposantes terrasses qui donnent toutes sur la mer, bois utilisé pour les portes des chambres et béton lissé pour les sols : les matériaux du Corales Resort sont nobles et s’harmonisent à la perfection. « Pour la petite histoire, sachez aussi que les jardins d’inspiration volcanique ont été réalisés par un architecte belge, Erik De Waele », souligne Gunter Berger. « L’hôtel n’a pas attendu d’être construit pour rencontrer un franc succès puisque la majorité des chambres et appartements ont été vendus sur plans. Un an et demi après l’ouverture, nous avons des propriétaires qui revendent déjà leur bien. Certains veulent orienter leurs investissements vers d’autres destinations, d’autres savent qu’ils peuvent en retirer un excellent bénéfice et tentent leur chance. Important à savoir : les propriétaires peuvent revendre quand et au prix qu’ils veulent. »

Le Royal Hideaway Corales est très vite devenu une destination de premier plan à Tenerife, île où les complexes hôteliers ne manquent pourtant pas. « Mai et juin sont les mois les plus creux et pourtant, nous tournons avec un taux d’occupation de 70 % », se réjouit au volant de sa voiturette de golf Maria Berruezo, la directrice commerciale. Sinon, on tourne à une moyenne de 80-85 %. Pendant les vacances de Noël, c’est le carton plein assuré, climat oblige. Il fait bon toute l’année ici… »

L’hôtel possède 6 restaurants, dont un gastronomique. Il porte la signature d’Hermanos Padron, seul chef espagnol étoilé originaire des Canaries avec son « El Rincón de Juan Carlos » à Los Gigantes, à deux pas de La Caleta. Partout, le service est à la hauteur des lieux sans pour autant être envahissant ou pompeux.

Le Corales Beach propose des chambres à partir de 280 euros/nuit, avec buffet petit-déjeuner, mais la facture peut être doublée à Noël. Au « Corales Suites », la suite 1 chambre démarre à 320 euros/nuit, mais sans petit-déjeuner, la 2 chambres à 420 euros (520 euros si elle a une piscine, même prix que pour les villas). Pour un penthouse, vous ne vous en tirerez pas à moins de 700 euros/nuit. Le grand luxe, ça se vit mais ça se paie aussi…

Décoration: le mobilier signé Jori

Par Paolo Leonardi

Le Corales n’a reculé devant aucun sacrifice pour paraître encore plus grandiose. Ainsi, Willy Deceuninck, le fondateur du groupe éponyme, a-t-il jeté son dévolu sur le design de la maison belge Jori, créée en 1963 et spécialisée dans les canapés, chaises, tables et accessoires d’intérieur, pour équiper les chambres et appartements. Pour satisfaire les désirs communs des entrepreneurs et de l’architecte, le mobilier a été réalisé sur mesure, des matières et des couleurs inexistantes dans le catalogue ont été spécialement créées et d’autres objets iconiques ont été transformés pour l’occasion. Ainsi, le bureau Hortense a-t-il été conçu en chêne/noir laqué, plutôt qu’en noyer/chrome. Idem pour les chaises Mikono qui ont été dotées d’accoudoirs. Le luxe poussé à l’extrême, mais sans forfanterie aucune.

 
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