Tunisie: le président Béji Caïd Essebsi est décédé à l’âge de 92 ans

Tunisie: le président Béji Caïd Essebsi est décédé à l’âge de 92 ans
AFP

La mort du président tunisien Beji Caïd Essebsi a été annoncée ce midi à Tunis. Il avait 92 ans. Il occupait la fonction suprême de la république tunisienne depuis 2014. L’état de santé de celui que les Tunisiens appellent «BCE» suscitait l’inquiétude depuis quelque temps. Il avait d’ailleurs déjà été hospitalisé la semaine dernière avant de pouvoir rentrer chez lui. La nouvelle ne fera qu’alourdir le marasme politique que connaît le pays.

Beji Caïd Essebsi avait étudié le droit à Paris avant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir fait la connaissance de Habib Bourguiba, il entra en politique avec le but de mettre fin au protectorat français. Après l’indépendance obtenue en 1956, il devient ministre, dès 1965, puis alterne les fonctions de ministre et d’ambassadeur pour le régime de Bourguiba qui s’enfonce dans la dictature. Après le coup d’Etat «médical» de Ben Ali en 1987, il collabore d’abord avec le nouvel homme fort et devient président de l’Assemblée nationale, mais il rompt très vite avec ce régime et rentre dans l’ombre.

Président en 2014, à 87 ans

Il assiste de loin à la révolution de janvier 2011 – le premier des fameux «printemps arabes» – qui met fin à la dictature corrompue de Ben Ali et il revient en politique en 2012 à la tête d’un nouveau parti, «Nidaa Tounès», qui veut faire contrepoids au premier parti, islamiste, Ennahda. Pari gagné, en partie seulement: en 2014, Nidaa devient la première formation politique du parlement mais sans obtenir la majorité absolue. BCE, dans la foulée, l’emporte à la présidentielle, mais il doit se résoudre à composer une coalition avec Ennahda. Son parti, par la suite, subira des déchirements internes qui affecteront sa crédibilité.

La Tunisie, huit ans après la révolution et l’instauration de la démocratie, reste un pays qui ploie sous les problèmes économiques et sociaux auxquels la classe politique tunisienne se révèle incapable de répondre. Des élections législatives et présidentielles doivent avoir lieu à l’automne, dans un pays plongé dans la grogne et l’incertitude.

 
 
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