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Paris: le chantier de Notre-Dame est interrompu

Ordre de la préfecture : les travaux sont suspendus, a priori pour une semaine. En cause : la présence de plomb sur le chantier. Les procédures de sécurité doivent être revues.

Temps de lecture: 3 min

C’est une suspension temporaire, selon le préfet de région, Michel Cadot. A priori, cette parenthèse devrait durer une semaine. Les travaux seront interrompus à partir de ce vendredi sur le chantier de Notre-Dame de Paris. En cause : la pollution au plomb.

Lors de l’incendie du 15 avril, des particules de ce métal lourd, très nocif pour la santé, s’étaient répandues dans l’atmosphère. Le feu, qui avait détruit la charpente et fait s’écrouler la flèche de Viollet-le-Duc, avait propagé dans l’air plusieurs tonnes de poussières de plomb fondu. C’est cette pollution qui fait d’ailleurs que le parvis est toujours fermé au public, plus de trois mois après l’incendie.

Des analyses sont régulièrement effectuées dans le quartier. Deux écoles du VIe arrondissement, voisines de la cathédrale, viennent d’ailleurs d’être fermées. Il n’y avait évidemment pas cours dans ces établissements en cette période de vacances mais des activités y étaient proposées.

Pour l’architecte en chef de Notre-Dame, cette suspension des travaux est une tuile. Ce mercredi encore, Philippe Villeneuve nous avait confié que l’état d’urgence devait être maintenu car l’édifice menaçait toujours de s’écrouler. D’autant que la canicule entraînait une évaporation brusque des trombes d’eau qui avaient été déversées sur les maçonneries par les pompiers lors du sauvetage de l’édifice.

« Sauf à lécher le sol »

L’architecte s’est toujours plié aux consignes de sécurité. Lui-même, n’ayant pas pris suffisamment de précaution lors des quinze premiers jours du chantier, avait vu sa « plombémie » doubler le seuil autorisé. « Mais pas de quoi interrompre le chantier », avait-il pourtant insisté. En ironisant : « sauf à lécher le sol, il n’y a pas de danger. Tout le monde sait que ce qui est dangereux avec le plomb, c’est quand les enfants avalent des particules dans des peintures écaillées. Mais j’ai passé l’âge de lécher les murs et d’ailleurs je ne l’ai jamais fait ». Et l’architecte avait invité à comparer les taux de plomb dans l’air aux alentours de Notre-Dame avec les concentrations sur la place de la Bastille ou celle de l’hôtel de ville. « On serait surpris ! ».

Des mesures de précaution drastiques s’appliquent pourtant au chantier. Les ouvriers (charpentiers, cordistes, couvreurs, échafaudeurs, etc.) doivent revêtir une combinaison de sécurité, des bottines, des masques et des gants. Ils doivent franchir des pédiluves à l’entrée et à la sortie du chantier qu’ils ne peuvent quitter qu’après une douche. « L’inspection du travail, qui a effectué plusieurs visites, pourtant annoncées, sur le chantier, a constaté que ces mesures n’étaient pas toujours respectées », a indiqué le préfet de région.

Cette « courte pause », à l’en croire, doit justement servir à réévaluer les procédures de sécurité avant d’entrer dans une nouvelle phase des travaux.

Jusqu’à présent, on en est toujours à la phase de sécurisation. Le diagnostic précis ne pourra pas être fait avant plusieurs mois. C’est seulement ensuite que pourra démarrer la phase de restauration proprement dite. Emmanuel Macron a promis de rebâtir la cathédrale dans les 5 ans.

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