Paris: le chantier de Notre-Dame est interrompu

Paris: le chantier de Notre-Dame est interrompu

C’est une suspension temporaire, selon le préfet de région, Michel Cadot. A priori, cette parenthèse devrait durer une semaine. Les travaux seront interrompus à partir de ce vendredi sur le chantier de Notre-Dame de Paris. En cause : la pollution au plomb.

Lors de l’incendie du 15 avril, des particules de ce métal lourd, très nocif pour la santé, s’étaient répandues dans l’atmosphère. Le feu, qui avait détruit la charpente et fait s’écrouler la flèche de Viollet-le-Duc, avait propagé dans l’air plusieurs tonnes de poussières de plomb fondu. C’est cette pollution qui fait d’ailleurs que le parvis est toujours fermé au public, plus de trois mois après l’incendie.

Des analyses sont régulièrement effectuées dans le quartier. Deux écoles du VIe arrondissement, voisines de la cathédrale, viennent d’ailleurs d’être fermées. Il n’y avait évidemment pas cours dans ces établissements en cette période de vacances mais des activités y étaient proposées.

Pour l’architecte en chef de Notre-Dame, cette suspension des travaux est une tuile. Ce mercredi encore, Philippe Villeneuve nous avait confié que l’état d’urgence devait être maintenu car l’édifice menaçait toujours de s’écrouler. D’autant que la canicule entraînait une évaporation brusque des trombes d’eau qui avaient été déversées sur les maçonneries par les pompiers lors du sauvetage de l’édifice.

« Sauf à lécher le sol »

L’architecte s’est toujours plié aux consignes de sécurité. Lui-même, n’ayant pas pris suffisamment de précaution lors des quinze premiers jours du chantier, avait vu sa « plombémie » doubler le seuil autorisé. « Mais pas de quoi interrompre le chantier », avait-il pourtant insisté. En ironisant : « sauf à lécher le sol, il n’y a pas de danger. Tout le monde sait que ce qui est dangereux avec le plomb, c’est quand les enfants avalent des particules dans des peintures écaillées. Mais j’ai passé l’âge de lécher les murs et d’ailleurs je ne l’ai jamais fait ». Et l’architecte avait invité à comparer les taux de plomb dans l’air aux alentours de Notre-Dame avec les concentrations sur la place de la Bastille ou celle de l’hôtel de ville. « On serait surpris ! ».

Des mesures de précaution drastiques s’appliquent pourtant au chantier. Les ouvriers (charpentiers, cordistes, couvreurs, échafaudeurs, etc.) doivent revêtir une combinaison de sécurité, des bottines, des masques et des gants. Ils doivent franchir des pédiluves à l’entrée et à la sortie du chantier qu’ils ne peuvent quitter qu’après une douche. « L’inspection du travail, qui a effectué plusieurs visites, pourtant annoncées, sur le chantier, a constaté que ces mesures n’étaient pas toujours respectées », a indiqué le préfet de région.

Cette « courte pause », à l’en croire, doit justement servir à réévaluer les procédures de sécurité avant d’entrer dans une nouvelle phase des travaux.

Jusqu’à présent, on en est toujours à la phase de sécurisation. Le diagnostic précis ne pourra pas être fait avant plusieurs mois. C’est seulement ensuite que pourra démarrer la phase de restauration proprement dite. Emmanuel Macron a promis de rebâtir la cathédrale dans les 5 ans.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. d-20081230-WAJAEW

    Tests Pisa: les jeunes toujours attirés par les métiers traditionnels à l’heure du numérique

  2. belgaimage-160475252-full

    Coalition fédérale: le casse-tête postélectoral

  3. RTX6XSMA

    Fiscalité: la Belgique gagnerait entre 200 millions et un milliard avec une taxe Gafa

La chronique
  • Coalition fédérale: le casse-tête postélectoral

    La crise politique fédérale est tellement désespérante que l’on finit par se demander comment le système est censé fonctionner. Quels principes a-t-on suivi, avant 2019, pour former un gouvernement ?

    On pourrait croire que la réponse à cette question est simple, mais ce n’est pas le cas. Un seul principe est incontesté, et encore : idéalement, le gouvernement doit disposer d’une majorité parlementaire prête à le soutenir. Mais un gouvernement minoritaire n’est pas interdit, et il existe des exemples en ce sens dans différents pays européens. En outre, la règle arithmétique de la majorité ne nous dit pas quel critère employer pour choisir les partis qui composeront la majorité d’une part et l’opposition d’autre part. Rien n’interdit même d’installer un gouvernement d’union nationale, comme en temps de guerre, composé de la quasi-totalité des partis représentés au parlement, ce qui modifie le sens de la notion de majorité.

    ...

    Lire la suite

  • Pour destituer (vraiment) Trump, il faut une arme de séduction massive

    Dans son dernier essai, Pierre Rosanvallon montre qu’on se trompe lourdement à ne voir dans le populisme qu’une réaction et une envie de dégagisme de citoyens en colère. Pour le sociologue, les populistes offrent une vision cohérente et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie. Pour les contrer, il faut développer une offre politique et une vision de la société plus attractives que celle qu’ils proposent.

    Problème profond...

    Lire la suite