Tour de France: Deceuninck-Quick Step à l’amende pour une poussette en faveur de Julian Alaphilippe

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L’équipe cycliste Deceuninck-Quick Step s’est vue infliger une amende de 500 francs suisses (452 euros) pour « comportement dangereux d’un membre du personnel de l’équipe au km 188  », a annoncé jeudi soir le jury de l’épreuve à l’issue de la 18e étape du Tour.

Il s’agit de la poussée dont a bénéficié le porteur du maillot jaune Julian Alaphilippe de la part d’un membre de l’équipe dans la montée du Galibier, la dernière ascension de la journée.

À ce moment-là, le Français était à la poursuite des autres coureurs du classement, qu’il devait rejoindre ensuite après une descente spectaculaire, à l’exception d’Egan Bernal.

Tour de France: l’équipe Ineos joue à la roulette russe

Par Stéphane Thirion

Tour de France: l’équipe Ineos joue à la roulette russe

Comment faut-il décrypter la tactique d’Ineos au terme de l’étape qui devait être décisive et qui ne l’est finalement pas, comme tant d’autres tracés alléchants sur le papier et au bout du compte finalement en dehors des choses établies ? Car si le Tour n’est pas fini, il est déjà clair que ses phases marquantes auront été affirmées dans des morceaux moins attendus, dont les 66 derniers kilomètres vers Albi.

Soit, nous y reviendrons car il reste donc 48 heures aux favoris pour en découdre et Julian Alaphilippe a plus que jamais le pouvoir sur ce Tour où personne n’ose le détrôner, où personne n’ose afficher ses prétentions, sinon en mode défrichage.

Jeudi, il a été attaqué avec beaucoup de parcimonie, dans les derniers kilomètres du col du Galibier où Bernal, qui n’en pouvait plus d’attendre, s’est exposé à la délicatesse de sa situation au classement général puisqu’il était devancé par son leader Geraint Thomas. « Il était donc normal qu’il attaque en éclaireur », disait-on autour du bus d’Ineos. « Il était normal aussi que Geraint que je place une contre-attaque pour distancer les candidats à la victoire, le maillot jaune Alaphilippe, Thibaut Pinot et Steven Kruijswijk », dira plus tard l’homme aux lunettes cerclées de blanc.

En première lecture, cette analyse tient la route, surtout si on se réfère aux prestations précédentes de Sky, à ses six victoires dans les Tours qui ont précédé (un seul succès « différent », celui de Nibali, en 2014). Une science qui nous échapperait ainsi et qui pourrait trouver son acuité définitive en cas de victoire d’une équipe réduite à sept unités, la veille, suite à l’exclusion de Rowe.

L’incompréhension vient du contre porté par Thomas derrière Bernal dans le Galibier. Le Gallois a empêché son cadet de creuser l’écart, il a surtout fait le jeu des suiveurs, Alaphilippe, Pinot, alors que ce vendredi, la météo s’annonce nettement moins lourde, et donc par exemple favorable à Pinot.

Un pacte entre Ineos et Deceuninck

Dans le giron d’Ineos, on préfère parler d’étau, de tenaille, de mettre collectivement en difficulté l’ensemble des prétendants. Sauf que, jeudi matin, Alaphilippe possédait 1mn35 d’avance sur Thomas et que, jeudi soir, il pouvait se féliciter, au prix d’une descente exceptionnelle, de compter 1mn30 sur… Bernal.

« Je voulais savoir où les autres en étaient, se justifia le Gallois. Car au-delà de nos prétentions, qui ne sont pas établies, entre Egan Bernal et moi, il convient d’éliminer en priorité la concurrence. »

Certains évoquent aussi un pacte entre Ineos et Deceuninck. Cela s’est vu clairement, dans les étapes de transition notamment : au plus tard Ineos prend le maillot à Alaphilippe, au plus longtemps l’équipe belge travaillera en tête de peloton au profit d’Ineos, c’est vrai, mais au profit de tout le monde aussi !

C’est en quelque sorte une finale de roulette russe qu’impose ou s’impose l’équipe anglaise. Alaphilippe est toujours devant, Bernal n’a attaqué que trois kilomètres et Thomas n’a jamais attaqué. En gros, l’histoire du serpent qui se mange la queue, c’est une péripétie par rapport à ce que vit et gère Ineos. Qui nous dira samedi soir à Val Thorens qu’il fallait être patient et ne pas être gourmand. Au risque de s’exposer aux mouvements de contestation ?

Ce n’est pas exclu. Les Français ont pris la lumière sur tout ce qu’ils font, avec Alaphilippe, avec Pinot, personne ne conteste leur domination, leurs aspirations. C’est donc bien plus commode à gérer pour une formation britannique qui, comme au snooker, un jeu de billard au flegme déroutant, le vainqueur est celui qui met la dernière bille au fond.

Bernal à l’attaque, Thomas qui le contre, cela ressemble pourtant à un refus de passe-droit, de la part du vainqueur sortant à son principal challenger. Dans le système Sky, cela a déjà existé, avec Froome et Wiggins, ensuite avec Froome et Thomas. Sauf que, depuis le début, un drôle et alléchant trublion s’est immiscé dans le débat, Julian Alaphilippe. Et plus on avance, plus son moral voltige bien au-delà de 2.000 mètres. Même peut-être à l’Iseran, le toit absolu de l’épreuve, ce vendredi.

 
 
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