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Tihange: trois communes s’opposent au futur entrepôt à combustible usagé

Engis a rejoint Amay et Nandrin pour dire non au stockage « provisoire » des déchets nucléaires des réacteurs sur le site de la centrale.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Au début de ce mois de juillet, le député fédéral Samuel Cogolati (Ecolo) s’inquiétait du risque de voir le site de la centrale nucléaire de Tihange se transformer en cimetière radioactif. En cause, le projet d’Engie Electrabel de construire un site provisoire d’entreposage du combustible nucléaire usagé – dans l’attente d’une hypothétique solution définitive pour le stockage des déchets nucléaires dans notre pays qui n’arrivera pas avant 2100. Projet que les Verts juge à la fois surdimensionné et insuffisamment protégé (le bâtiment ne sera pas bunkerisé).

Une enquête publique a permis aux habitants des communes voisines de la centrale de se prononcer. On savait déjà que 265 réclamations avaient été introduites par des riverains. Et que deux communes (Amay et Nandrin) s’étaient prononcées contre le projet. Elles ont été rejointes ce vendredi après-midi par Engis, dont le collège a lui aussi remis un avis négatif. Pour Samuel Cogolati, « la mobilisation semble avoir payé ». « Même lorsque la décision est positive, comme à Villers-le-Bouillet, le collège impose des conditions très strictes, comme de diviser par deux la taille de l’entrepôt et de le bunkériser entièrement, ce qui équivaut en fait à un “non” au projet actuel, constate le député écolo. Je vois mal comment l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) pourrait maintenant ignorer les objections des communes et de la population autour de Tihange ».

Le risque « canicule »

D’autant, ajoute Samuel Cogolati, que la canicule qui a frappé à deux reprises la Belgique depuis le début de l’été fait peser des incertitudes supplémentaires. « Le rapport préliminaire de sûreté réalisé par Engie indique que les emballages de combustibles nucléaires usés sont dimensionnés pour tenir individuellement à des températures extrêmes temporaires en conditions d’entreposage allant de – 15 à + 45 ºC, souligne-t-il. Or, la température à Tihange a parfois frôlé les 45ºC cette semaine en plein soleil. Une température qui risque bien d’être dépassée à l’intérieur du hangar en période de canicule. Le risque d’une surchauffe des fûts radioactifs s’avère aujourd’hui bien réel. Et qu’en sera-t-il en 2100 avec le réchauffement climatique ? Rien ne démontre que les containers radioactifs pourront faire face à de telles périodes de chaleur extrême ».

Le député nous a indiqué qu’il interpellera le ministre l’Intérieur, Pieter de Crem (CD&V), à la rentrée en septembre, « pour m’assurer que l’AFCN prenne bien en compte les conditions fixées par les communes ».

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