Trump accusé de racisme après des attaques contre un élu noir

Trump accusé de racisme après des attaques contre un élu noir
Reuters

Donald Trump a fait face à de nouvelles accusations de racisme après s’en être pris violemment à un élu noir de Baltimore, dont la circonscription est selon lui « dégoûtante et infestée de rats ». Dans trois tweets, il accuse Elijah Cummings, élu démocrate du Maryland à la Chambre des représentants, d’avoir « brutalement » critiqué les agents de la police aux frontières pour les conditions de détention des mineurs à la frontière sud, « quand en fait son district de Baltimore est BIEN PIRE et plus dangereux ».

Accusé de racisme par la Chambre des représentants, Trump reste sur ses positions

« Aucun être humain ne voudrait y vivre », appuie le président républicain. « Le district de Cummings est un désordre dégoûtant, infesté de rats et autres rongeurs. S’il passait plus de temps à Baltimore, il pourrait peut-être aider à nettoyer cet endroit très dangereux et sale ».

Élu noir emblématique de la chambre basse du Congrès, où il siège depuis 1996, Cummings, 68 ans, avait accusé la semaine dernière le ministre par intérim de la Sécurité intérieure Kevin McAleenan d’« embellir » la réalité sur la situation des mineurs détenus dans des centres d’accueil à la frontière avec le Mexique.

« M. le président, je rentre chez moi dans mon district chaque jour », a-t-il directement répondu sur Twitter. « Chaque matin, je me lève et je lutte pour mes voisins. C’est mon devoir constitutionnel de superviser le pouvoir exécutif. Mais c’est mon devoir moral de me battre pour mes électeurs ».

Sa circonscription couvre une large partie de Baltimore, ville industrielle de 620.000 habitants, majoritairement noirs. Minée par les problèmes sociaux, la drogue et la délinquance malgré des programmes de réhabilitation immobilière et la modernisation du centre-ville, la cité portuaire de la côte est américaine compte parmi les métropoles les plus violentes du pays, avec plus de 300 homicides par an en moyenne depuis 2015.

Donald Trump l’affirme : « Il n’y a pas une once de racisme en moi »

Les démocrates montent au créneau

Née à Baltimore, dont son père et son frère ont été maires, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi a dénoncé les « attaques racistes » à l’encontre de M. Cummings, « un ardent défenseur au Congrès et dans le pays des droits civiques et de la justice économique ».

L’ancien vice-président Joe Biden, en tête selon les sondages dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, a directement apostrophé Donald Trump, jugeant « odieux » de « s’en prendre de cette façon à (M. Cummings) et aux gens de Baltimore ».

« Vous avez prouvé une fois de plus que vous n’étiez pas à la hauteur de la fonction. Un président doit tirer le pays vers le haut. Pas le déchirer », a-t-il ajouté, joignant ses critiques à celles de la plupart des candidats à l’investiture démocrate.

Le maire démocrate de Baltimore, Bernard « Jack » Young, a jugé la diatribe du président « blessante et dangereuse ». « C’était totalement insultant », a déclaré Young à des journalistes. « Nous ne laisserons personne salir la ville de Baltimore et son efficace équipe dirigeante, personne », a-t-il insisté.

Trump n’en démord pas

Mais Donald Trump a répété son attaque dans un nouveau tweet samedi soir. « Elijah Cummings passe tout son temps à nuire à des gens innocents », a-t-il écrit, une référence apparente aux critiques de M. Cummings contre les agents de la police aux frontières. « Il ne fait RIEN pour son district très pauvre, très dangereux et très mal géré ! ».

Le président américain a renouvelé ses attaques ce dimanche matin encore : Si triste qu’Elijah Cummings n’ait pu faire que si peu pour les habitants de Baltimore. Statistiquement, Baltimore se classe dernière dans toutes les principales catégories. Cummings n’a rien fait d’autre que de vider Baltimore de sa substance, mais le public commence à prendre conscience du mauvais travail qu’il a accompli ».

 
 
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