Jan Sap: pour la modernisation de la Fednot

Jan Sap pilote la mutation de la Fédération  des notaires.
Jan Sap pilote la mutation de la Fédération des notaires. - D.R.

Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai fait des études de droit à la KULeuven et à l’UCL. J’ai par la suite été stagiaire pendant deux ans au barreau de Gand suite à quoi je suis entré chez Unizo où j’ai travaillé pendant 21 ans. Je suis ensuite parti pour la Fednot.

Votre expérience chez Unizo a-t-elle été un atout pour votre poste actuel ?

C’est une fédération qui est semblable à la fédération des notaires. La seule différence, c’est qu’à Unizo, on travaillait pour des entrepreneurs, pour des indépendants, pour des employeurs et pour des professions libérales de niveau interprofessionnel. Ici, je ne travaille que pour les notaires, eux-mêmes étant indépendants. La structure est semblable. Au sein de l’Unizo, il y a une fédération des professions libérales. Là j’étais secrétaire général. Par ailleurs, Fednot était associée à la fédération des professions libérales, je connaissais donc déjà bien toutes les professions libérales et la Fédération des notaires.

Comment avez-vous saisi cette opportunité ?

On m’a demandé de venir à la fédération, ce n’était pas une offre d’emploi ouverte. J’y ai bien réfléchi car j’avais déjà une carrière de 21 ans à Unizo et qu’il est difficile de partir après tout ce temps. Mais c’était pour moi le bon moment de tenter une autre expérience.

Le mouvement de digitalisation que connaît aujourd’hui la Fednot était-il déjà en place à votre arrivée ?

Oui, il a débuté en 2000. Ça s’est fait en différentes phases. La première était interne avec la création d’un réseau entre les études des notaires et la fédération. Durant la deuxième phase, des applications ont été mises en place avec les autorités publiques, les finances etc. Une application permet par exemple de créer une société en ligne. Une autre permet l’enregistrement en ligne d’actes au SPF finances. Ce sont deux exemples qui marchent bien. Et à présent, on est dans la phase trois avec des outils en ligne destinés au grand public. Nous avons par exemple mis en place des chatbots sur les régimes matrimoniaux mais le plus connu est Biddit.be, une plateforme permettant d’acheter un bien en ligne.

Depuis, une chaîne vidéo a été mise

en ligne, à qui s’adresse-t-elle ?

Notaire News est destiné au grand public. On veut « éduquer » le grand public. Je pense qu’il est important que l’on donne de l’information qui soit claire et compréhensible sur des thèmes qui ne sont pas toujours faciles.

Est-ce une façon de changer l’image

du notariat ?

Tout à fait. C’est un des défis sur lesquels je suis en train de travailler. On ne sait pas toujours ce que font les notaires. Il faut savoir que celui-ci a un aspect social. On ne passe pas seulement des actes si on va vendre ou acheter une maison, il y a beaucoup d’autres données qui entrent en jeu et dont le grand public n’est pas toujours conscient. C’est le cas par exemple pour un contrat de mariage ou un contrat de travail. Il est important que le notaire puisse jouer son rôle social en toute confiance avec le citoyen.

Est-ce que le notaire est voué à disparaître à force de digitalisation ?

Non, au contraire. Je pense que la digitalisation ou les évolutions technologiques doivent aider le notaire à avoir plus de temps pour donner des avis. Tout ce qui peut être automatisé ou digitalisé est positif parce que l’on peut alors utiliser la plus-value du notaire qui sera toujours indispensable. Un dossier ne se résout jamais à l’aide d’un chatbot ou d’un algorithme. On peut trouver des informations par la technologie mais c’est le travail des notaires qui fera la différence. Chaque dossier a sa particularité, sa spécificité, et ne se résout pas avec les nouvelles technologies qui ne remplaceront jamais le travail du notaire.

 
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