Rallye de Finlande: Hyundai revit, pas (encore) Neuville

Rallye de Finlande: Hyundai revit, pas (encore) Neuville
Reuters

Le grand écart ! Vendredi, tout au long de la première journée du rallye de Finlande disputé à l’allure d’un Grand Prix, les pilotes Hyundai semblaient appartenir à deux mondes très éloignés l’un de l’autre. D’un côté, il y avait le généralement laborieux Andreas Mikkelsen et le revenant Craig Breen ; de l’autre, Thierry Neuville. Les deux premiers ont multiplié les performances de choix – un meilleur temps pour le Norvégien, trois 2e chronos pour l’Irlandais – et propos dithyrambiques sur leur i20 WRC, désormais équipées de plusieurs nouveautés techniques.

« Il est temps d’adresser un énorme merci à toute l’équipe qui n’a pas ménagé ses efforts ces derniers mois pour produire une voiture aussi fantastique que celle que j’ai la chance de piloter aujourd’hui », se réjouissait Mikkelsen, tandis que Craig Breen, littéralement euphorique, y allait de son petit couplet également : « Je n’en reviens pas comme je prends mon pied depuis ce matin au volant de cette voiture. J’avais prévenu Andrea que s’il voyait un grand sourire se dessiner sur mon visage, les performances suivraient ; je vous laisse regarder les chronos… »

Et puis de l’autre côté, il y avait Thierry Neuville, en contrôle afin de ne pas laisser apparaître la grande frustration qui devait être la sienne. Lui qui, jusqu’à maintenant, était le seul à avoir pleinement compris le fonctionnement de cette Hyundai i20 WRC – demandez à Loeb ce qu’il en pense… – se trouvait relégué à une quinzaine de secondes de ses équipiers, à plus d’une demi-minute de la tête de la course.

Bagarre à tous les étages

« Je ne comprends pas », lâchait même notre compatriote, auteur d’un seul 3e chrono sur l’ensemble de la journée, puis… du meilleur temps dans l’ultime super-spéciale de 2 kilomètres, comme il l’avait fait jeudi. « Ce matin, d’accord, une voiture trop souple en suspension et un petit manque de confiance peuvent justifier le gros écart que nous avons concédé aux premiers. Mais l’après-midi, les modifications opérées sur la voiture et le rythme adopté tout au long de la boucle auraient dû nous permettre de rivaliser au moins avec Tanak et Ogier, en théorie pénalisés par le balayage devant nous. Nous allons devoir analyser et tenter de comprendre ce qui se passe sur notre voiture. Heureusement, le rallye est encore long… »

Une vérité maintes fois vérifiée en championnat du monde des rallyes. Mais avec le rythme imprimé par les ténors, on croit déjà pouvoir dire que le quadruple vice-champion du monde des rallyes devra compter sur des incidents affectant ses adversaires pour remonter au classement. Car à la régulière, cela semble mission impossible. Jugez plutôt : au terme de cette première étape, et alors que Neuville accusait un retard tout juste supérieur à la demi-minute (30,9 secondes), les quatre premiers classés se tenaient dans un mouchoir de 2,6 secondes !

Quatre ? Eh oui, car si les Toyota ont affiché la suprématie qu’on attendait d’elles dans leur jardin, un homme – plus encore que sa machine – est venu se mêler aux Yaris WRC : Esapekka Lappi ! Vainqueur de l’épreuve il y a deux ans (sur Toyota), le Finlandais s’est arraché pour rivaliser avec ses trois rivaux, au point d’occuper la 3e place vendredi soir, à 2,4 secondes du leader Latvala (mais pour combien de temps encore ?), et 1,2 seconde derrière Meeke, mais bien devant Tanak, certes pénalisé par sa position d’ouvreur sur la route, surtout lors de la deuxième boucle.

À une quinzaine de secondes, on retrouvait les deux « bonnes » Hyundai ainsi qu’Ogier (peut-être sous le coup d’une pénalité pour un départ anticipé) réunis en 1,1 seconde à peine ! Bagarre à tous les étages, sauf pour Neuville…

 
 
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