Bienvenue en Wallonie: le charme historique de Stavelot, une des plus vieilles villes du pays

Les vestiges de l’abbaye constituent le principal pôle d’attraction de la ville.
Les vestiges de l’abbaye constituent le principal pôle d’attraction de la ville. - Dominique Duchesnes.

Stavelot, c’est indéniablement l’atout-charme de la Haute-Ardenne, pas loin de Liège ou de Verviers, à une randonnée de Spa ou des cantons de l’Est. L’entité est d’abord connue par le grand public pour deux attractions qui font courir les foules : le circuit automobile de Spa-Francorchamps et la cascade de Coo doublée d’un parc d’attractions. Au début du printemps, la ville s’anime aussi pour faire la fête à ses célèbres et étranges « blancs moussis ».

Reste que le cœur historique de cette petite ville à la campagne vaut réellement le détour. Stavelot est une des plus anciennes cités de Belgique. Elle fut fondée en 648 par Saint Remacle. L’abbaye née de cette période d’évangélisation fut longtemps associée à celle voisine de Malmedy pour composer une principauté dirigée par un prince-abbé. Cet épisode s’achevra à la Révolution française.

Depuis lors, une partie importante de Stavelot est restée « dans son jus ». Les vieux quartiers encerclent les vestiges de l’abbaye dont les bâtiments restaurés sont le principal pôle d’attraction de la ville, en contrebas des rues plus commerçantes. L’histoire de Stavelot est riche. Elle s’écrivit souvent dans la douleur avec le siège de Louis XIV ou la Bataille des Ardennes. Mais le cadre d’autrefois est souvent préservé et fait de cette ville tranquille un lieu de découverte parmi les plus passionnantes en Wallonie.

Se balader à Stavelot

Manger avec Guillaume Apollinaire

Un seul musée au monde évoque la personnalité et l’œuvre d’Apollinaire, l’ami de Picasso et des surréalistes. C’est celui de Stavelot, abrité dans les murs de l’abbaye. Installé en 1899 dans cette ville alors que sa mère séjournait à Spa, l’auteur du Pont Mirabeau tomba amoureux de la belle Maria Dubois et s’installa dans une chambre de la pension Constant. Sans le sou, il quitta les lieux sans honorer son ardoise le 5 octobre 1899. Stavelot n’a pas tenu rigueur de cette indélicatesse à son poète qui évoqua souvent son séjour là-bas. Le musée évoque son passage et l’ancienne pension est désormais un hôtel-restaurant baptisé « Ô Mail-Aimé » (1). Le texte de la célèbre Chanson du Mal-Aimé accueille d’ailleurs les convives sur les murs du porche d’entrée de cette adresse sympathique. Le chef renouvelle la carte chaque semaine sur base de produits locaux. Pensez à réserver.

A visiter : Une abbaye en musée

Impossible de parler de Stavelot ou d’y passer quelques instants sans s’offrir un détour par l’ancienne abbaye qui domine la ville de toute sa splendeur. Le site est classé au patrimoine exceptionnel de Wallonie. Il a été restauré de manière splendide. C’est un haut-lieu d’histoire, d’art et de culture. On vient de loin pour l’admirer ou la visiter (1). L’abbaye de Stavelot, c’est trois musées en un. Le premier est consacré à l’histoire de la principauté de Stavelot-Malmedy, le second au circuit de Spa-Francorchamps et le troisième à la présence du poète Apollinaire. Il y en a pour tous les goûts. Les cimaises de l’abbaye accueillent aussi les travaux du dessinateur Comès, dont le talent épouse les traditions et les légendes de l’Ardenne. Des visites de l’abbaye sont également organisées. Mais prenez le temps de flâner dans les alentours et d’en admirer la beauté.

Sous les pavés, l’histoire d’une ville

A Stavelot, il serait tentant de partir en vadrouille sur les chemins environnants qui traversent forêts et vallées, dont celle de l’Amblève. Mais nos pas nous guideront dans les petites rues du centre historique. Précaution à l’intention de ces dames qui choisiraient d’évoluer en talons-aiguilles : tout le charme de la balade est de marcher tant bien que mal sur des pavés qui pousseraient souvent à l’abandon les coureurs de Paris-Roubaix. Il y en a de toutes formes et de toutes tailles : petits ou gros, ronds au carrés, droits en en biais, solidement plantés ou terriblement flottants. Gare aux entorses et aux chutes, sans oublier les suspensions des voitures... Dans ce décor d’un autre âge où les maisons à colombages et les toits d’ardoise ajoutent un cachet appréciable, c’est l’antique place Saint-Remacle qui vaut le détour, avec sa magnifique fontaine. Un décor de film.

 
 
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