Tournai: les arches du Pont des Trous sont tombées

Les arches du pont sont tombées. Les piles centrales seront enlevées fin août.
Les arches du pont sont tombées. Les piles centrales seront enlevées fin août. - S.DURIEUX

Le moment le plus redouté est arrivé pour les Tournaisiens. Le Pont des Trous n’est plus qu’un trou béant sur l’Escaut. Le brise-roche qui a œuvré depuis vendredi à la démolition des dernières parties des arches latérales est finalement venu à bout de ce véritable bunker. Pour rappel, alors que le chantier devait être terminé il y a une semaine, le SPW n’a pas eu d’autres choix que de le prolonger ce week-end. La structure en béton armé des arches et le nombre impressionnant de ferrailles qui avaient été placées à l’intérieur ont donné du fil à retordre aux ouvriers spécialisés de la société Wanty qui s’occupent de cette déconstruction.

Après un nouvel arrêt de la navigation sur l’Escaut, les travaux ont donc repris vendredi par l’enlèvement des éléments restants de l’arche en rive droite, puis par la pile la plus proche de la rive droite. Le travail a permis d’araser la partie supérieure de la pile jusqu’à environs 2 mètres au-dessus du niveau de flottaison.

Des vibrations relevées sur une des tours

Vendredi soir, des mesures de protection supplémentaires ont été prises pour la tour en rive gauche. « La procédure de déconstruction des arches prévoyait le placement de sismographes à proximité de l’ouvrage pour s’assurer que les vibrations transmises par les engins ne dépassaient pas des valeurs seuil de stabilité. Deux appareils de mesure ont donc été placés avant le démarrage des travaux, vendredi dernier : l’un sur la terrasse surplombant la tour de la Thieulerie (rive droite), le second contre la paroi intérieure de la tour du Bourdiel (en rive gauche) », explique Christophe Vanmuysen, Inspecteur général au SPW Mobilité & Infrastructures, en charge du chantier de modernisation de la traversée de Tournai.

L’aiguille du sismographe placé dans la tour rive gauche a approché ce seuil de tolérance -mais ne l’a pas franchi- et ce alors que le brise-roche attaquait les poutres de béton armé de l’arche centrale. « À certaines fréquences, les vibrations induites par le travail des engins hydrauliques se sont donc transmises à la structure de la tour rive gauche, au travers des multiples armatures et poutres métalliques, et d’un béton particulièrement dense. Au vu de la structure différente, creuse, de cette tour par rapport à sa voisine, et du descellement déjà constaté de longue date pour certaines pierres à son sommet, le SPW a dès lors demandé à l’entreprise de mettre en œuvre les précautions techniques indispensables pour éviter toute instabilité des éléments de structure » poursuit M. Vanmuysen.

Après ces travaux de précautions, les grappins ont repris leur travail sur l’arche latérale en rive gauche. Dimanche, l’ensemble de la structure centrale a donc complètement disparu du paysage. Ne restent plus que quelques mètres des piles qui seront démontées définitivement lors d’un nouveau week-end de fermeture de la navigation fin août début septembre.

Pour l’heure, le SPW étudie la meilleure manière de les détruire : ces deux piliers ne comportent aucun parement de pierre sous le niveau de flottaison, mais uniquement une structure de béton armé et de pieux fichés dans le lit calcaire du fleuve, à partir de 5m de profondeur. Il faudra probablement des machines plus puissantes pour les déloger, peut-être via un sciage en tronçons.

L’épilogue d’un chantier aussi impressionnant qu’émouvant au cours duquel le pont des Trous a résisté à l’assaut des machines jusqu’au bout.

 
 
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