Migration: l’imbroglio ne se résout pas en Méditerranée, nouveau sauvetage pour l’Ocean Viking

Migration: l’imbroglio ne se résout pas en Méditerranée, nouveau sauvetage pour l’Ocean Viking

L’association SOS Méditerranée et MSF France en ont maintenant l’habitude. En seulement trois jours, l’Ocean Viking a procédé à son quatrième sauvetage au large des eaux libyennes. 300 personnes ont été sauvées. Il s’agit pour les trois-quart de jeunes âgés de 18 à 34 ans.

François Thomas est le président de SOS Méditerranée. À propos du troisième sauvetage, il explique : « L’Ocean Viking a détecté des mouvements d’un avion de la force européenne, alors que nous n’avions pas de contact avec cet avion. Mais le navire s’est dirigé vers cette zone et a détecté une embarcation pneumatique avec un certain nombre de personnes à bord. »

Ce lundi, MSF a annoncé avoir procédé à un nouveau sauvetage « délicat ». Plus de 100 personnes ont été mises en sécurité selon l’association.

356 personnes seraient maintenant à bord du bateau Ocean Viking.

Ces quatre sauvetages interviennent après le secourisme de 121 migrants il y a 11 jours par le navire Ocean Arms. Ses passagers sont toujours coincés en mer, dans l’attente d’être accueilli par un pays membre de l’Union Européenne.

Désormais, plus de 400 migrants sont dans l’attente d’une solution.

Plus de 250 personnes ont été secourues ce weekend par SOS méditerranée. Ce nombre s’ajoute aux 150 passagers coincés en mer depuis 11 jours.
Plus de 250 personnes ont été secourues ce weekend par SOS méditerranée. Ce nombre s’ajoute aux 150 passagers coincés en mer depuis 11 jours. - Anne Chaon/ AFP

Un jeu de passe-passe

L’association est ainsi dans l’attente d’une décision des autorités portuaires et de la Commission Européenne. Les pays du sud de l’Union Européenne sont les premiers concernés par l’arrivée de migrants. L’Espagne, l’Italie et Malte ont d’ores et déjà refusé l’accès à leur côte. Seules quelques exceptions ont été délivrées.

Samedi, Malte a proposé de transférer vers ses côtes 39 des 121 migrants de l’Open Arms, c’est-à-dire les migrants ayant été secourus dans sa zone de recherche et de sauvetage, au large de ses eaux territoriales. Trois migrants ont de même été autorisés à accéder aux terres maltaise et italienne, pour des raisons médicales.

Aucune solution n’a encore été trouvée pour permettre l’accueil des 400 personnes secourues.
Aucune solution n’a encore été trouvée pour permettre l’accueil des 400 personnes secourues. - Anne Chaon / AFP

La Grèce, de son côté, s’est dite « profondément inquiète » lundi d’une hausse des arrivées de migrants ces dernières semaines sur ses îles égéennes. Le pays appelle la Commission européenne à un « partage plus juste du fardeau ». « Depuis le 7 juillet, il n’y a pas eu un seul jour sans arrivée », a déclaré le ministre adjoint chargé de la Protection du citoyen, Georges Koumoutsakos, dans une interview au quotidien ’Kathimerini’. Aujourd’hui, sur les cinq îles égéennes proches de la Turquie – Lesbos, Samos, Chios, Kos et Leros – le nombre total de migrants « a dépassé les 20.000, ce qui constitue une augmentation de 17 % en quelques semaines », a déploré le responsable de la politique migratoire.

Le ministre a évoqué une « très difficile équation » pour la Grèce, « un pays sur la ligne de front, qui sert aussi de frontière extérieure pour l’Europe ». Selon lui, Athènes « a épuisé ses capacités sur ce plan (et) attend avec impatience une coopération efficace de la commission européenne et de ses pays membres », a-t-il insisté.

Du côté des autres États membres de l’UE, c’est silence radio, aucune solution n’a été proposée. La Commission européenne, elle, indique que c’est aux pays membres de décider de l’accès à leurs côtes.

Le changement de présidence de la Commission européenne semble cependant susciter de l’espoir. Élue en juillet, Ursula Von der Leyen a assuré placer « la question migratoire très haut sur sa liste des priorités ». Celle-ci a assuré vendredi à Rome qu’elle comptait proposer « un nouveau pacte pour les migrations et l’asile » afin de mieux répartir les efforts au sein de l’Union européenne. Un accord que M. Koumoutsakos espère basé sur « la base d’une solidarité concrète et authentique ».

 
 
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