«La ligue des perdants»: la suédoise de Bart De Wever critiquée par la presse flamande

«La ligue des perdants»: la suédoise de Bart De Wever critiquée par la presse flamande
Belga

L’Open VLD et le CD&V ont accepté de participer aux négociations flamandes sur base de la note de Bart De Wever, présentée lundi matin. Jan Jambon a été nommé formateur de cette coalition suédoise regroupant les trois partis plus tard dans la matinée d’hier. La N-VA a dès lors pris la décision d’expulser le Vlaams Belang du jeu. Une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir la presse flamande.

Dans son édito, Le Soir souligne que, dans sa note, Bart De Wever exalte la « nation flamande ». Sa grandeur passée, mais aussi future si elle s’en donne les moyens. Son credo : « La Flandre doit étonner. La Flandre doit rayonner. La Flandre doit inspirer. »

Et ce n’est pas De Standaard qui dit le contraire. « La note de départ que Bart De Wever a annoncée hier est baignée dans un romantisme flamand et une glorification de l’histoire flamande. » « D’une part, Bart De Wever s’adresse à ceux qui veulent rejoindre la communauté et la culture flamandes étroitement définies, mais d’autre part, il consolide les barrières pour les nouveaux arrivants. » Le parti flamand mettrait également clairement en avant sa volonté d’autonomie et de confédéralisme : « Pas de prairies comme des mers ondoyantes pour lui, mais la guerre des tranchées fédérale. », « En raison de son (la N-VA) choix d’interlocuteurs flamands, tout rapprochement avec les socialistes francophones s’éloigne. »

Le quotidien flamand, De Morgen, compare les liens qui semblaient s’être formés entre le parti d’extrême droite du Vlaams Belang avec la N-VA, d’un bref flirt entre une demoiselle et un plouc déguisé en gendre idéal. « Ils (le Vlaams Belang) ne se comportaient plus comme des paysans impolis, mais plutôt comme des comptables soignés en costumes faits sur mesure et avec un solide paquet de gel dans les cheveux. Ils ont obtenu le numéro de téléphone du formateur flamand qui pendant un moment cru voir quelque chose dans ce joli flirt. »

Tout est dans le titre chez De Tijd  : « Ce sera un gouvernement de perdants. Pourtant, c’est une coalition logique ». Selon le quotidien économique flamand La direction que souhaite prendre De Wever est clairement présentée dans sa note de départ. Il aurait « clairement remarqué dans quelle direction le vent souffle ». L’Open VLD et le CD&V voudront néanmoins certainement avoir « leur mot à dire sur un certain nombre de points », mais la coalition en Flandre peut vraiment commencer maintenant.

Cependant, De Tijd fait remarquer la position difficile dans laquelle se trouve dorénavant le PS francophone. « L’orientation que Bart De Wever et la N-VA ont prise rend difficile la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Les socialistes francophones du PS les remercieront chaleureusement de rejoindre un gouvernement de droite et de centre-droite comptant la N-VA, l’Open VLD et le CD&V du côté flamand, et le MR du côté francophone. »

Alors que Het Laatste Nieuws rappelle que ce que « la N-VA propose sur la migration n’est pas une révolution de droite, mais une étape dans une évolution qui se poursuit dans toute l’Union européenne », le journal déplore ensuite et de manière théâtrale, le retrait du « politicien le plus intelligent, le plus puissant et le plus attrayant des 20 dernières années batte » à Anvers.

Het Laastste Nieuws qualifie la coalition flamande de « ligue des perdants », « d’équipe de loser », mais qui fait un tournant important à droite, mais sans le Vlaams Belang qui n’aurait « pas encore été prêt ». Le Vlaams Belang qui « se reconstruira, afin de jouer un rôle significatif en 2024 ».

Les contours de la coalition flamande se dessinent, indique le Nieuwsblad et la N-VA a, d’après le journal « intelligemment utilisé le temps qui s’est écoulé pour faire oublier aux électeurs que le parti a lourdement perdu », aux élections du 26 mai. Au travers de la note mise sur pied par Bart De Wever, l’informateur n’aurait d’ailleurs pas oublié qui était les gagnants, une part non négligeable de la note fait écho au Vlaams Belang, écrit ce matin le Nieuwsblad. « La partie de loin la plus détaillée de la note de départ concerne l’identité et la culture flamandes. »

Et selon Het belang van Limburg, la stratégie de Bart De Wever « est bien établie pour l’instant ». En publiant sa note de départ lundi, il détourne intelligemment l’attention de sa propre promesse non tenue. C’est Jan Jambon qui devient formateur alors qu’il retourne donc à Anvers. « Une fois de plus, De Wever se dérobe à sa propre responsabilité en comptant sur la mémoire à court terme de l’électeur flamand. »

Bart De Wever mettrait à côté de cela, « les partenaires de la coalition sous pression en termes de contenu. » Pour la suite, la question serait d’ailleurs « de savoir dans quelle mesure les deux petits partis (CD&V et Open VLD qui, ensemble, ont la même taille en sièges que la N-VA) pourront peser en termes de contenu dans les semaines à venir » dans la concrétisation d’une coalition flamande définitive.

 
 
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