Bienvenue en Wallonie: Bouillon, accrochée à son château fort et à Godefroid

Bouillon doit évidemment son renom à son château fort qui domine cet éperon rocheux et à… Godefroid de Bouillon.
Bouillon doit évidemment son renom à son château fort qui domine cet éperon rocheux et à… Godefroid de Bouillon. - Dominique Duchesnes.

Construite dans une boucle majestueuse de la Semois, Bouillon doit évidemment son renom à son château fort qui domine cet éperon rocheux et à… Godefroid de Bouillon. L’origine de la cité remonte à 988, c’est du moins la première mention retrouvée. Son développement s’échelonnera depuis cette date, avec d’abord la famille d’Ardenne-Verdun dont sera issu le fameux croisé. C’est elle qui construira les premières fortifications dès le 10e siècle. Mais de cette époque, il ne reste plus rien si ce ne sont quelques souterrains. L’aspect actuel de ce château date des 16e et 18e, quand Vauban y construisit des aménagements défensifs importants, sous la houlette de Louis XIV. Bouillon reste depuis son déclassement militaire de 1853 un haut lieu du tourisme et « se bat » avec le Bastogne War Museum pour la médaille d’or du nombre de visites annuelles en province de Luxembourg… Même si Bouillon a un peu perdu de son aura par rapport à d’autres destinations plus ensoleillées, la ville et les villages voisins restent un haut lieu de découvertes avec ses constructions historiques (église Saints-Pierre-et-Paul, maison d’Artaize, bastion de Bretagne, pont de Cordemois, etc.) et avec la Semois qui égrène autour d’elle tant de paysages grandioses, du Tombeau du Géant à Frahan et Rochehaut aux charmants villages de Rochehaut, Botassart, Les Hayons ou Ucimont.

Manger

A Rochehaut, petit village touristique qui surplombe le joli panorama plongeant sur le village de Frahan lové dans une boucle de la Semois, la famille Boreux domine elle aussi le paysage local depuis des années. Et ce n’est pas fini, tant le dynamisme fait partie des gènes familiaux. Jordan, fils de Patricia et Michel qui tiennent notamment l’Auberge de la Ferme, gère depuis début avril son « Point de vue ». Il a eu un mois pour relifter ce qui était jusque-là plutôt une cantine. Et voilà un restaurant de 60 couverts intérieur et autant sur la terrasse qui donne sur Frahan. Autant dire que l’appétit vient déjà en regardant le paysage. Pour la carte, Jordan veut en toute amitié familiale se démarquer de celle de l’Auberge de son père, juste de l’autre côté de la route. L’objectif sera de proposer une cuisine des 4 coins du monde, à l’image d’un excellent piscanha de bœuf black Angus, cuit à basse température et ressemblant à un magret de canard, avec une sauce chimichurri aux plantes du jardin. La carte va donc évoluer dans ce sens, et proposer par ailleurs encore plus de plats végétariens, déjà présents avec un logo clair sur la carte. Le terroir d’un côté, les terroirs du monde de l’autre ! Quant aux boissons, la carte des vins de France est alléchante, comme la section « houblon » qui propose 70 bières, dont 17 trappistes, et un cocktail du mois concocté à base de bière. Ce mois-ci, l’Orange Bourbon est fait de Liefmans fruitesse, jus d’orange et Jack Daniels !

Visiter

A l’autre bout de l’esplanade qui accueille les visiteurs du célèbre château fort se trouve une des deux entrées du Musée ducal, étalé sur deux bâtisses qu’il faut rejoindre par un escalier extérieur, ce que le fléchage ne signale pas encore assez. La première fait partie de l’ancien palais ducal et fut, sous l’Ancien Régime, la résidence du gouverneur du duché. La seconde bâtisse, en contrebas, a été construite vers 1714 sur le modèle de la demeure classique Louis XV par Nicolas-Joseph de Spontin, conseiller à la Cour souveraine. L’idée d’un musée à Bouillon remonte à 1947, quand des citoyens férus de patrimoine veulent sauver de l’oubli et de la destruction les témoins du passé populaire de la ville. Le Musée ducal ouvre en 1951. Aujourd’hui, il est scindé en deux parties : la bâtisse de Spontin est consacrée majoritairement au Moyen Age et à l’épopée de la première croisade liée à Godefroid de Bouillon, avec des objets intéressants par leur diversité, richesse et intérêt scientifique. Mais on y trouve aussi un espace consacré à Albert Raty, peintre majeur de l’Ardenne, et un étonnant cabinet de curiosités ! Le musée supérieur, plus petit, accueille la collection historique destinée à mieux faire connaître le 18e siècle bouillonnais qui rayonna en Europe grâce à ses quincailleries et surtout ses imprimeries, boostées pendant 30 ans par Pierre Rousseau. Un secteur peu connu, qui y fut effervescent. Et durant cet été, l’exposition temporaire « Bouillon cartonne » présente par la carte postale quelques aspects du Bouillon d’autrefois. Avec le « City Pass », initié cette année, qui donne accès pour 11 euros au château fort, au musée et à l’archéoscope, les trois sites emblématiques du centre-ville, le visiteur aurait tort de s’en priver. Les premiers chiffres sont là pour dire que « ça cartonne » !

Se balader

Pour une fois, la balade sera un peu sportive. D’ailleurs, le nom est un peu intrigant… : la promenade des échelles, qui s’étire sur 5 km, ce qui est très raisonnable mais dont la difficulté est de mise. Il faudra compter 2h de marche et de grimpettes, voire 2h30. La beauté des paysages se mérite ! Mais elle sera impossible pour les PMR et les petits enfants. On part de Rochehaut et on y arrive pour se ressourcer dans un des nombreux établissements horeca. Et comme on longe un moment la Semois dans la boucle de Merleux Han, voisine de la boucle de Frahan, vous comprendrez mieux qu’il y a un joli dénivelé. D’ailleurs, à un endroit, il faut gravir une échelle en aluminium accrochée à la falaise pour franchir cette dernière. Sans cela, c’est impossible. Mieux vaut ne pas avoir le vertige. Cette promenade tient son nom d’un événement qui remonte à la guerre 40-45, quand les habitants de Rochehaut se cachaient dans ces rochers naturels pour échapper aux nazis. Ils avaient vu les maisons en feu du village d’Alle, en contrebas, et ils craignaient le même sort chez eux. La nature sauvage et escarpée constitua leur meilleure cachette. Aujourd’hui, ce sera pour les promeneurs une bouffée d’oxygène hors norme dans des paysages grandioses.

Maison du Tourisme du Pays de Bouillon en Ardenne, Quai des Saulx, 12 : 061-46.52.11 et www.bouillon-tourisme.be

 
 
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