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Le Labour veut évincer Boris Johnson pour contrecarrer un Brexit dur

Le Labour ferait campagne en faveur d’un nouveau référendum sur l’appartenance à l’UE, qui mentionnerait la possibilité pour le Royaume-Uni de rester membre.

Temps de lecture: 3 min

«Nous devons travaillons ensemble»: le Labour a appelé de nouveau jeudi les autres partis d’opposition et certains conservateurs à soutenir le plan de son leader, Jeremy Corbyn, qui veut contrecarrer un Brexit sans accord en faisant tomber le gouvernement de Boris Johnson. «Nous devons travailler ensemble, même si nous n’aimons souvent pas ce que les uns et les autres disent, nous devons empêcher un Brexit sans accord», a déclaré jeudi Rebecca Long-Bailey, ministre de l’Economie au sein du cabinet fantôme, au micro de la BBC.

Le gouvernement de Boris Johnson est déterminé à quitter l’Union européenne le 31 octobre, qu’il ait réussi ou non à renégocier l’accord conclu entre l’ancienne Première ministre Theresa May et Bruxelles. Mais il ne dispose que d’une faible majorité d’une voix au Parlement. En face, les principaux partis d’opposition sont le Labour (247 députés), le parti nationaliste écossais SNP (35 députés) et le parti libéral-démocrate (14).

Mercredi, Jeremy Corbyn avait écrit aux principaux partis d’opposition et à quatre députés conservateurs opposés à un Brexit dur pour leur présenter son plan. «Ce gouvernement n’a pas de mandat pour une sortie sans accord, et le référendum de 2016 n’a pas fourni de mandat pour une sortie sans accord», estimait-il dans sa lettre. «C’est pourquoi j’ai l’intention de déposer une motion de censure dès que possible, quand nous sommes assurés de gagner».

Invitation acceptée

Les députés conservateurs Nick Boles, Dominic Grieve, Oliver Letwin et Caroline Spelman ont accepté jeudi de rencontrer leur principal adversaire politique.

«Nous sommes d’accord que la priorité commune devrait être de travailler ensemble au Parlement pour empêcher un Brexit sans accord et acceptons votre invitation à discuter des différents moyens pour y parvenir», lui ont-ils répondu, selon une lettre tweetée par une journaliste de Sky News. «Nous serions heureux de vous rencontrer ainsi que vos collègues d’autres partis d’opposition (...) dans les semaines qui précèdent la reprise du Parlement», le 3 septembre, ont-ils ajouté.

Caroline Spelman a toutefois précisé à Sky News qu’elle ne soutiendrait «en aucune circonstance» un gouvernement temporaire mené par Jeremy Corbyn.

Plan

Une fois la motion de censure déposée, Jeremy Corbyn a précisé qu’il chercherait à obtenir la confiance du Parlement en tant que dirigeant d’un «gouvernement temporaire, strictement limité dans le temps, avec l’objectif de convoquer des élections générales». Pour pouvoir organiser de telles élections, le patron du Labour veut obtenir un nouveau report du Brexit, actuellement fixé au 31 octobre.

Le Labour ferait alors campagne en faveur d’un nouveau référendum sur l’appartenance à l’UE, qui mentionnerait la possibilité pour le Royaume-Uni de rester membre.

Pour Downing Street, les députés sont confrontés à «un choix clair»: «soit Jeremy Corbyn comme Premier ministre, qui passera outre le référendum et détruira l’économie, Soit Boris Johnson comme Premier ministre, qui respectera le référendum et dégagera plus d’argent pour le NHS (service public de santé) et déploiera plus de policiers dans nos rues».

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6 Commentaires

  • Posté par CREPIN Hugues, vendredi 16 août 2019, 9:03

    Sauf que ... L'Europe a aussi le pouvoir de tirer la prise, par lassitude.

  • Posté par CLAUDINE SOHIER -STUAERT , jeudi 15 août 2019, 20:40

    Trop tard. Voilà ce qu'il faut admettre après la récente prise de position de Jeremy Corbyn. Voilà trop longtemps que le Labour tergiverse. Il faut dire que ce parti, très à gauche et trouvant l'UE trop libérale (a-t-il tord?) est très divisé sur la question du Brexit. Mas il est vrai que maintenant que la maison brûle, il faudrait sauver les gens et les meubles...

  • Posté par Ask Just, jeudi 15 août 2019, 18:32

    Préserver le NHS qui sera bientot vendu aux USA de Trump? Avec D. Scumming et son infâme marionnette a toupet blonde, plus c'est gros, plus ça passe. Quant aux flics en rue, ils seront toujours moins nombreux qu'avant que les tories ne sévissent. Pauvres anglais...

  • Posté par Naeije Robert, jeudi 15 août 2019, 17:21

    Jeremy Corbyn est un politicien désuet, typiquement louvoyant, aux intentions souvent ambigües - ou carrément sombres. Pour ce qui est du brexit, on ne peut que rappeler qu'il n'a complètement pas participé au débat pré-référendaire. Ses positions récentes sont opportunistes.

  • Posté par Grulois Stanislas, jeudi 15 août 2019, 15:09

    Les résultats des élections récentes au pays de Galles démontrent clairement l'ambiguïté de la situation dans laquelle se trouvent les britanniques. Un brexit dur n'est à souhaiter pour personne. Ça mettrait tout le monde dans l'embarras, en ce compris nos entrepreneurs en contact permanence avec les britanniques . À mon sens, permettre un nouveau référendum qui pourrait démontrer que le Royaume-Uni ne souhaite plus s'affranchir de L'UE tant que cela (partir en douceur ou rester, même avec leur propre monnaie, est la solution la plus intelligente). Le souci est qu'on ne peut demander à Boris Johnson de faire preuve d'intelligence. Il ne sait pas ce que c'est. Et l'empathie par rapport à ses concitoyens, n'en parlons pas. Il préfère les faire crever que de prendre les responsabilités qui lui incombent. Hormis rejetter la faute sur les "autres" quant aux problèmes rencontrés par son pays, quelles solutions concrètes apporte-t-il ? Rien si ce n'est le néant.

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