Le juge d’instruction Jacques Langlois revient sur le délicat dossier de Dutroux: «Je ne regrette rien»

Le juge d’instruction Jacques Langlois, lors du procès de Marc Dutroux en 2004.
Le juge d’instruction Jacques Langlois, lors du procès de Marc Dutroux en 2004.

Retraité dans une quinzaine de jours, le juge d’instruction d’Arlon Jacques Langlois, qui a dirigé les délicats dossiers Dutroux et Pierson, revient samedi sur sa carrière dans l’Avenir.

Dans les heures qui ont suivi le dessaisissement de Jean-Marc Connerotte par la Cour de cassation, en 1996, le président du tribunal de 1re instance de Neufchâteau, Francis Moinet, lui a demandé de prendre le relais, se souvient celui qui fêtera ses 66 ans en novembre. « J’ai pris un jour de congé pour réfléchir. J’avais 42 ans, six semaines d’expérience à l’instruction. J’ai dit que j’acceptais ce défi ! »

« Je ne regrette rien de la façon dont on a travaillé. J’ai été entouré d’enquêteurs de grande qualité ». Lors du procès d’assises à Arlon, « j’ai témoigné pendant une semaine entière, ensuite pendant trois jours sous un feu nourri de questions, pas toujours amicales. Et j’ai pu conclure que ’nous étions allés au fond des choses’».

De nombreuses lettres anonymes d’injures

Le juge Langlois confie encore avoir reçu « quantité » de lettres anonymes d’injures et d’invectives, mais également de soutien. « MM. Bourlet et Connerotte avaient bénéficié de mesures de sécurité comme une voiture blindée, un système d’alarme, moi je n’ai pas voulu de tout cela. J’ai préféré continuer à vivre normalement. »

Le magistrat gaumais se dit enfin « inquiet » de l’évolution de la Justice et principalement de l’évolution du statut du juge d’instruction, considérant que le système actuel, avec chambre du conseil ou chambre des mises en accusation, constitue un bon « garde-fou », et « qu’il serait hasardeux » de le jeter aux oubliettes.

Sur le même sujet
CourJacques Langlois
 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. L’expédition commence place Dumon, à Wolume-Saint-Pierre, avec le tram 39 – un vieux modèle.

    Le tour de Bruxelles en mobilité partagée: «Le Soir» a tenté l’expérience

  2. d-20190920-3W685Y 2019-09-20 08:13:25

    Nethys: une semaine de révélations dans «Le Soir»

  3. d-20190830-3VTLPV 2019-08-30 11:01:52

    Les racines élémentaires de Patrick Dewael: «Mon libéralisme doit tout à ma famille et à Verhofstadt»

La chronique
  • {L’Ardenne} ou {les Ardennes}?

    Morphologie et géographie

    Un billet de cette chronique a fait le point récemment sur les marques du nombre dans les noms propres. Si la règle générale prône l’invariabilité, elle connaît de nombreuses exceptions, y compris dans des noms de pays ou de régions. Depuis longtemps, le pluriel s’est imposé dans les Amériques, les Antilles ou les Pouilles  ; à date plus récente sont apparus les deux Congos, les deux Corées, les deux Vietnams. Peut-être sera-t-il question demain des deux Belgiques.

    Vu l’abondance de matière, d’autres toponymes ont été prudemment mis en réserve… en attendant que le loup sorte du bois. Cela vient de se produire le week-end dernier dans le magazine Sosoir, compagnon de votre quotidien...

    Lire la suite

  • Climat: rien n’est fait. Tout reste à prouver

    On en sait qui feront les comptes : 75 à 95.000 début décembre 2018, 75.000 fin janvier 2019, 15 à 20.000 en septembre 2019. Et qui en tireront des conclusions sur un essoufflement du mouvement climatique en Belgique. Plus aisé à faire – mais totalement réducteur – que de se frotter au monde complexe, emporté, contradictoire, désespéré parfois de la mobilisation climatique aujourd’hui.

    Depuis près d’un an, et pas seulement à Bruxelles, des centaines de milliers de personnes ont défilé pour...

    Lire la suite