Bienvenue en Wallonie: Nivelles, entre histoire et modernité

La collégiale Sainte-Gertrude, une des plus anciennes et plus grandes églises romanes d’Europe.
La collégiale Sainte-Gertrude, une des plus anciennes et plus grandes églises romanes d’Europe. - BRUNO DALIMONTE.

La chanson « Cadet Rousselle » parle depuis 1792 de celui qui a trois chiens, dont le troisième « fuit quand on l’appelle, tout comm’ le chien d’Jean de Nivelle ». Le Jean en question est baron français au Moyen Age. Les Nivellois lui ont donné son nom, mais en « Jean de Nivelles », au jacquemart de la collégiale lorsqu’il fut offert par Charles le Téméraire, celui-là même que Jean de Nivelle avait rallié, bravant ainsi le Roi de France Louis XI et ses pouvoirs grandissants. Jusque-là, Jean de Nivelle était raillé avec « ce chien qui s’enfuit quand on l’appelle ». Jean de Nivelles survit donc dans les mémoires. Il a même donné son nom à une confrérie gastronomique, à une société carnavalesque et même à une bière.

Nivelles est à présent une cité de 28.823 habitants dont les origines remontent aux alentours des années 600, l’époque d’une abbaye aménagée dans la « villa » de 7.800 hectares de Pépin le Vieux, dont la fille, Gertrude, devint la première et plus illustre abbesse, toujours fêtée lors d’un Tour qui attire chaque année des fidèles français et allemands de la sainte. La cité aclote aura su tirer sa force de la modernité apportée par des sociétés importantes comme Westinghouse, Lambda X ou Euro Heat Pipes. Un droneport est même aujourd’hui en projet. « Nivelles un jour, Nivelles toujours », aiment à dire les habitants. On en veut pour preuve qu’une Aclote partie vivre en 1947 aux Etats-Unis est toujours abonnée à la newsletter de « sa » ville…

Office du tourisme au nº48 de la rue de Saintes. Tel : 067-21 54 13.

Manger

Huit cents ans qu’elle fait la fierté de Nivelles ! La djote, avec de la bette et de la bétchèye (fromage de type boulette), puisqu’il faut l’appeler par son nom, se déguste « ben tchaude, bin blète, qu’el bûre dèsglète ». Ce qui, en aclot, le wallon local, signifie « bien chaude, bien onctueuse, que le beurre dégouline ». La meilleure avec cinq étoiles provient, selon le classement réalisé chaque année par la Confrérie de la Tarte al djote, de la boulangerie-pâtisserie Tout au Beurre. Mais si vous voulez la déguster dans un endroit typique, c’est au restaurant de l’Union qu’il vous faudra aller pour déguster une recette quatre étoiles. On est tellement fou de la djote qu’un bar spécial a été ouvert, le Fou d’Nivelles, où la spécialité est cotée trois étoiles. Il ne vous reste plus qu’à la déguster avec un verre de vin ou l’une des trente bières locales. Modérément évidemment.

Visiter

Il y aurait bien la glacière du CPAS, la Tour Simone, vestige des anciens remparts, ou encore l’abri antiaérien de la Grand-Place qui a été restauré en 2010, mais ce sont autant de lieux qui ne sont ouverts qu’à de rares moments, notamment à l’occasion des Journées du Patrimoine. Ne reste alors que le monument emblématique de Nivelles, la collégiale Sainte-Gertrude, une des plus anciennes et plus grandes églises romanes d’Europe. La visite est libre, mais certains lieux ne sont ouverts qu’en la présence d’un guide qui se tient à disposition des personnes intéressées, tous les jours à 14 h 30 (ou en journée sur réservation pour les groupes). De quoi visiter tout l’édifice, de la crypte à la salle impériale, châsse de Sainte-Gertrude en prime, au tarif de 6 euros, voire de 5 euros pour les seniors et les étudiants et de 2 euros pour les enfants de 6 à 12 ans.

Nivelles en photos

Se balader

C’est le poumon vert de Nivelles. Il n’est même pas facile de s’y garer les week-ends tant l’endroit est apprécié pour sa quiétude, son tour du lac, sa pêche, sa plaine de jeux et ses jardins bien entretenus par la Ville qui dispose de ses propres serres pour en assurer les plantations. Avec une vue splendide avec la Collégiale Sainte-Gertrude ! Nous sommes évidemment au parc de la Dodaine, dont le nom pourrait venir du « dos d’âne » d’un ruisseau dont les eaux étaient freinées là par les anciens remparts de la cité. Déjà en 1618, on connaissait deux pièces d’eau entourées de marécages, mais les lieux furent aménagés pour la promenade dès 1811 avec le maire – on est à l’époque française – Jean-Baptiste Dangoneau. Le parc est agrémenté de nombreuses statues, dont l’une d’Albert-Constant Desenfans, qui a collaboré à l’Arc de Triomphe du Cinquantenaire.

 
 
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