Afterwork sur la rue de la Loi à Bruxelles : «Il faut plus d’espace pour les usagers vulnérables»

L’afterwork prendra place à la rue de la Loi, réduite à deux bandes jusque fin août.
L’afterwork prendra place à la rue de la Loi, réduite à deux bandes jusque fin août. - Peter Erik Forsberg

Si vous comptez emprunter la rue de la Loi ce jeudi 22 août à partir de 18 heures, il serait préférable de prévoir un autre itinéraire. En effet, ce jeudi soir sera organisé un apéro urbain par le groupe citoyen Bruxsel’Air, Critical Mass et le GRACQ. Bien plus qu’une soirée festive, il s’agit d’un événement engagé : les organisateurs veulent dénoncer la qualité de l’air, bien médiocre, et la politique de mobilité centrée sur l’automobile dans la capitale. Outre leur engagement, le lieu de l’afterwork n’a pas été choisi au hasard : selon les collectifs, la rue la Loi représente « parfaitement la pollution de l’air ».

La rue de la Loi, un symbole pour cet événement

Les collectifs dénoncent l’aménagement actuel de la rue de la Loi et en souhaitent une nouvelle configuration. Katia Xenophontos, membre du mouvement citoyen Bruxsel’Air, explique : «  Ce que nous désirons, c’est un réaménagement entier de la rue. Il faudrait réduire la voie à trois bandes (au lieu de quatre, actuellement NDLR) pour les automobilistes afin de permettre aux usagers vulnérables (piétons, cyclistes, usagers de trottinettes, monoroues) d’emprunter une voie plus large et de se sentir en sécurité lors de leurs trajets.  »

Selon le collectif, le projet est dans les tiroirs de l’ancien gouvernement depuis des années. L’afterwork de ce jeudi serait donc une occasion pour remettre le sujet sur table, ou plutôt, autour d’un verre. Katia Xenophontos ajoute : «  La rue de la Loi ‘une rue canyon’: il y a beaucoup de circulation et donc beaucoup de pollution, les bâtiments sont très hauts, ce qui fait que l’air ne circule que très peu. »

Les travaux en cours sur la rue de la Loi sont une opportunité inédite de faire évoluer la situation. À leur issue, une configuration à trois bandes pourrait en effet être testée sans trop de difficulté. Une telle adaptation serait dans l’esprit du prometteur plan régional de mobilité « Good Move », visant à rééquilibrer l’espace public attribué aux différents modes de transport à Bruxelles.

Le gouvernement bruxellois invité à l’événement

Katia Xenophontos se dit confiante : «  Nous avons invité personnellement chaque nouveau membre du gouvernement bruxellois. Bien que nous n’ayons pas encore eu de réponse positive de leur part, nous sommes d’un naturel optimiste.  » En effet, Pascal Smet, secrétaire d’Etat à la Région Bruxelles-Capitale chargé de l’Urbanisme et du Patrimoine, ne sera pas de la partie. Il en est de même pour Bernard Clerfayt, ministre bruxellois de l’Emploi. «  Nous souhaitons que cet afterwork soit réellement une fête où un dialogue est possible entre les nouveaux élus et les citoyens car la qualité médiocre de l’air est une question de santé publique qui concerne tous les citoyens  », indique Katia Xenophontos.

En août 2017, une initiative similaire avait vu le jour. Armés de plantes, de transats, de tables de pique-nique et de boissons, 400 Bruxellois s’étaient alors retrouvés sur deux des bandes de circulation de la rue de la Loi (à l’époque en travaux) pour un apéritif festif et revendicatif.

Des chiffres inquiétants pour la Belgique

La pollution de l’air est un vrai fléau en Belgique. Selon des chiffres de l’Agence européenne de l’Environnement, la mauvaise qualité de l’air causerait plus de 10 000 décès prématurés chaque année dans notre pays. Depuis plusieurs années, Bruxelles est d’ailleurs pointée du doigt par la Commission européenne pour la mauvaise qualité de son air. Dans la capitale, l’une des causes principales de la pollution de l’air est le trafic routier, à l’origine de plus de 60 % des émissions de NOx (oxydes d’azote) bruxelloise.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous