Le Premier ministre Conte démissionne en Italie: «Salvini a fait courir de graves risques au pays»

Matteo Salvini réagit au discours de Giuseppe Conte
Matteo Salvini réagit au discours de Giuseppe Conte - Reuters

Le Premier ministre Giuseppe Conte a mis fin au premier gouvernement populiste italien mardi en annonçant sa démission, après avoir accusé l’homme fort de l’exécutif, le leader d’extrême droite Matteo Salvini, d’avoir été « irresponsable » en déclenchant une crise politique.

« J’interromps ici cette expérience de gouvernement. J’entends conclure ce passage institutionnel de façon cohérente. J’irai voir le président de la République pour lui présenter ma démission », a déclaré M. Conte, en soulignant qu’auparavant il écouterait le débat prévu pour durer près de quatre heures au Sénat.

Avant son annonce, le Premier ministre a lancé un virulent réquisitoire à l’adresse du chef de la Ligue Matteo Salvini, qu’il a fustigé pour n’avoir fait que « poursuivre ses propres intérêts et ceux de son parti », en faisant éclater la coalition formée 14 mois plus tôt avec le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système).

« Faire voter les citoyens est l’essence de la démocratie mais leur demander de voter tous les ans est irresponsable », a lancé M. Conte, à propos des pressions de son vice-Premier ministre pour obtenir des élections immédiates, afin de capitaliser sur des sondages très favorables (36 à 38 % des voix pour la Ligue, plus de 50 % en cas d’alliance avec la droite traditionnelle).

« Faire courir de graves risques »

Dans son discours à charge contre M. Salvini, M. Conte a accusé le ministre de l’Intérieur de faire « courir de graves risques au pays » et évoqué le danger d’une spirale économique négative pour la troisième économie de la zone euro.

M. Conte a souligné « le besoin urgent que soient adoptées des mesures pour favoriser la croissance économique et les investissements », face à une conjoncture mondiale difficile et rappelé les importants rendez-vous européens qui attendent l’Italie, dont le choix de son commissaire européen.

Le chef du gouvernement a aussi dénoncé l’appel de M. Salvini à ce qu’on lui donne « les pleins pouvoirs », une expression rappelant l’expérience du dictateur fasciste Mussolini, et se disant également « préoccupé » de voir le leader des souverainistes appeler ses partisans à « descendre dans la rue » pour le soutenir.

Dans sa réplique, Matteo Salvini, invoquant « la protection du cœur immaculé de Marie », a assuré qu’il « referait exactement la même chose » et s’en est pris à ses ex-alliés du M5S.

« Si ce gouvernement s’interrompt, c’est à cause de ces messieurs qui disent toujours non et bloquent tout », a-t-il dit, en accusant aussi les autres parlementaires d’« avoir peur du jugement du peuple » et de retourner au vote.

 
 
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