Italie: tout comprendre à la crise politique en trois points

La crise politique continue. Mardi, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a annoncé sa démission. Cette annonce fait suite à d’importantes tensions au sein de la coalition gouvernementale. Retour sur une crise politique sans fin.

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Le projet Lyon-Turin, déclencheur de la crise

Depuis quelques mois déjà, les divergences étaient de plus en plus fortes entre la Ligue et le M5S, les deux partis de la coalition au pouvoir. Au début de l’été, les leaders de ces deux partis, Matteo Salvini (la Ligue) et Luigi Di Maio (M5S), s’étaient d’ailleurs vus seuls, fin juillet, afin de remettre les pendules à l’heure.

Une accalmie qui fut de courte durée. Le 8 août, lors du dernier vote parlementaire avant la pause estivale, le parti populiste de Luigi Di Maio (M5S) vote contre le projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin, soutenu par le parti de la Ligue. A l’issue de ce vote, Matteo Salvini déclare la fin de son partenariat avec le parti 5 étoiles au gouvernement. « Il n’y a plus de majorité » déclare-t-il. L’ex-ministre de l’Intérieur réclame alors la tenue d’élections anticipées.

C’est un nouveau coup dur pour le parti M5S. Premier parti d’Italie à l’issue des élections législatives de mars 2018, le M5S n’est aujourd’hui plébiscité que par 17 % de la population italienne. Le parti, qui porte un discrédit important sur les « élites » et les partis traditionnels, est l’une des premières expériences de démocratie participative au sein d’un parti politique en Europe. Pour en savoir plus sur ce jeune parti, cliquez ici.

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Après 14 mois d’existence, le gouvernement éclate

Suite à cet éclat, Matteo Salvini dépose une motion de censure à l’encontre du Premier ministre, Giuseppe Conte. Une motion qui sera finalement rejetée lors du vote par les sénateurs.

Malgré ce vote, le président du conseil, Giuseppe Conte annonce sa démission le mardi 20 août. « J’interromps ici cette expérience au gouvernement. J’entends conclure ce passage institutionnel de façon cohérente » a-t-il déclaré. L’ex-premier ministre n’a pas hésité à s’en prendre à Matteo Salvini, l’accusant de ne faire que « poursuivre ses propres intérêts et ceux de son parti ».

Pour découvrir l’ensemble des propos de Giuseppe Conte à l’égard de Matteo Salvini : « Salvini a fait courir de graves risques au pays ».

Car l’ex-ministre à de quoi agacer. Désormais en tête des sondages, Matteo Salvini semble prêt à tout. Comptant sur une côte de popularité en pleine forme, il ne semble pas avoir hésité à plonger l’Italie dans une nouvelle crise politique. Une manœuvre bien menée, destinée à aboutir à la tenue de nouvelles élections anticipées qu’il espère bien remporter. Et cette fois, c’est le poste de Premier ministre qu’il convoite. Pour en savoir plus sur le stratège Salvini, rendez-vous ici.

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Trois scénarios désormais possibles

Entre revirements de situations, mensonges et alliances, c’est donc la cacophonie au sein du paysage politique italien. Un script auquel même les auteurs de la série à succès « House of cards » n’auraient pas pensé.

Dans ce chaos, trois scénarios se sont cependant dessinés :

► Il est tout d’abord probable que le chef de l’Etat, Sergio Mattarella, décide de convoquer des élections anticipées. Elles pourraient avoir lieu entre le 20 et 27 octobre prochain.

► Une autre issue possible est la formation d’une coalition anti-élections, formée par le parti M5S et le parti démocrate PD. Cette coalition aurait cependant une durée de vie limitée. Elle serait destinée à plancher sur le budget 2020 qui doit être conclu à l’automne. A terme, de nouvelles élections seraient convoquées, au plus tôt à l’automne 2020.

► Enfin, une troisième issue pourrait résider en la formation d’un gouvernement de techniciens, qui retarderait la tenue d’élections anticipées. Un tel gouvernement ne serait pas composé de personnalités politiques mais de spécialistes nommés pour conclure le budget 2020. C’est ce type de gouvernement qui fut mis en place après la chute du gouvernement de Silvio Berlusconi en 2011. Un scénario que tout le monde souhaite éviter.

Et pour aller plus loin dans la compréhension de ces différents scénarios, c’est par ici.

Alors élections à l’automne, coalition anti-élections ou gouvernement de techniciens ? Pour l’instant, tous les pronostics semblent ouverts.

 
 
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