Le «Sauvage» d’Ath jugé raciste: le porte-parole de Bruxelles Panthères invité à quitter la Ducasse

Le «
Sauvage
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Le « Sauvage » - AFP

Accusant la Ducasse de véhiculer des sentiments de racisme et de négrophobie, des membres du collectif antiraciste Bruxelles Panthères étaient présents, dimanche, à Ath. Le responsable du mouvement a été reconduit hors de la cité. Deux autres membres de l’association ont été arrêtés administrativement.

Début du mois d’août, le collectif antiraciste « Bruxelles Panthères » lançait une pétition contre la présence dans le cortège athois du « Sauvage ». Ce personnage de carnaval, grimé en noir et portant des chaînes autour des poignets, est censé faire peur aux enfants. Juché sur un char, le « Sauvage » défile chaque dimanche de la Ducasse, tant en matinée que l’après-midi. Le collectif « Bruxelles Panthères » s’oppose fermement à cette pratique qu’il assimile au « Black face », dénonçant cette présence comme un vestige de la mise en esclavage. Responsable de ce collectif, Mouhad Neghif avait même demandé que la Ducasse d’Ath soit privée, s’il le fallait, de son label Unesco obtenu en 2005.

« Mouhad Neghif a été repéré vers 9h30 sur la Grand-place par les services de sécurité. Il était seul. Vu les propos qui ont été tenus sur la toile ces dernières semaines, des propos qui ont choqué la population athoise, je lui ai expliqué que nous ne pouvions pas assurer sa sécurité. L’entretien s’est bien passé et il a quitté la ville », expliquait vers 17h Bruno Lefebvre (PS), le nouveau bourgmestre d’Ath.

« En fin de matinée, deux membres de ce collectif ont brandi un calicot lors du passage en rue de la barque sur laquelle se trouvait le ’Sauvage’. Il y était indiqué ’Stop au black face’. Toute manifestation étant interdite durant la Ducasse, ces deux personnes ont fait l’objet d’une arrestation administrative par les services de police », a poursuivi le 1er magistrat athois.

« Faire évoluer » l’événement

De leur côté la municipalité et les organisateurs de la ducasse d’Ath se sont dits ouverts au débat pour « faire évoluer » l’événement. « La population ne vit pas ce jeu festif comme étant un acte raciste, mais veut bien entendre que ça peut choquer quelqu’un d’extérieur qui ne connaît pas le contexte », a déclaré à l’AFP Laurent Dubuisson, l’historien qui dirige la Maison des géants à Ath.

 
 
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