«Cacophonie»: MR, CDH, Défi et PTB répondent à Groen sur la taxe kilométrique à Bruxelles

«Cacophonie»: MR, CDH, Défi et PTB répondent à Groen sur la taxe kilométrique à Bruxelles
Joakeem Carmans

Les propos de la nouvelle ministre bruxelloise de la Mobilité au sujet de la possibilité de l’instauration d’un péage urbain en cas d’échec de l’instauration d’un modèle de taxation kilométrique intelligente suscitent de vives réactions politiques. Alors que Défi estime que l’impact de cette sortie s’apparente à « une tempête dans un verre d’eau », le CDH juge « ahurissant » le fait « qu’aucune concertation n’a été évoquée au préalable avec les entités régionales et fédérales. »

« C’est le flou et la cacophonie complète », critique le CDH

Le député bruxellois en charge de la mobilité, Christophe De Beukelaer (CDH), critique lourdement la sortie de la nouvelle ministre bruxelloise de la Mobilité : « C’est le flou et la cacophonie complète au gouvernement bruxellois », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Un sujet aussi fondamental se passerait bien d’une communication politicienne de rentrée », lance-t-il, tout en pointant le flou sur la position finale de la Ministre : « taxe kilométrique ? Péage urbain via les caméras de la LEZ ? », s’interroge-t-il.

« L’absence de concertation avec les entités régionales et fédérales voue d’emblée les choix du BruGov à l’échec », regrette l’humaniste.

« Avant de foncer directement et aveuglément vers un système taxatoire, il est urgent de développer les alternatives actuelles et d’investir massivement et d’encourager une mobilité positive : RER, parking de dissuasion… Il faut apporter des propositions crédibles pour rendre, outre désirables, simplement possibles d’autres choix que la voiture, et pas seulement pour les Bruxellois ».

Pour le député bruxellois, cette sortie est un premier échec : « Réussir les changements sociétaux passe par davantage de cohésion dans les décisions et une forme d’empathie envers ceux qui verront leurs habitudes modifiées. Le Brugov rate ici une opportunité de montrer qu’il va faire de la politique autrement ».

« Pas de surprise », selon Défi

L’annonce de la ministre bruxelloise de la Mobilité n’est pas une surprise, a réagi mercredi le chef du groupe Défi eu parlement bruxellois, Emmanuel De Bock. « Elke Van den Brandt n’a fait autre chose que rappeler le contenu de l’accord de gouvernement bruxellois dans le contexte de négociations en cours en Flandre et en Wallonie pour la formation des futurs exécutifs », indique-t-il tout soulignant que « l’enjeu n’est pas que bruxellois. »

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Il appelle dès lors « les trois Régions à faire preuve de maturité et régler cela ensemble. »

Le MR souligne « le risque d’une surenchère de taxe »

Il faut éviter une surenchère entre Régions en matière de taxation automobile, avertit le MR à la suite des déclarations de la ministre. « Il faut avoir une vision plus large des enjeux bruxellois et réfléchir aux implications d’une telle taxe kilométrique qui serait prise sans un accord avec la Flandre et la Wallonie. Le risque d’une surenchère de taxe, instaurée par les deux autres Régions, pénaliserait l’attractivité économique de Bruxelles et coûterait cher au portefeuille des automobilistes bruxellois… sans résoudre les problèmes de mobilité ! », ont pointé les députés régionaux Françoise Schepmans et Vincent De Wolf.

« Une taxe injuste et peu efficace »

La taxe kilométrique telle qu’envisagée par le gouvernement bruxellois est peu efficace tant qu’il n’existe pas d’alternatives, et surtout injuste, car elle ne tient pas compte des revenus de l’usager, a estimé mercredi le PTB.

« Voilà donc la première mesure phare que veut mettre en œuvre le « progressiste » gouvernement bruxellois : une taxe injuste et inefficace », a dénoncé Françoise De Smedt, cheffe de groupe PTB au parlement bruxellois.

« Le gouvernement bruxellois nous pousse vers une mobilité à deux vitesses : ceux qui ont les moyens continueront à rouler tranquillement, tandis que les autres seront freinés dans leurs déplacements. Et ceux qui n’auront pas d’autre choix que d’utiliser quand même la voiture le feront au prix de leur fin de mois », a jugé l’élue de la formation d’extrême gauche, se disant loin d’être convaincue du caractère « intelligent » de cette taxe.

 
 
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