Des archéologues veulent rapatrier de Russie la dépouille présumée d’un général français de Napoléon pour l’identifier (photos)

Des archéologues veulent rapatrier de Russie la dépouille présumée d’un général français de Napoléon pour l’identifier (photos)

L’enjeu est diplomatique presque autant qu’historique : les archéologues qui pensent avoir découvert en Russie la dépouille d’un général français de Napoléon, mort pendant la campagne russe, se démènent pour qu’il soit identifié par des tests ADN en France et enterré en grandes pompes à Paris.

Début juillet, une équipe franco-russe pensait avoir découvert à Smolensk, une ville russe proche de la frontière avec le Bélarus, la dépouille de Charles Étienne Gudin de la Sablonnière, général très apprécié de Napoléon, fauché en 1812 par un boulet de canon à la bataille de Valoutina Gora.

Une découverte inestimable

Pour ces archéologues qui fouillaient depuis le mois de mai en se basant sur des sources d’époque pour deviner l’emplacement de sa tombe, la découverte est inestimable : jamais encore la sépulture d’un officier de ce rang tué au combat n’avait été retrouvée, selon des experts des guerres napoléoniennes.

Ils se battent aujourd’hui pour que son identité soit officiellement confirmée par Paris, avec l’aide de la Société russe d’histoire militaire (organisation patriotique proche du pouvoir russe), le soutien discret du Kremlin et la communication des télévisions russes présentes avec leurs caméras lorsque le nouveau cercueil recouvert d’une plaque de verre a été récemment très solennellement dévoilé.

Des premières observations concordantes

Sur le plan physique, tout concorde, ont affirmé, lors d’une conférence de presse dans les locaux de la Société russe d’histoire militaire, des spécialistes russes et français parmi lesquels Chistian Bourdeille, président du Souvenir napoléonien, société d’études historiques basée à Paris. Notamment parce qu’il manque une jambe au squelette déterré à Smolensk. Or, le général Gudin avait été amputé de la jambe gauche après sa blessure, décédant trois jours plus tard de la gangrène, à 44 ans.

« Des études (morphologiques) ont été faites. Cela permet de confirmer exactement les blessures du général, son âge, sa taille », a dit à l’AFP Pierre Malinowski, ancien militaire français et ex-assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen, qui revendique la paternité des fouilles.

Mais selon lui, des analyses ADN doivent être réalisées en France pour que Paris reconnaisse la dépouille du général Gudin. « Je leur ai demandé (à la Société russe d’histoire militaire, ndlr) de prélever de l’ADN sur le corps, de le rapatrier en France à l’Institut médico-légal de Marseille (…) pour validation », explique Pierre Malinowski. « On sortira le corps du frère du général et avec l’ADN nucléaire, on sera sûrs à 100 % que c’est le général Gudin. On va le valider officiellement pour qu’après, il y ait des décisions politiques ».

Une cérémonie aux Invalides ?

Pierre Malinowski ne cache pas son souhait de voir une cérémonie officielle être organisée en 2020 aux Invalides en présence des présidents français et russe. Il ne cache pas non plus le soutien de Vladimir Poutine qui, selon lui, « a beaucoup apprécié le projet ». Manière pour le chef du Kremlin, en jouant ces bons offices, d’aider à redorer l’image de Moscou en pleine crise avec les pays occidentaux, à un moment aussi où le président français Emmanuel Macron appelle à « repenser (les) liens avec la Russie ». « A travers ce genre de projets on se rapproche. C’est de l’histoire, c’est de la diplomatie », estime le trentenaire.

Descendant du général Gudin, Albéric d’Orléans, n’a lui aucun doute quant à l’identité de la dépouille retrouvée. « Mon intime conviction est que c’est lui. Je ne vois pas qui se serait amusé à changer les corps de place et à imiter les blessures qu’il a reçues au combat », assure-t-il. « C’est évidemment quelque-chose d’assez émouvant, c’est surtout une grande surprise, parce que la famille pensait que la tombe avait été détruite au cours de l’invasion nazie en 1941 », ajoute-t-il après s’être recueilli quelques minutes devant la dépouille. « Nous espérons bien qu’il pourra être accueilli en France avec les honneurs qu’il mérite et obtenir sa sépulture aux Invalides », a-t-il ajouté.

 
 
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