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Olivier Maingain au «Soir»: «La N-VA au gouvernement, ce sera un poison. Il n’y a aucun accord possible»

Olivier Maingain, président de Défi, recale les appels à négocier avec la N-VA. Les francophones doivent refuser de pactiser. Le confédéralisme ? « Alors ils devront payer le prix fort, perdre leurs pouvoirs à Bruxelles ».

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Il quittera la présidence de son parti fin 2019, pas la scène politique. Où il évoluera en missi dominici côté francophone, jetant des ponts entre la Wallonie et Bruxelles. En attendant, il coupe tous les ponts avec la N-VA.

Les gouvernements wallon et flamand sont annoncés, le fédéral est en panne, il y a beaucoup d’appels dans le même sens : PS et N-VA doivent se parler. Ça vous inspire ?

Quand je lis Maxime Prévot dans Le Soir le week-end dernier, qui appelle à son tour PS et N-VA à pactiser, je vois là toute l’inconstance des partis francophones démocratiques. Car enfin, tous disaient que la N-VA était infréquentable, à part le MR bien sûr. Maxime Prévot lui-même avait été forcé de le dire en fin de campagne, après avoir été hésitant. Et là ! Lui qui ne veut participer à aucune négociation, tout à coup, il juge que la N-VA s’impose naturellement. On sait qu’être un parti girouette, c’est l’histoire du CDH, mais bon… Au-delà du CDH, je veux faire une comparaison avec ce qui se passe en Italie : les partis démocratiques ont compris qu’il fallait isoler la Ligue de Matteo Salvini. C’est un beau signal donné au reste de l’Europe. A force de faire des alliances avec les extrêmes, vous renforcez leur camp.

Il reste que la pression s’accroît sur le PS.

Je ne comprendrais en aucun cas que le PS poursuive une négociation visant à conclure un accord avec la N-VA. C’est comme ça que l’on dégoûte les électeurs, en faisant le contraire de ce qu’on a annoncé.

Il faut avoir l’audace d’isoler la N-VA, un parti qui a discuté tout l’été avec le Vlaams Belang, prouvant que les visions étaient proches, notamment sur la migration, l’identité. Il y a une porosité des idées les plus extrêmes. Alors, après cela, croire un seul instant qu’il peut y avoir une entente avec la N-VA sur des sujets aussi essentiels ! J’ajoute la détestable expérience sous le gouvernement Michel. Voyez les tweets de Francken qui félicitait Salvini à tous les coups. La N-VA au gouvernement, ce sera un poison. Il y a une impossibilité totale d’un accord avec ce parti, sur tous les plans, les sujets de société, la migration, la fiscalité, le rôle de l’Etat, notre place dans l’Europe… Donc, je peux comprendre qu’il y ait un temps de mise en scène, c’est toujours comme ça, où il faut montrer que l’on ne ferme pas la porte directement. Mais après cela, il y a une seule réponse lucide.

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25 Commentaires

  • Posté par Deckers Björn, jeudi 5 septembre 2019, 18:05

    Wafellman Fabienne, vous faites probablement semblant de ne pas me comprendre. Je n'ai rien contre les gens qui votent du PS jusqu'au VLD. Ils partagent le champ des possibles démocratiques et ils ont bien raison de faire chacun leur choix en fonction de convictions respectables et démocratiques (j'y inclus donc les familles socialistes, écologistes, libérales et chrétiennes). En revanche la NVA et pire encore le VB sont des partis nationalistes, aux relents racistes. Et l'histoire récente encore devrait servir à écarter définitivement les idéologies de haines raciales. On ne le répétera semble-t-il jamais assez, cette phrase toute simple de François Mitterrand prononcée au Parlement européen. Cette phrase simple et qui dit tout : "Le nationalisme, c'est la guerre!" Vous voulez considérer cette idéologie comme les autres. Grand bien vous fasse, mais c'est aussi l'erreur tragique qui conduisit au gouvernement Von Papen, à la seconde guerre mondiale et à l'holocauste. Chacun appréciera "VOTRE" champ des possible...

  • Posté par Delpierre Bernard, jeudi 5 septembre 2019, 12:25

    @Ballez, la politique est tellement peu attirante au regard du travail accompli que nombre de "fils de"..figurent au palmarès (maingain, collignon, michel, ducarme, eyskens ,de croo, daerden,,etc.. car j'en oublie beaucoup .).Quant à Maingain, s'il a su, il faut le reconnaître, marquer une opposition ferme au romantisme désuet mais très agressif du monde politique flamand (du Cvp,de la Volskunie et maintenant du VB et de la Nva),il devrait aussi tenir compte des écarts économiques et budgétaires qui n'ont fait que s'accentuer depuis entre les régions et cesser de donner à la scission une vision sinon romantique du moins peu en phase avec la situation dépeinte par l'Institut Destrée , au demeurant très peu belgicain comme chacun sait ...Le niveau social du citoyen moyen baisserait à coup sûr d'au moins 30%. et c'est la base optimiste..Pour rappel si l'endettement public que le gouvernement devra défendre devant la CE ne cesse de croître, sans le poids du sud, la conformité aux normes européenne serait atteinte, ce qui devrait faire réfléchir ceux qui vocifèrent en méconnaissance des (tristes) réalités...

  • Posté par Centrale Nationale Des Employes , mercredi 4 septembre 2019, 15:59

    Entièrement d'accord avec Deckers Björn. Analyse pertinente.

  • Posté par Ballez Guy, mercredi 4 septembre 2019, 17:04

    On verra à l'autopsie comme disent les medecins ...

  • Posté par De Ronde Michel, mercredi 4 septembre 2019, 12:55

    Olivier Maingain, avec cette petite touche de componction et de préciosité qui le caractérise et juste ce qu'il faut de ruse pour en faire notre petit Mazarin bruxellois, apparaît plus cardinalice que jamais.

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